Al Qaeda’s Syria branch seeks image makeover in West, 28th May 2015 Jordan Time

Al Qaeda’s Syria franchise is striving to reinvent itself as a legitimate opposition force that is more acceptable to the West, but it is unlikely to succeed, analysts said Thursday.

In a rare television interview, Al Nusra Front chief Abu Mohamed Al Jolani vowed not to use Syria as a springboard to attack the West and said he would be willing to protect minorities.

From Syria to Serbia: The migrants’ Balkan backdoor – 28th May 2015 Middle East Eye

Refugees from Syria who take the less well known Western Balkan route to the EU face being robbed at gunpoint, beaten and taken hostage.

Islamic State photos purport to show unharmed Palmyra ruins – 28th May 2015 – Egypt Independent.

Islamic State posted photographs online which it said were taken in the central Syrian city of Palmyra and appeared to show its ancient ruins unharmed since the hardline group seized it from government forces.

Palestine’s abandoned parliament – a history of cities in 50 buildings, day 46 – The Guardian

Just beyond an 8-metre-high grey concrete wall – in some places decorated with graffiti and in some places burnt black by demonstrators – lies the building that was slated to become the Palestinian parliament

Rebels capture last Syrian town in northwestern province 29th of May 2015, France 24

The Syrian army has pulled back from the northwestern city of Ariha after a coalition of insurgent groups seized the last city in Idlib province in northwestern Syria near the Turkish border that was still held by the government

 

Déjeuner-débat avec Leïla Mouhib,  enseignante et chercheure à l’ULB et coordinatrice de l’Université euro-méditerranéenne.

  Vendredi 24 avril 2015 de 12h30 À 14h  

Organisé avec le soutien du Mouvement Européen-Belgique 

 

Modération : Geoffroy d’Aspermont (Institut MEDEA).

Intervention de Leïla Mouhib :

Lorsque les printemps arabes débutent en 2011, avec les revendications que l’on connait, l’Union Européenne va rapidement apporter son soutien aux volontés populaires de développement et de démocratisation. L’Union européenne agit pour cela avec l’Instrument Européen pour les Démocraties et les Droits de l’Homme (IEDDH). Nous pouvons nous demander dans quelles mesures les révoltes arabes ont modifié l’approche de l’UE en matière du développement des droits humains et de la démocratisation ? L’UE a-t-elle prise en compte ces changements politiques dans son action ?

La promotion de la démocratie est une  activité qui vise à développer la démocratie dans des pays tiers et qu’il faut différencier de l’aide au développement. A partir des années 1990 cela devint un véritable enjeu de politique étrangère pour l’UE. Toutefois, dans cette présentation nous nous intéresserons spécifiquement au programme IEDDH qui fut créé en 2006. Cet instrument se caractérise avant tout par son indépendance d’action puisque les projets qu’il finance doivent prioritairement s’accorder à la société civile, et non aux pouvoirs gouvernementaux. On distingue cependant deux objectifs d’intervention de l’IEDDH :

  • L’Objectif 1 vise à améliorer la situation des droits de l’Homme dans les pays les plus en difficulté, ce requiert une grande indépendance d’action. Les pouvoirs politiques des pays tiers ne sont dans ce cas pas informés du projet, cette discrétion étant nécessaire à la fois pour la sécurité des habitants mais aussi pour celle des agents de l’UE travaillant sur place.
  • L’Objectif 2 est, à l’inverse, applicable dans les pays dis « plus faciles » et ne requiert donc pas de discrétion vis-à-vis des autorités locales. Ces projets sont directement présentés par les délégations.

Ces projets doivent toujours être très orientés vers la promotion de la démocratie, ce qui fait courir le risque dans certains cas de mettre en péril les relations bilatérales. Ils sont mis en place par différents acteurs, l’unité IEDDH étant le plus important. Ils lancent des appels à projets, recherchent des financements et les mettent en œuvre. D’autres types d’acteurs ont des pratiques différentes, notamment l’ancienne DG RELEX, intégrée au SEAE en 2011, qui a un rôle stratégique en définissant la ligne politique de l’IEDDH. La DG RELEX avait des préoccupations plus orientées vers la politique étrangère de l’UE que sur la promotion de la démocratie. Ils étaient, de fait, plus réticents à mettre en œuvre des projets qui risquaient d’embêter les gouvernements.

