Eye on Palestine. 5e édition : films, concerts, arts de la scène ou arts tout court… Le festival offre une plateforme où de jeunes artistes et d’autres plus confirmés partagent leur regard sur les réalités palestiniennes.

www.eyeonpalestine.be
Eye on Palestine zet 9 dagen lang inspirerende films, concerten, podium- en andere kunsten in de kijker – allemaal hebben ze een link met Palestina.
Het festival is een ontmoetingsplek waar zowel jonge als ervaren artiesten hun kijk op de Palestijnse werkelijkheid delen met het publiek.
 
 The re-election of Netanyahu has finally buried the « peace process » – 25 March – Orient XXI

WASHINGTON QUESTIONED ON ITS PALESTINIAN POLICY

Netanyahu’s new electoral success puts an end to the  » peace process » which opened in 1993 with the Oslo agreements. He commenced a crisis between Tel Aviv and Washington, although the United States claims it will continue to support Israel. The use of the UN becomes an option for the Palestinians.

Yemen in pieces – 25 March – Orient XXI 

 
WHO FIGHTS AGAINST WHOM ? 
 
The transition process that followed the « spring » of 2011 was a time in which the Yemen model came about. Worn at arms length by the UN, it is falling to pieces and has given way to a web of conflicts and feuds . Though the abovementioned horror is predictable, it is striking in its brutality. Faced with such illegibility, the international community has attempted to pin some grids with binary readings (North / South , Sunni / Shiite ) that may, as was the case in Libya, halt a further war in the country. Direct involvement by  Saudi Arabia may aggravate the situation. Iran-Saudi proxy war in Yemen explodes into region-wide crisis – 26 march – The Guardian

The Saudi-led military intervention has been strongly backed by the US, and other global powers may be drawn in as the crisis unfolds. Like a ticking timebomb left unattended for too long, Yemen’s undeclared civil war has suddenly exploded into a region-wide crisis that will have far-reaching, unpredictable international consequences, not least for Britain and the US.

UK and Iran confident of breaking deadlock on nuclear programme – 26 march – The Guardian

David Cameron and Hassan Rouhani agree this week’s Lausanne talks offer ‘historic opportunity’ to end long-running standoff. They have agreed that international negotiators in Switzerland have a “historic opportunity” in the next few days to put together a framework deal to resolve a long-running and dangerous standoff over Iran’s nuclear programme.

Turkish cartoonists convicted for insulting Erdogan – 27 march – Al Jazeera

A Turkish court has sentenced two cartoonists to 11 months and 20 days in jail for insulting President Recep Tayyip Erdogan.

 

 

La réélection de Nétanyahou enterre définitivement le « processus de paix »  25 mars – Orient XXI

WASHINGTON S’INTERROGE SUR SA POLITIQUE PALESTINIENNE

Le nouveau succès électoral de Benyamin Nétanyahou met un point final au « processus de paix » ouvert en 1993 avec les accords d’Oslo. Il a porté aussi à son paroxysme la crise entre Tel-Aviv et Washington, même si les Etats-Unis continueront à soutenir Israël. Et le recours aux Nations unies redevient une option envisageable pour les Palestiniens.

Le Yémen en morceaux – 25 mars – Orient XXI

QUI SE BAT CONTRE QUI ?

Le processus de transition qui a fait suite au « printemps » de 2011 avait un temps érigé le Yémen en modèle. Porté à bout de bras par l’ONU, il est moribond et a laissé place à un entrelacement de conflits et d’inimitiés qui, bien que prévisibles, frappent par leur brutalité. Face à une telle illisibilité, la communauté internationale est tentée de plaquer quelques grilles de lectures binaires (Nord/Sud, sunnite/chiite) qui risquent pourtant, comme en Libye, de précipiter encore plus le pays dans la guerre. Et l’implication directe de l’Arabie saoudite risque d’aggraver la situation

Une Guerre par procuration entre l’Iran et l’Arabie au Yémen explose dans une crise régionale – 26 mars – The Guardian 

L’intervention militaire menée par l’Arabie, et, fortement soutenue par les Etats-Unis et d’autres puissances mondiales pourra continuer tant que la crise se déroule. Comme une bombe à retardement laissée sans surveillance pendant trop longtemps, la guerre civile, non déclarée, du Yémen a soudainement évoluée en une crise à l’échelle régionale qui aura de profondes conséquences internationales imprévisibles, également pour la Grande-Bretagne et les États-Unis.

