27/03/2015

Les derniers souffles de la Syrie

Par: Yasmine Sadri

Ce 15 mars 13947599699432015, marquait le 4ème anniversaire du conflit syrien. Les monstruosités qui ont eu lieu depuis le début de ce conflit sont inimaginables, et devaient être arrêtées par ceux qui prétendaient tout le long que ceci était inacceptable. Mais, ils ont continué, en s’inscrivant dans le contexte d’autres conflits. Comme la guerre s’est propagée à l’Irak et au-delà, nous observons de loin, effrayé par l’horreur qui arrive à de nombreux civils innocents. Distrait par l’horreur d’ISIS, nous oublions que les décapitations sont encore une réalité quotidienne sur le sol syrien. Le conflit continue, sans répit.

Il y’a environ 220 000 Syriens qui ont perdu la vie durant les 48 derniers mois. Ce qui était d’abord des manifestations anti-gouvernementaux, en Mars 2011 dans la ville méridionale de Deraa, a dégénéré en une guerre à grande échelle menée par des civils. Un déplacement d’environ 11 millions d’habitants et une population de réfugiés de 4 millions ont quittés la Syrie, ce qui est bien au-dessus de tout exode de population qu’a connu l’histoire contemporaine. Les réfugiés représentent la moitié de la population présente avant la crise du pays. L’ONU prévoit qu’un total de 12,2 millions de personnes a, aujourd’hui, besoin d’une aide humanitaire en Syrie. 5,6 millions d’entre eux sont des enfants. À des fins humanitaires, l’ONU a lancé un appel en Décembre 2014 pour 8,4 milliards de dollars pour fournir une aide à ces 11 millions de Syriens et plus. C’était suite a l’obtention de, seulement, la moitié des fonds demandé pour l’année entière. Le gouvernement a réagi aux manifestations réclamant la démission du président Assad avec force, en écrasant les forces. Cela n’a pas refroidi les civils, cependant, comme en Juillet 2011, quelques centaines de milliers d’entre eux ont inondés les rues à travers le pays. Des brigades de rebelles ont été formés à dans le but de contrer les forces gouvernementales et d’avoir l’accès et le contrôle des villes, villages, etc.

En 2012, les combats ont atteint la capitale de Damas et d’Alep. En Juin 2013, l’ONU estime que 90 000 personnes ont perdu la vie dans le conflit. Étonnamment, en Août 2014, ce chiffre avait plus que doublé, atteignant 191 000 morts parmi les civils. Ces chiffres ont continué à grimper, et à l’approche du quatrième anniversaire obtenu plus de 200 000 victimes ont été signalés par l’ONU. En conséquence, les pays voisins comme la Jordanie, le Liban et la Turquie sont face à une crise de réfugiés, puisqu’ils sont obligés de fournir un logement pour les Syriens désarmés. Concernant la situation financière du conflit, l’ONU a publié un rapport en Mars 2015 estimant que la perte économique totale depuis le début du conflit était d’environ 202 000 000 000 dollars, laissant quatre Syriens sur cinq dans la précarité. Les systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale du pays sont également dans un état d’échec. Comme mentionné précédemment, ISIS a laissé la Syrie dans un état de «guerre dans la guerre», luttant contre al-Qaïda affilié au front al-Nosra et aux forces kurdes.

L’arène politique est composée de groupes rebelles et de leurs fortes divisions-rivales luttant pour le contrôle des alliances. La Coalition nationale pour les révolutionnaires syriens et des forces de l’opposition est le groupe le plus important, soutenu par quelques États arabes et occidentaux. Cependant, l’influence qu’ils ont sur le sol syrien est faible, et leur domination est repoussée par d’autres groupes. Cela laisse le pays sans une alternative convaincante au gouvernement Assad. De par cette situation douteuse, la communauté internationale a pris position en disant qu’une solution politique était la seule façon de mettre fin au conflit. En outre, de nombreuses tentatives de l’ONU et de la Ligue arabe pour négocier des cessez—le-feu et d’amorcer le dialogue ont échoué. Janvier 2014 a marqué un nouveau départ pour ces négociations. Les États-Unis, la Russie et l’ONU réunis une conférence à Genève, en Suisse, pour mettre en œuvre le communiqué de Genève 2012, un accord soutenu par la communauté internationale appelant à la création d’un gouvernement de transition en Syrie reposant sur un consensus mutuel. Les négociations ont été rompues après seulement deux tours, en Février. Le gouvernement syrien a été accusé par un envoyé spécial de l’ONU Lakhdar Brahimi pour son refus de discuter des exigences de l’opposition et de l’insistance concernant la lutte contre les «terroristes»; aussi connu comme les groupes rebelles dans la région.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, a déclaré que l’objectif stratégique à long terme de l’organisation repose encore la stratégie susmentionnée introduit dans ces pourparlers. L’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura a proposé des zones de gel en Syrie, où des cessez-le-feu locaux seraient négociés pour permettre des livraisons avec plus de facilité dans ces zones. Les rebelles de la ville ont rejeté sa proposition, craignant le gouvernement utilisera le cessez-le-feu afin de redéployer ses forces ailleurs. Pour ces raisons, la diplomatie reste au point mort, puisque ces deux séries de pourparlers pour la paix n’atteints aucun des progrès espérés. Marwan Kabalan, universitaire syrienne et analyste à l’Institut de Doha, a déclaré à Al Jazeera que « personne ne s’attendait vraiment à ce qu’on atteigne ce stade de catastrophe nationale en Syrie. » L’agence pour les réfugiés des Nations Unies HCR affirme que la Syrie est désormais «la plus grande urgence humanitaire de notre époque ».

Alors qu’en est-il de l’avenir syrien? Al Jazeera Zeina Khodr, envoyée sur un camp de réfugiés au Liban, affirme que beaucoup de gens ont « perdu l’espoir » que la guerre civile soit proche de la fin. « Quand vous parlez aux gens ici, ils ont perdu confiance dans la communauté internationale. » Elle a également dit que beaucoup ont été irrités par la déclaration de John Brennan, directeur de la l’Agence Centrale de renseignement des États-Unis, celui-ci déclare que les Etats-Unis ne veulent pas d’une chute chaotique du régime Assad, en raison d’une crainte sous-jacente « que les extrémistes pourraient prendre le pouvoir « . » Pour les gens d’ici, comment peuvent-ils comprendre que c’est le reste du monde qui veut garder le président Assad au pouvoir « , dit-elle. L’infrastructure du pays a décimé, la monnaie est en chute libre et les économistes prévoient que l’économie sera en déclin pour 30 ans. Plus important encore, lorsqu’il s’agit de conséquences à long terme, une image qui ne peut être niée, est celle de toute une génération d’enfants qui est entrée dans un monde du déplacement constant et sans éducation. Leur avenir ainsi que celui de leur pays ne parait pas brillant. Assurer leur accès continu à l’école est primordial dans leur protection, leur stabilité sociale et leur reprise économique.

Sources:

  • http://www.theguardian.com/global-development/2015/mar/15/syrian-refugees-a-whole-generation-is-growing-up-displaced-and-uneducated
  • http://www.aljazeera.com/news/2015/03/syria-enters-year-bloody-civil-conflict-150315063900644.html
  • http://www.bbc.com/news/world-middle-east-26116868
  • http://www.theguardian.com/world/2015/mar/16/bashar-al-assad-dismisses-us-claim-to-take-part-in-syria-talks
  • http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/11472832/Syrias-four-years-of-death-and-despair-how-ordinary-lives-have-changed-beyond-description.html