Les délégations de l’UE présentent dans les pays tiers ont à la fois un rôle diplomatique et politique, mais aussi un rôle de coopérants. En effet, ils s’occupent de mettre en œuvre les accords de coopérations et les programmes d’aide dans les pays tiers, mais ils doivent aussi, et avant tout, mettre en place une coopération bilatérale avec les gouvernements, même si cela doit mettre à mal les relations avec la société civile.

Dans le cas du Maroc, il existe un discours disant que le pays serait en transition démocratique. Depuis les années 1990 jusqu’à nos jours on ne note pas vraiment de changement dans la politique de l’UE à l’égard du Royaume. Pourtant, et bien que l’on puisse parler de libéralisation, on ne peut pas parler de démocratisation pour le Maroc car les détenteurs du pouvoir restent toujours les mêmes. De même, la libération trouve ses limites autours des trois sujets suivants :

  • L’intégrité territoriale (il n’est jamais question de parler de la situation au Sahara Occidental)
  • La légitimité du roi
  • La religion du Royaume (l’Islam est inscrit dans la constitution)

Il y a l’idée que l’UE mettrait toujours en œuvre le même modèle de promotion de la démocratie, quel que soit le pays. Or, la comparaison des exemples Tunisien et Marocain infirment cette idée d’un modèle unique.  Au Maroc, beaucoup de projets sont depuis longtemps menés ouvertement en faveur de la démocratisation, tandis que dans la Tunisie de Ben Ali il n’y avait quasiment aucun de ces types de projets. Cela s’explique par la théorie de la transition, selon laquelle l’UE agirait stratégiquement dans les pays déjà en transition car l’intervention dans les pays autoritaires serait trop compliquée à mettre en œuvre. Cette théorie ne se vérifie pas en pratique car les décisions de chacun sont toujours déterminées par des enjeux concrets et différents. Au Maroc le discours de démocratisation fait partie de la routine et la plupart des projets, qui vont parfois jusqu’à associer le gouvernement marocain, ne sont pas considérés comme tabous. Toutefois, ces projets sont liés à la coopération bilatérale, si bien que lorsque la délégation lance des appels à projet elle les calque sur les projets en cours dans ce domaine. La délégation à Rabat a donc une vision particulière de l’indépendance : elle revendique une indépendante d’action tout en travaillant avec le gouvernement marocain. Cela conduit parfois à des situations décevantes, comme lorsque Bruxelles avait proposé, il y a quelques années, une action en faveur des droits de l’Homme au Sahara occidental. La délégation présente à Rabat avait immédiatement rendu un avis négatif et demandé à Bruxelles de ne pas sélectionner ce projet, afin de ne pas franchir la ligne rouge du gouvernement Marocain.

Le cas tunisien est tout différent car, de par le caractère autoritaire du régime de Ben Ali, le processus de démocratisation n’a pu commencer à être mis en marche qu’à partir de 2011, avec des hauts et des bas. Pour la période allant de 2007 à 2010, le pays n’apparaissait même pas dans la liste de la DG RELEX. La délégation de l’époque pensait qu’il était impossible de mener des actions de promotion des droits de l’Homme et de la démocratisation, de par le caractère trop autoritaire du régime. Après 2010, la délégation s’est justifiée en disant qu’elle avait, d’une part, des directives de Bruxelles et que, d’autre part, le gouvernement Tunisien avait ses responsabilités dans ce manque de projets. Le fait que l’UE puisse financer la société civile sans passer par le gouvernement de Ben Ali était perçu comme une véritable violation. Quelques mois avant le départ de Ben Ali, la DG RELEX avait complétement écarté tout projet de démocratisation. Paradoxalement, les relations bilatérales étaient très bonnes et nombres de réformes démocratiques étaient mentionnées, sans jamais être mises en œuvre. Dès mars 2011, le plan d’action annuelle a été revu et 2 million d’euros ont été alloués pour des projets IEDDH en Tunisie. Pourtant, lorsque l’on interroge aujourd’hui la délégation présente à Tunis, l’idée de la coopération bilatérale semble toujours primer.