 

Le Royaume-Uni et l’Iran confiants à propos de fin de l’impasse sur le programme nucléaire – 27 mars – The Guardian 

David Cameron et Hassan Rouhani ont évoqués, lors des pourparlers de Lausanne cette semaine, une « occasion historique » pour mettre fin impasse de longue durée. Ils ont convenu que les négociateurs internationaux en Suisse ont une  » occasion historique  » dans les prochains jours pour mettre sur pied un accord -cadre afin de résoudre une longue et dangereuse impasse sur le programme nucléaire de l’Iran. 

Caricaturistes turcs condamnés pour insulte Erdogan – 27 mars – Al Jazeera 

Un tribunal turc a condamné deux caricaturistes à 11 mois et 20 jours de prison pour avoir insulté le président Recep Tayyip Erdogan .

 

 

Par: Yasmine Sadri

Ce 15 mars 13947599699432015, marquait le 4ème anniversaire du conflit syrien. Les monstruosités qui ont eu lieu depuis le début de ce conflit sont inimaginables, et devaient être arrêtées par ceux qui prétendaient tout le long que ceci était inacceptable. Mais, ils ont continué, en s’inscrivant dans le contexte d’autres conflits. Comme la guerre s’est propagée à l’Irak et au-delà, nous observons de loin, effrayé par l’horreur qui arrive à de nombreux civils innocents. Distrait par l’horreur d’ISIS, nous oublions que les décapitations sont encore une réalité quotidienne sur le sol syrien. Le conflit continue, sans répit.

Il y’a environ 220 000 Syriens qui ont perdu la vie durant les 48 derniers mois. Ce qui était d’abord des manifestations anti-gouvernementaux, en Mars 2011 dans la ville méridionale de Deraa, a dégénéré en une guerre à grande échelle menée par des civils. Un déplacement d’environ 11 millions d’habitants et une population de réfugiés de 4 millions ont quittés la Syrie, ce qui est bien au-dessus de tout exode de population qu’a connu l’histoire contemporaine. Les réfugiés représentent la moitié de la population présente avant la crise du pays. L’ONU prévoit qu’un total de 12,2 millions de personnes a, aujourd’hui, besoin d’une aide humanitaire en Syrie. 5,6 millions d’entre eux sont des enfants. À des fins humanitaires, l’ONU a lancé un appel en Décembre 2014 pour 8,4 milliards de dollars pour fournir une aide à ces 11 millions de Syriens et plus. C’était suite a l’obtention de, seulement, la moitié des fonds demandé pour l’année entière. Le gouvernement a réagi aux manifestations réclamant la démission du président Assad avec force, en écrasant les forces. Cela n’a pas refroidi les civils, cependant, comme en Juillet 2011, quelques centaines de milliers d’entre eux ont inondés les rues à travers le pays. Des brigades de rebelles ont été formés à dans le but de contrer les forces gouvernementales et d’avoir l’accès et le contrôle des villes, villages, etc.

En 2012, les combats ont atteint la capitale de Damas et d’Alep. En Juin 2013, l’ONU estime que 90 000 personnes ont perdu la vie dans le conflit. Étonnamment, en Août 2014, ce chiffre avait plus que doublé, atteignant 191 000 morts parmi les civils. Ces chiffres ont continué à grimper, et à l’approche du quatrième anniversaire obtenu plus de 200 000 victimes ont été signalés par l’ONU. En conséquence, les pays voisins comme la Jordanie, le Liban et la Turquie sont face à une crise de réfugiés, puisqu’ils sont obligés de fournir un logement pour les Syriens désarmés. Concernant la situation financière du conflit, l’ONU a publié un rapport en Mars 2015 estimant que la perte économique totale depuis le début du conflit était d’environ 202 000 000 000 dollars, laissant quatre Syriens sur cinq dans la précarité. Les systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale du pays sont également dans un état d’échec. Comme mentionné précédemment, ISIS a laissé la Syrie dans un état de «guerre dans la guerre», luttant contre al-Qaïda affilié au front al-Nosra et aux forces kurdes.

L’arène politique est composée de groupes rebelles et de leurs fortes divisions-rivales luttant pour le contrôle des alliances. La Coalition nationale pour les révolutionnaires syriens et des forces de l’opposition est le groupe le plus important, soutenu par quelques États arabes et occidentaux. Cependant, l’influence qu’ils ont sur le sol syrien est faible, et leur domination est repoussée par d’autres groupes. Cela laisse le pays sans une alternative convaincante au gouvernement Assad. De par cette situation douteuse, la communauté internationale a pris position en disant qu’une solution politique était la seule façon de mettre fin au conflit. En outre, de nombreuses tentatives de l’ONU et de la Ligue arabe pour négocier des cessez—le-feu et d’amorcer le dialogue ont échoué. Janvier 2014 a marqué un nouveau départ pour ces négociations. Les États-Unis, la Russie et l’ONU réunis une conférence à Genève, en Suisse, pour mettre en œuvre le communiqué de Genève 2012, un accord soutenu par la communauté internationale appelant à la création d’un gouvernement de transition en Syrie reposant sur un consensus mutuel. Les négociations ont été rompues après seulement deux tours, en Février. Le gouvernement syrien a été accusé par un envoyé spécial de l’ONU Lakhdar Brahimi pour son refus de discuter des exigences de l’opposition et de l’insistance concernant la lutte contre les «terroristes»; aussi connu comme les groupes rebelles dans la région.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, a déclaré que l’objectif stratégique à long terme de l’organisation repose encore la stratégie susmentionnée introduit dans ces pourparlers. L’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura a proposé des zones de gel en Syrie, où des cessez-le-feu locaux seraient négociés pour permettre des livraisons avec plus de facilité dans ces zones. Les rebelles de la ville ont rejeté sa proposition, craignant le gouvernement utilisera le cessez-le-feu afin de redéployer ses forces ailleurs. Pour ces raisons, la diplomatie reste au point mort, puisque ces deux séries de pourparlers pour la paix n’atteints aucun des progrès espérés. Marwan Kabalan, universitaire syrienne et analyste à l’Institut de Doha, a déclaré à Al Jazeera que « personne ne s’attendait vraiment à ce qu’on atteigne ce stade de catastrophe nationale en Syrie. » L’agence pour les réfugiés des Nations Unies HCR affirme que la Syrie est désormais «la plus grande urgence humanitaire de notre époque ».

Alors qu’en est-il de l’avenir syrien? Al Jazeera Zeina Khodr, envoyée sur un camp de réfugiés au Liban, affirme que beaucoup de gens ont « perdu l’espoir » que la guerre civile soit proche de la fin. « Quand vous parlez aux gens ici, ils ont perdu confiance dans la communauté internationale. » Elle a également dit que beaucoup ont été irrités par la déclaration de John Brennan, directeur de la l’Agence Centrale de renseignement des États-Unis, celui-ci déclare que les Etats-Unis ne veulent pas d’une chute chaotique du régime Assad, en raison d’une crainte sous-jacente « que les extrémistes pourraient prendre le pouvoir « . » Pour les gens d’ici, comment peuvent-ils comprendre que c’est le reste du monde qui veut garder le président Assad au pouvoir « , dit-elle. L’infrastructure du pays a décimé, la monnaie est en chute libre et les économistes prévoient que l’économie sera en déclin pour 30 ans. Plus important encore, lorsqu’il s’agit de conséquences à long terme, une image qui ne peut être niée, est celle de toute une génération d’enfants qui est entrée dans un monde du déplacement constant et sans éducation. Leur avenir ainsi que celui de leur pays ne parait pas brillant. Assurer leur accès continu à l’école est primordial dans leur protection, leur stabilité sociale et leur reprise économique.