Finalement, la promotion de la démocratie est d’abord déterminée par les déterminants de l’UE, en fonction des intérêts institutionnels en jeu à un moment donné. Dans ce contexte, les printemps arabes ont, certes, conduit à des ajustements, mais des ajustements plutôt mineurs.

Pour conclure, nous pouvons nous interroger sur la capacité de l’UE, qui n’est ni un acter rationnel ni un acteur unitaire, à agir dans la sphère internationale. Peut-elle s’adapter à un environnement international changeant ? L’UE prétend avoir une stratégie pour la Méditerranée mais elle n’en a pas les ressources institutionnelles. Cela nous interpelle aussi sur les relations euro-arabe et l’incapacité politique européenne à prendre en compte  ce qu’il se passe de l’autre côté de la Méditerranée. En résulte une césure en l’UE et son voisin arabe, faute d’avoir pris le temps de saisir les enjeux et les processus en cours sur la rive sud. Pour autant, il ne faut pas dire que la promotion de la démocratie n’a aucun effet politique car, même si c’est souvent non intentionnel, ces projets ont des répercutions.

Questions :

1/ Comment évaluer l’impact de ces politiques ? Renforcent-elles la société civile ou la rend-elle dépendante de l’UE ?

Je ne pense pas que les politiques de promotion de la démocratie et de démocratisation ont un effet réel sur la démocratisation. C’est un processus donc même si on finance des organismes de la société civile, cela reste un apport extérieur. Il n’y a donc pas vraiment d’impact dans la démocratisation.

2/ Concernant l’indépendance des projets, vous n’avez pas évoqué l’autonomie des personnes. Ne pensez-vous pas qu’une personne puisse faire la différence ?

L’autonomie des personnes est aussi bien sûr à prendre en compte et il y a à ce titre certains projets dans lesquels les objectifs évoqués précédemment ne se vérifient pas. Certains fonctionnaires peuvent pousser à la réalisation d’un projet.

3/ Lorsque l’on évoque la démocratie dans ces pays l’on a l’impression de parler de quelque chose venu de l’extérieur. Notre modèle démocratique ne leur est-il pas étranger ?

Il y a certes des différences culturelles et le modèle néo-libéral n’entre peut être pas dans le cadre de pays arabes où patrimonialisme fait que des grandes familles tiennent en mains l’économie ou la politique. Toutefois, « l’exception arabe » selon laquelle le monde arabe serait imperméable à toute démocratie est une lecture très culturaliste du fonctionnement des sociétés. L’existence de régimes autoritaires s’explique par des facteurs historiques que nous devons contextualiser. Il s’agit d’un jugement de valeur face à phénomène dont nous n’avons qu’une vision partiale ou partielle.

4/ L’UE a soutenu la question des femmes durant le gouvernement de Ben Ali, cela sera-t-il aussi le cas avec Ennahda ?

L’UE n’a pas de travail constant sur cette question mais il y a eu un projet. Après la législation en Tunisie ce n’était pas une question centrale, la législation en matière de droit des femmes n’est pas un enjeu sensible ou nouveau et il n’a pas été remis en cause par Ennahda. La plupart des projets en cours sont aujourd’hui liés aux élections.

5/ Vous n’avez pas parlé des parlements, dans quelles mesures les parlements peuvent contribuer à la promotion de la démocratie et des droits de l’Homme ? Peuvent-ils être des relais plus efficaces ?

Les parlements ont certes un rôle de socialisation,  mais cela concerne les parlementaires eux-mêmes. Au niveau pragmatique, il y a un échange de bonnes pratiques et de connaissances entre parlementaires, mais ce n’est pas un relais pour l’IEDDH, dont le but est justement de contourner les institutions.

6/ Quels sont les moyens budgétaires de l’IEDDH ? Le PNUD développe par ailleurs des programmes de coopération en matière de démocratie et de droits de l’Homme, est-ce que l’UE s’inscrit aussi dans cette politique ?

Le budget de l’IEDDH est très éclaté et c’est pourquoi il est très difficile de mesurer l’efficacité de la politique européenne à partir de l’étude des budgets. En revanche, l’UE a participé à différents programmes du PNUD après les révolutions.

7/ Quand les Palestiniens de Gaza ont voté démocratiquement en 2007 et que les résultats n’ont pas plu, le vote a été déclaré nul. En tant qu’européen, quels sont les intérêts à avoir des démocraties dans le monde arabe ?

Il m’est impossible de répondre à la question en ces termes. Tout d’abord, il n’y a pas deux ensembles homogènes, européens et arabes. Ensuite, la promotion de la démocratie est un moyen de politique étrangère qui sert aussi à faire valoir la promotion d’autres intérêts, notamment économiques et militaires.

 

La Branche Syrienne d’Al Qaida cherche à relooké son image auprès de l’occident. 28 Mai 2015 –  Jordan Times

La franchise Syrienne d’Al Qaida s’efforce  à se réinventer pour paraître comme la force d’opposition légitime au régime Syrien, ce qui serait plus acceptable pour l’occident pense-elle, mais cela a très peu de chance de succès d’après les déclarations des analystes, jeudi dernier. Dans une rare interview télévisée le chef du front Al-Nosra Abou Mohammad Al Jolani appelle à ne pas utiliser le territoire Syrien, comme tremplin pour de futurs attaques contre l’occident et également à protéger les minorités.

De la Syrie à la Serbie, la porte dérobée des migrants vers l’Europe. 28.Mai 2015 – Middle East Eye.

Les réfugiés Syriens qui prennent la route la moins connue vers l’Europe, celle des Balkans font face à des vols à main armée,  sont battue et pris en otage.

Daesh tente de démontrer par des photos que le site de Palmyre est intact. 28 mai 2015 – Egypt Independant.

Daesh à mis en ligne des photos prisent du centre de Palmyre visant à démontrer que la cité antique est resté intact depuis la prise de la ville par le groupe ultra-radicale.

Le parlement de Palestine abandonné, ue histoire des villes a travers 50 bâtiments, 46 ème jours.

Juste au dessus d’un mur de béton gris de 8 mètres de haut – certaines endroits sont décorées avec des graffitis et, d’autres sont noir, brûlés par des manifestants – se trouve le bâtiment qui avait été appelé à devenir le parlement palestinien.

Les rebelles syrien capturent la derniers ville tenu par le regime : Ariha. 29 Mai 2015. France24

The Syrian army has pulled back from the northwestern city of Ariha after a coalition of insurgent groups seized the last city in Idlib province in northwestern Syria near the Turkish border that was still held by the government

 

Par Marc-Henry Saillard

Le triomphe électorale de Netanyahou embête les Occidentaux et bloquera pour longtemps encore toute tentative de résolution du conflit israélo-palestinien.

En Europe les réactions à  la suite de ces élections ont été peu enthousiastes. Les Européens et les Américains insistent sur une relance du processus de paix en vue d’un accord sur la base de deux Etats, palestinien et israélien; alors que Benjamin Netanyahou a enterré l’idée d’un Etat palestinien tant qu’il serait chef de gouvernement.

La solution à deux Etats toujours défendue par les européens est battue en brèche par la droite Israélienne qui poursuit la colonisation de manière ouverte et décomplexée. Les Européens auraient préféré que la gauche israélienne remporte les élections, car elle serait plus encline, pensent-ils, à faire des concessions, bien que cette dernière poursuive également la colonisation de manière plus discrète et plus feutrée.