Sources:

  • http://www.theguardian.com/global-development/2015/mar/15/syrian-refugees-a-whole-generation-is-growing-up-displaced-and-uneducated
  • http://www.aljazeera.com/news/2015/03/syria-enters-year-bloody-civil-conflict-150315063900644.html
  • http://www.bbc.com/news/world-middle-east-26116868
  • http://www.theguardian.com/world/2015/mar/16/bashar-al-assad-dismisses-us-claim-to-take-part-in-syria-talks
  • http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/11472832/Syrias-four-years-of-death-and-despair-how-ordinary-lives-have-changed-beyond-description.html
 

1394759969943By: Yasmine Sadri

The 15th of March, 2015, marked the fourth anniversary of the Syrian conflict. Monstrosities that have occurred since the beginning of the conflict were unimaginable, and thought to be halted by those who claimed all along that this was unacceptable and must be stopped. They have gone on, however, increasingly unnoticed and in the background of other conflicts. As the war has moved on to Iraq and yonder, we watch from afar, startled by the horror flooding many innocent civilians. Distracted by the terror of ISIS, we forget that beheadings are still a daily occurrence on Syrian ground. The conflict floats on, unabated.

It is approximated that 220,000 Syrians have lost their lives in the last 48 months. What once began as anti-government protests in March 2011 in the southern city of Deraa has escalated into a full-scale war fought by civilians. A displacement of about 11 million and a refugee population of 4 million leaves Syria at the top of any refugee exoduses in near history. Refugees make up half the country’s pre-crisis population. The UN projected that a total of 12.2 million people are now in need of humanitarian assistance inside Syria. 5.6 million of these are children. For humanitarian purposes, the UN launched an appeal in December 2014 for 8.4 billion dollars to provide help to the Syrians. This was after it had secured only about half of the funding it had requested that year. The government responded to the protests, demanding President Assad’s resignation with force, by crushing the forces. This didn’t stop the civilians, however, as by July of 2011, a few hundred thousand of them were flooding the streets around the country. Rebel brigades were formed as a result to tackle government forces to gain access and control of cities, towns, etc.

In 2012, fighting had reached the capital of Damascus and Aleppo. In June 2013, the UN estimated that 90,000 people had lost their lives in the conflict. Surprisingly, by August 2014 that figure had more than doubled itself, reaching an astonishing 191,000 civilian deaths. This continued to climb, and as the fourth anniversary got close, figures of over 200,000 were reported by the UN. As a result, neighboring countries such as Jordan, Lebanon and Turkey are in the middle of a refugee crisis, as they are forced to provide accommodation for the helpless Syrians. When it comes to the financial state of the conflict, the UN published a report in March 2015 estimating that the total economic loss since the start of the conflict was around 202 billion dollars, leaving four in five Syrians in poverty. The education, health and social welfare systems of the country are also in a state of failure. As mentioned before, ISIS has left Syria in a state of a “war within a war”, battling al-Qaeda affiliated Nusra Front and Kurdish forces.

The political arena is made up of rebel groups and their deep divisions—rival alliances striving for control. The moderate National Coalition for Syrian Revolutionary and Opposition Forces is the most prominent group, backed by a few Arab and Western states. However, the influence they exude on Syrian ground is insignificant, and its dominance is naturally rejected by other groups. This leaves the country without a convincing alternative to the Assad government. With this dubious situation, the international community has taken a stand saying a political solution is the only way to end the conflict. Additionally, numerous attempts by the UN and the Arab League to negotiate ceasefires and start dialogue have nose-dived. January 2014 marked a new beginning for these negotiations. The US, Russia and the UN summoned a conference in Geneva, Switzerland, to implement the 2012 Geneva Communique, an agreement backed internationally calling for the creation of a transitional government in Syria resting on a mutual consensus. Unfortunately, the talks broke down after only two rounds, in February. The Syrian government was blamed by UN special envoy Lakhdar Brahimi for their refusal to discuss the demands of the opposition and the insistence on fighting “terrorists”; also known as the rebel groups in the area.