Rappelons que la mise en œuvre des accords d’Oslo aura surtout permis de réaliser une des aspirations centrales, l’objectif numéro un de la philosophie sioniste : la séparation entre Juif et Arabe, avec la création d’un Etat Juif et la création d’un Etat Palestinien. La droite, elle, qui conteste cette vision, considère qu’Israël ne se limite pas uniquement aux frontières de 1967 et que toute la Palestine fait partie intégrante d’Eretz Israël (la terre d’Israël), ce qui justifie à leurs yeux la colonisation.

Derrière cette volonté de poursuivre la colonisation se cache des raisons moins philosophiques et plus pragmatiques comme : le contrôle de la frontière Est avec la Jordanie, la sécurisation des accès à l’eau pour Israël (70 % de l’eau consommée en Israël provient de Palestine) et enfin l’exploitation économique de la mer morte avec la potasse.

Le maintien de Benyamin Netanyahou au pouvoir pour un quatrième mandat consécutif ne va pas améliorer les relations du gouvernement israélien avec les pays occidentaux, européens en tête. Le processus de paix au point mort, Netanyahou a été ouvertement contre les accords d’Oslo I et II en leurs temps. Même si cette élection est un revers cinglant pour les partisans d’une paix avec les arabes, cette élection a mobilisé fortement les partis arabes Israéliens qui ont émergé de la scène politique Israélienne. L’Europe a  nommée dernièrement Fernando Gentilini au poste de représentant spécial de l’Union européenne pour le processus de paix au Proche-Orient. Cette nouvelle nomination

La poursuite de la guerre d’Irak et de la guerre civile syrienne et l’émergence de Daesh en juin 2014  ont déplacé le centre de gravité des préoccupations régionales. Le processus de paix Israélo-Palestinien ne fait plus partie des priorités des agendas des chancelleries européennes. L’Europe a focalisée son attention sur les questions liées au terrorisme et à la façon de combattre le fanatisme religieux. Israël doit également faire face au fléau que représente l’organisation terroriste Etat Islamique. Fin Janvier le Shin Beit (service de sécurité intérieure) a démantelé une cellule  de l’EI à Nazareth, sept palestiniens ont été arrêtés, les services de sécurité les ont accusés de vouloir commettre des actes terroristes en Israël.

L’Etat Islamique est une aubaine pour le gouvernement de Netanyahou, il permet d’éliminer d’un coup les groupes terroristes liés au Fatah au Hamas et de saborder un peu plus la confiance que les Israéliens ont envers les Palestiniens. De plus les guerres de Syrie et d’Irak permettent à Israël de poursuivre la colonisation sans être pointé du doigt comme un élément perturbateur au Proche Orient. Les pays Européens cherchent avant tout aujourd’hui à tenter de stabiliser la situation qui a émergé à l’issue des printemps arabe qui est à l’heure actuelle porteuse de déstabilisation et de chaos. L’Europe tente de relancer la politique de voisinage entre les rives nord et sud de la méditerranée pour tenter d’endiguer le flot des migrants arrivant de Libye.

Ce qui a commencé comme une révolution au sens du XVIIe siècle du terme se poursuit et se transforme en guerre religieuse fratricide qui déchire le Moyen-Orient. De nouveaux acteurs sont en train d’émerger du chaos, un nouveau Moyen-Orient se dessine avec de nouveaux équilibres.

L’Europe doit trouver sa place au Proche-Orient pour asseoir son influence et sa coopération avec un nouvel équilibre des puissances. L’Europe devra se faire une place entre l’influence grandissante des pétro-monarchies sunnite du Golfe telles que l’Arabie Saoudite, le Qatar et de l’autre l’Iran Chiite, pour porter une voix et une vision différentes.

L’Iran cherche à étendre son influence et à se doter des attributs d’une grande puissance. Alors que l’Arabie Saoudite mène des opérations miliaires au Yémen contre les tribus Chiite.

Les élections Israéliennes ont été l’occasion pour les européens de réaffirmer qu’il est nécessaire de trouver une solution politique au conflit Israélo-Palestinien, mais derrière les discours de façade l’Europe n’en a cure tant que la stabilité et la sécurité d’Israël n’est pas remis en question par les conflits régionaux.

 
L’Institut MEDEA et le Mouvement Européen Belgique ont le plaisir de vous inviter au prochain Midi-Med du 5 juin 2015, de 12h30 à 14h, qui sera consacré à l’Arabie Saoudite et à l’exportation  de son islam ultra-orthodoxe  :

Madame Marie-Cécile Royen

Journaliste au Vif-L’Express

Modération : Geoffroy d’Aspremont (MEDEA)

Jusqu’en 1990, l’Arabie saoudite a été l’interlocuteur officiel des autorités belges pour la désignation des professeurs de religion islamique. Son influence a été jugée contre-productive pour l’intégration des musulmans et ce statut d’interlocuteur privilégié lui a été retiré. Son rôle exceptionnel dans le paysage belge s’exerce toujours via le Centre islamique et culturel de Belgique, qui a son siège à la mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles, et dont le conseil d’administration est présidé de droit par l’ambassadeur d’Arabie saoudite. L’islam wahhabite dispose de moyens financiers importants pour diffuser sa conception de l’islam hanbalite, ultra-orthodoxe. Celui-ci insiste sur la différence, voire l’opposition, entre les musulmans et les non-musulmans et sur une orthopraxie de masse (dichotomie « haram »- « halal »). Spécialiste de ces questions au Vif/L’Express, la journaliste Marie-Cécile Royen examine les tenants et aboutissants de l’influence wahhabite, et plus généralement du salafisme en Belgique.

 

Où ? Info Point-Schuman, Rue Archimède 1, 1000 Bruxelles (Angle Rond-Point Schuman et Rue Archimède)

Quand ? Vendredi 5 juin 2015, de 12h30 à 14h

P.A.F, à payer sur place, sandwichs et boissons inclus : 5 euros (3 euros pour les membres du MEB)

Langue : Français, Q/A en anglais et en français

Contact : MEDEA, Institut européen sur la coopération méditerranéenne et euro-arabe – medea@medea.be – 02 231 13 00

Inscription : http://www.mouvement-europeen.be/index.php?option=com_rsform&formId=101&Itemid=&lang=fr

 

 
L’Institut MEDEA et le Mouvement Européen Belgique ont le plaisir de vous inviter au prochain Midi-Med du 20 mai 2015 qui sera consacré à la présence de l’UE au Maroc et en Tunisie avec :

Madame Leïla Mouhib

Enseignante et chercheure à l’ULB et coordinatrice de l’Université euro-méditerranéenne.

Modération : Geoffroy d’Aspremont,(MEDEA)

La présentation s’intéressera aux politiques de promotion de la démocratie de l’Union européenne en Tunisie et au Maroc, avant et après les printemps arabes.  Dans quelle mesure les révoltes arabes ont-elles contribué à modifier l’approche de l’UE en matière de soutien aux droits de l’homme et à la démocratie?   L’Union européenne est-elle capable de prendre en compte cette nouvelle donne ou bien ses politiques sont-elles déterminées par d’autres facteurs, d’autres enjeux?

Après une présentation du concept de promotion de la démocratie, devenu aujourd’hui un objectif de politique étrangère pour de nombreux acteurs, nous définirons la politique de l’UE et la matière, mais aussi les différents acteurs intra-européens en charge de cette politique (Commission, SEAE, Parlement, Délégations), avant d’analyser les pratiques de l’UE dans deux cas, le Maroc et la Tunisie.

En conclusion, nous nous demanderons comment cette politique de promotion de la démocratie s’inscrit dans le contexte plus large des relations euro-méditerranéennes, et ce que la réaction de l’UE aux printemps arabes laisse présager du futur de ces relations.