UN Secretary General Ban Ki-moon says the organisation’s long-term strategic objective still rests the abovementioned strategy introduced in these talks. UN special envoy Staffan de Mistura has proposed freeze zones in Syria, where local ceasefires would be negotiated upon to allow deliveries with increased ease in these areas. The rebels of the city have rejected his proposal, admittedly, fearing the government will use the ceasefire to redeploy its forces somewhere else. For these reasons, diplomacy remains at a standstill, as those two rounds of peace talks achieved none of the progress that was hoped for. Marwan Kabalan, Syrian academic and analyst at the Doha Institute, told Al Jazeera « nobody really expected that we would reach this stage in which we will actually be having this national disaster in Syria.” The UN refugee agency UNHCR claims Syria is now « the biggest humanitarian emergency of our era ».

So what becomes of the Syrian future? Al Jazeera’s Zeina Khodr, reporting from a refugee camp in Lebanon, claims many people have « lost hope » that the civil war is near an end. »When you talk to people here, they have lost faith in the international community. » She also said that many have been angered by the statement of John Brennan, director of the Central Intelligence Agency of the United States, who said the US does not want a chaotic fall of the Assad regime, because of an underlying fear « that extremists would take power ». »For people here, how they understand this is that the world wants to keep President Assad in power, » she said. The country’s infrastructure has decimated, the currency is in free fall and economists project that the economy has been set back by some 30 years. Most importantly, however, when it comes to the long term consequences, an image that cannot be denied is that a whole generation of children has entered a world of displacement and no education. Their future as well as that of their country does not look too bright. Ensuring their continued access to schooling is key in their protection, social stability and economic recovery.

 

Sources:

 

  • http://www.theguardian.com/global-development/2015/mar/15/syrian-refugees-a-whole-generation-is-growing-up-displaced-and-uneducated
  • http://www.aljazeera.com/news/2015/03/syria-enters-year-bloody-civil-conflict-150315063900644.html
  • http://www.bbc.com/news/world-middle-east-26116868
  • http://www.theguardian.com/world/2015/mar/16/bashar-al-assad-dismisses-us-claim-to-take-part-in-syria-talks
  • http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/11472832/Syrias-four-years-of-death-and-despair-how-ordinary-lives-have-changed-beyond-description.html
 

de Philippe BANNIER

Préface de Fabrice BALANCHE

ISBN : 978-2-84924-392-31couv_EI

14 x 21 cm

136 pages

14,00 €

L’émergence de l’« État islamique » au cœur du Moyen-Orient continue d’interroger sur ses origines, ses capacités et son avenir. Sa visibilité médiatique correspond-elle à sa puissance ? Quelles sont les réalités d’une organisation dont les leaders cultivent le goût du secret, et quels sont leurs projets ?
L’« État islamique » a grandi avec la guerre civile syrienne et le chaos qui sévit en Irak depuis 2003. Ses leaders ont réalisé leurs principaux faits d’armes lors de la décennie précédente, à commencer par le calife auto-proclamé Abou Bakr Al-Baghdadi. Alors que les puissances régionales soufflent toujours plus sur les braises communautaires via leurs clients locaux, des milliers d’Européens empruntent le chemin de la Syrie pour y mener le djihad et continuent d’alimenter le climat de violence qui y règne.
À l’heure où les révoltes arabes de 2011, qui avaient suscité de nombreux espoirs dans la région et au-delà, sont remises en cause dans certains pays, ce livre cherche à expliquer l’un des phénomènes les plus marquants de la scène régionale en ce début de XXIe siècle.

Pour commander : en ligne ICI ou écrivez à l’adresse medea[at]medea.be en réglant votre achat par virement bancaire. Le montant sera de 22 € + les frais postaux (5€ pour la Belgique et 10€ pour l’étranger).