Où ? Info Point-Schuman, Rue Archimède 1, 1000 Bruxelles (Angle Rond-Point Schuman et Rue Archimède)

Quand ? Mercredi 20 avril 2015, de 12h30 à 14h

P.A.F, à payer sur place, sandwichs et boissons inclus : 5 euros (3 euros pour les membres du MEB)

Langue : Français, Q/A en anglais et en français

Veuillez confirmer votre participation avant le 15 avril 2015 en complétant ce formulaire en ligne :

http://www.mouvement-europeen.be/index.php?option=com_rsform&formId=100&Itemid=&lang=fr 

Contact : MEDEA, Institut européen sur la coopération méditerranéenne et euro-arabe – medea@medea.be – 02 231 13 00

 

 

The moral drift of the Israeli army in Gaza – May 4th – Le Monde

Summer 2014 in the Gaza Strip. An old Palestinian man is lying on the ground. He walked close of an Israeli army post. One soldier decided to target it. He was seriously wounded in the leg, not moving. Is he alive? The soldiers are arguing. One of them decides to end the discussion. He shot the old man.

 

In Israel, the Ethiopians are the new Moroccans – May 5th – Slate

The violent protests in Israel of Ethiopian Jews remind of the protests from North African people in the 1970s. The same causes produce the same effects. The coexistence of communities from different countries does not happen smoothly, even if they share the same religion. Yesterday, the Jews of North Africa were suffering from discrimination and today it is the turn of Ethiopian Jews, victims of racism in addition.

 

Yemen through its literature: A nation besieged – May 6th – Middle East Monitor

The recent Saudi-led bombing campaign against Yemen has been reduced to a simplistic narrative of a Sunni-Shia divide driving national conflict – reminiscent of an essentialist « clash of civilizations » trope. This sectarian paradigm attributes all conflict to the notion of cultural boundaries developed over centuries-old divides.

 

Economic headache for the AKP in Turkey – May 7th – orientxxi

In the legislative elections of 7 June, the most dangerous opponent for outgoing AKP – a majority in the Grand National Assembly for thirteen years – will not be economic but political. Inflation, unemployment, and the sharp depreciation of the currency are worrying the business community as the population.

 

New suspected chemical attacks reported in Syria, dozens injured – May 8th – The Guardian

Syrian activists and a doctor reported Thursday new suspected chemical attacks in the northwestern province of Idlib, leaving several dozens of people suffering from asphyxiation.

 

 

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza – le 4 mai – Le Monde

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

En Israël, les Éthiopiens sont les nouveaux Marocains – le 5 mai – Slate

Les manifestations violentes en Israël de juifs éthiopiens rappellent étrangement les manifestations des originaires d’Afrique du Nord dans les années 1970. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La cohabitation de communautés de différentes contrées ne se fait pas sans heurts, même si elles ont en commun la même religion. Hier, les juifs d’Afrique du Nord souffraient de discrimination et aujourd’hui c’est au tour des juifs éthiopiens, victimes en plus de racisme.

 

Le Yémen à travers sa littérature : une nation assiégée – le 5 mai – Middle East Monitor

La récente campagne de bombardements de l’Arabie dirigée contre le Yémen a été réduite au récit simpliste d’une fracture entre sunnites et chiites a milieu d’un conflit national – qui rappelle d’un  « choc des civilisations ». Ce paradigme sectaire attribue à tous les conflits à la notion de frontières culturelles développées au cours des siècles.

 

Casse-tête économique pour l’AKP en Turquie – le 6 mai – OrientXXI

Aux élections législatives du 7 juin prochain, l’adversaire le plus dangereux pour les sortants de l’AKP — majoritaires à la Grande Assemblée nationale depuis treize ans — ne sera pas politique mais économique. L’inflation, le chômage, la dépréciation brutale de la monnaie, en un mot la crise, inquiètent les milieux d’affaires comme la population.

 

De nouvelles attaques chimiques signalées en Syrie, des dizaines de blessés – le 8 mai – The Guardian

Des militants syriens et un médecin ont rapporté jeudi des nouvelles attaques chimiques présumés dans la province d’Idlib, a nord-ouest du pays, faisant souffrir plusieurs dizaines de personnes d’asphyxie.