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BIC: GKCCBEBB
 

coordonné par Rukiye TINAS

Auteurs : Gülcan KOLAY, Stéphanie LODDO, Taline PAPAZIAN, Natalia RIBAS-MATEOS

ISBN : 978-2-84924-381-7

14 x 21 cm

100 pages

13,00 €

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Dans la seconde moitié du XXe siècle et au XXIe siècle s’est beaucoup développé le phénomène de dispersion des populations à partir d’un État-nation et de constitution d’un espace transnational à partir d’un « champ migratoire », favorisant ainsi la constitution des « communautés transnationales ».

Cet ouvrage se penchera sur plusieurs cas emblématiques :
– la construction historique et l’évolution de la relation entre la diaspora palestinienne et la mère-patrie
– la diaspora comme l’un des principaux enjeux politiques de l’immigration pour les États israélien et arménien avant et pendant la période d’indépendance contemporain
– la question de la migration circulaire à travers les exemples de la diaspora marocaine de l’Europe du Sud (en Catalogne, en Espagne ou dans le sud de la France, à Perpignan et Marseille)
– le rôle primordial joué par les commerçants kurdes de Turquie et d’Irak dans le processus de reconstruction de la région kurde en Irak, la Région Autonome du Kurdistan irakien
– les caractéristiques des Turcs qui vivent à l’étranger, en particulier en Europe depuis le début des années 1960, leurs rapports avec leurs pays d’accueil et la mère-patrie, ainsi qu’avec le gouvernement AKP en place depuis 2002.

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 coordonné par Sébastien BOUSSOIS

ISBN : 978-2-84924-395-4

14 x 21 cm

186 pages                                                                                              

19,00 €                                                                                      

Auteurs : Philippe BANNIER, Roger BERTOZZI, Geoffroy d’ASPREMONT, Olivier DA LAGE, Gaëtan DU ROY, Barbara GIANESSI, Marjon GOETINCK, Raphaël GOURRADA, Lina KENNOUCHE, Mattijs MESSELY, Firouzeh NAHAVANDI,Carmen PEREIRA, David RIGOULET-ROZE, Emma SOUBRIER, Marco STEFAN, Frank TETART, Rukiye TINAS et Nicolas WATTELLE

                                                                                                                                                                           1couv_bilan2014

L’année 2014 a vu le Moyen-Orient terminer une boucle politique symbolique : trois ans après les « Printemps arabes », nous sommes en droit de nous interroger sur l’échec global ou localisé de ce formidable mouvement de démocratisation qui s’était enclenché en Tunisie en décembre 2010. Deux pays pionniers nous poussent au pessimisme et à une certaine nostalgie romantique du réveil arabe : le maréchal Sissi a été élu en 2014 président de la République arabe d’Égypte, fermant la parenthèse du flou politique post-révolutionnaire et la Tunisie a porté au pouvoir Beji Caïd Essebsi, 88 ans, chef du parti Nidaa Tounes, soutenu par d’anciens éléments du RCD, contre son rival Moncef Marzouki, ancien président allié aux Islamistes d’Ennahda.

Des décennies de dictature laïque avaient poussé les peuples arabes à croire en l’alternative incarnée par les islamistes et les porter au pouvoir. La crise économique et sociale grave que traversent le Monde, l’Europe, et par voie de fait le bassin méditerranéen, n’a bien sûr pas été résolue par les défenseurs de la charia.
C’est un monde méditerranéen pris entre espoirs et désillusions qui jongle entre conflits sans fin comme en Syrie, menaces inter-étatiques et intra-étatiques, démembrements d’État comme l’Irak, velléités d’indépendance éternelles pour certains comme les Kurdes, entre attirance pour le renouveau et crainte de l’avenir dans le même temps. Le choc géopolitique de cette année fut bien sûr la proclamation de l’État islamique (ISIS), ces hommes en noir agissant au nom du fait religieux et enfoncant un peu plus encore la région dans le chaos.

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Analyse

La coopération euro-libanaise depuis 1990: un potentiel encore inexploité

par Selim Bourokba

« Au fond, ces peuples s’estiment entre eux plus qu’on ne croit, et ne peuvent oublier les liens qui les unissaient jadis. Tourmentés et excités soit par les missionnaires, soit par les moines, dans l’intérêt des influences européennes, ils se ménagent à la manière des condottieri d’autrefois, qui livraient de grands combats sans effusion de sang. Les moines prêchent, il faut bien courir aux armes ; les missionnaires anglais déclament et payent, il faut bien se montrer vaillants ; mais il y a au fond de tout cela doute et découragement. Chacun comprend déjà ce que veulent quelques puissances de l’Europe, divisées de but et d’intérêt et secondées par l’imprévoyance des Turcs. En suscitant des querelles dans les villages mixtes, on croit avoir prouvé la nécessité d’une entière séparation entre les deux races, autrefois unies et solidaires ».  Dans son Voyage en Orient paru en 1851, Gérard de Nerval dénonçait déjà les « ingérences » européennes et les divisions qu’elles suscitaient parmi les communautés libanaises. Lire la suite

 

Par Geoffroy d’Aspremont.

Benjamin Netanyahou a remporté ce 17 mars les élections qu’il avait lui-même convoquées. Outre les 30 sièges obtenus par son parti, le Likoud, les partis de droites et d’extrêmes droites obtiennent une large et confortable majorité, alors que la gauche végète toujours. Les listes arabes, enfin unies, auront finalement été la seule surprise de ces élections avec l’obtention de 14 sièges. Si Netanyahou peut se réjouir de sa victoire, Israël s’enfonce chaque jour un peu plus dans le sectarisme et voit s’éloigner encore un peu plus la perspective de vivre un jour en paix dans la région. Il serait temps qu’européens et américains reconsidèrent sérieusement leurs relations avec cet état paranoïaque en perte de valeurs démocratiques, dans leurs intérêts, celui d’Israël et celui de la région.

La logique de Netanyahou a été d’une efficacité redoutable : insister encore et toujours sur la sécurité, faire peur, en désignant les étrangers, les arabes, les iraniens, les non-juifs comme des menaces existentielles pour l’état hébreu et le peuple juif, comme il le fait depuis qu’il est premier ministre, propageant ainsi chaque jour un peu plus la haine de l’autre au sein de sa population. La campagne électorale a en effet été caractérisée par des propos de plus en plus haineux, tels que ceux proférés par le ministre des affaires étrangères, Avigdor Liebermann, qui indiquait « que ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache », rappelant des propos tenus en 2013 par le ministre de l’économie, Naftali Bennett qui se félicitait d’avoir « tué beaucoup d’arabes dans (sa) vie, aucun problème avec ça ». Non seulement ces propos sont choquants de la part de responsables politiques d’un pays qui se prétend « la seule démocratie de la région », mais leur récurrence et leur banalisation semblent montrer un certain repli sur soi d’une grande partie de la société israélienne et un profond mépris des valeurs démocratiques.

Benjamin Netanyahou, par son idéologie de rejet, sa politique expansionniste et guerrière, sa rhétorique de la peur et son obsession sécuritaire, est évidemment le grand responsable de l’affaiblissement des valeurs démocratiques en Israël. Il est le principal responsable de l’extrémisme qui gagne du terrain non seulement en Israël, mais aussi du côté palestinien dont les conditions de vie se sont fortement détériorées à cause de ses politiques (blocus, colonisation, expropriation, bombardements, destructions massives) et dont les espoirs de vivre un jour libres sur leur terre semblent s’éloigner, les jetant chaque jour plus nombreux dans les bras des fondamentalistes. Oser s’offusquer ensuite de la popularité du Hamas tient de la malhonnêteté intellectuelle dont Netanyahou use et abuse, avec la complaisance benoite de trop nombreux dirigeants occidentaux.

Si on peut comprendre que le traumatisme de l’extermination des juifs d’Europe par le régime nazi a rendu les israéliens extrêmement vigilants concernant leur survie et donc leur sécurité, ce traumatisme est devenu aujourd’hui une véritable paranoïa sécuritaire qui justifie aux yeux de beaucoup d’entre eux tant l’occupation, la colonisation des territoires occupés et les discriminations infligées aux palestiniens que les crimes perpétrés régulièrement par l’armée israélienne. Cette paranoïa, Netanyahou a su l’utiliser avec brio pour assurer sa réélection, et donc la poursuite de ses politiques néfastes, voire très néfastes, dépendant des alliés qu’il choisira pour gouverner, non seulement pour les palestiniens, mais surtout pour la pérennité de l’état hébreu.

En effet, il est sot de croire qu’Israël, entouré de pays arabes chaque jour plus en proie aux fondamentalistes, obtiendra la paix avec tous les états et peuples de la région, seul et unique gage de sécurité à long terme, en suivant le chemin que trace Netanyahou. Il l’a bien affirmé à la fin de la campagne électorale, il ne veut pas d’état palestinien.  Il ne souhaite donc aucunement la paix, car celle-ci le forcerait à renoncer aux territoires qu’Israël a conquis par la guerre et colonise au détriment des habitants originels de la région, les arabes, en violation totale des règles qui régissent le droit international mais qu’il justifie pour des motifs idéologiques et sécuritaires. Si Netanyahou a toujours prétendu qu’il n’avait pas de partenaires en face de lui pour faire la paix, justifiant ainsi l’arrêt des négociations, force est de constater que ce sont les palestiniens qui n’ont pas en face d’eux de partenaires pour faire la paix. Ce sont en effet les israéliens qui ont ce mardi 17 mars massivement sollicité des partis rejetant tout accord qui rendrait aux palestiniens leurs droits et leur dignité.

Européens et Américains doivent en prendre bonne note : les Israéliens dans leur majorité ne veulent pas d’état palestinien à leur côté et soutiennent la colonisation, la ségrégation, le blocus et les bombardements de Gaza. N’est-il pas temps de faire preuve de fermeté ? Quel intérêt ont les pays occidentaux à laisser cet état violer chaque jour le droit international et les droits de l’homme, poursuive l’injustice faite aux populations palestiniennes depuis le vote par les Nations Unies du plan de partage de la Palestine en 1946 ?

Le statut quo d’aujourd’hui ne peut plus durer. Il est le terreau de l’extrémisme tant en Israël qu’en Palestine et nourrit de plus la propagande des fondamentalistes qui propagent leur barbarie chaque jour en Méditerranée et en Europe. La complaisance européenne et américaine alimentent de plus les thèses complotistes qui sont source d’un nouvel antisémitisme. Ce statut quo menace donc non seulement la pérennité d’Israël et le peuple palestinien, mais aussi les populations européennes et les communautés juives du monde.  La sécurité de la région et de l’Europe passe donc par une paix permettant l’établissement d’un état palestinien souverain et viable.

Puisque certains belligérants ne veulent pas d’un tel accord, comme l’a très explicitement exprimé Netanyahou, celui-ci doit impérativement être imposé par la communauté internationale aux israéliens, de la même manière que la partition de la Palestine a été imposée aux arabes. Si une grande majorité des élus américains, particulièrement les plus conservateurs, semblent acquis aux thèses de Netanyahou, ce n’est pas le cas en Europe. A elle de réagir, en cessant de culpabiliser pour les crimes commis par le régime Nazi qui dominait l’Europe de sa botte de fer entre 1939 et 1945.

Celle-ci a en effet parfaitement les moyens de faire pression sur Israël, sans passer par des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui risqueraient d’être bloquée par les américains, et ce sans trop de dommages économiques. En effet, si la part des échanges entre l’UE et Israël est marginale pour l’UE, celle-ci est gigantesque pour Israël.  A titre d’exemple, Les accords d’associations entre l’UE et Israël pourraient être dénoncés, les coopérations scientifiques annulées, les produits israéliens boycottés, les ressortissants israéliens se voir imposés un visa strict pour entrer en UE, les européens choisissant la nationalité israélienne être déchus de leur nationalité première…. Tout cela forcerait n’importe quel gouvernement, aussi belliqueux et dogmatique qu’il soit, à s’asseoir à une table pour signer un accord. Mais les dirigeants politiques européens en ont-ils seulement la volonté politique ?