 

By: Amicie Duplaquet

The tragic sinking of a cargo ship near to the Libyan coast, on April 19, had caused the death of more than eight hundred migrants and projected the migration issue at the center of European news. On board were many Syrians who were trying to rebuild their lives away from the fighting of the civil war, but also Eritreans and Somalis. All had embarked the day before in Tripoli, often after a wait of several months in substandard hotels provided by the smugglers. These migrants had submitted their savings and their lives in the hands of these unscrupulous smugglers, for who the stagnation of the Syrian revolt and the other regional conflicts constitute a financial windfall. Since 2011, four million Syrians have fled their country and only 217,724 of them were able to find asylum in Europe. The migratory pressure is increasing and if Europe continues to ignore it the tragedies will continue in the Mediterranean.

In an emergency, the heads of states and governments of the European Union have met in Brussels on April 23 to outline a response to the increase of these dramas. No long-term solution was provided in this summit which only strengthened the Triton operation. This surveillance mission of the maritime borders of the EU, led by the European agency Frontex, will soon see its budget tripled and many countries have already provided new material means.

However, the Triton operation was unable to prove its effectiveness since its launch in November 2014. Its priority is border surveillance of European waters and not rescuing distressed migrants. Since its launch a few months ago, Amnesty International said that the mission would be « doomed to failure » and that its « objective is mistaken, » hoping that drowning would discourage future migrants. Over the past four months, 1,750 migrants died in the Mediterranean, thirty times more than in 2014 at the same period. The UN High Commissioner for Refugees (UNHCR) speaks of a « hecatomb never seen in the Mediterranean » to qualify the spring 2015. Conversely, the mission « Mare Nostrum », which preceded Triton from October 2013 to October 2014, aimed to rescue the migrants beyond European waters. Within a year, Mare Nostrum helped to save 150,000 lives and to stop around 350 smugglers.

The other particularity of the mission Mare Nostrum is that it was conducted by the Italian Navy, unlike Triton which is organized by Frontex. However, the European agency Frontex is the subject of numerous critics, including from the Migreurop network which accuses him of not respecting the human rights of migrants. According to the head of this network, Frontex prevent migrants arriving on European territory, by repressing or by intercepting them, so they can not have the right of asylum nevertheless imposed on all members of the Union.

The decision of the EU on 23 April to strengthen Triton operation, under the guidance of Frontex, appears both disappointing and inappropriate to face the increasing migratory pressure. According to the International Maritime Organization (IMO), a half million migrants will try to reach Europe via the Mediterranean this year. Moreover, the deterioration of the security situations in Syria, Libya and the Sahel countries suggest that Europe will be subjected to an actual migration issue in the coming years. However, the EU has chosen last week to strengthen a strategy that has already shown its limitations, rather than trying to rethink its immigration policy. It appears nevertheless naive to imagine that these decisions could deter people fleeing conflict and violations of human rights to attempt to cross the Mediterranean.

The President of the European Commission, Jean-Claude Juncker, strongly criticized, after the summit, the absence of new measures and the passivity of Heads of States and European governments toward this migration crisis in the Mediterranean. In Strasbourg, a few days later, he asked the countries to promote legal immigration to avoid new dramas. He also advocated a fair European policy in support of migrants through a quota system. This last point should be among the proposals to be presented by the European Commission on May 13, as part of the adoption of a strategy for migration and asylum. The Union must be bold in writing this text because it is all its immigration policy in the Mediterranean which deserves to be rethinking.

 

Par Amicie Duplaquet

Le 19 avril dernier, le tragique naufrage d’un cargo au large des côtes libyennes avait causé la mort de plus de huit cents migrants et remis la question migratoire au centre de l’actualité européenne. À son bord se trouvait de nombreux Syriens qui tentaient de se reconstruire une vie descente loin des combats de la guerre civile, mais aussi des Érythréens et des Somaliens. Tous avaient embarqué la veille à Tripoli, souvent après une attente de plusieurs mois dans des hôtels insalubres mis à disposition par les passeurs. Ces candidats au départ avaient remis leurs économies et leurs vies entre les mains de ces passeurs peu scrupuleux, pour qui l’enlisement de la révolte syrienne et des autres conflits régionaux constituent une aubaine financière. Depuis 2011, quatre millions de syriens ont fuient leurs pays et seulement 217.724 d’entre eux ont pu trouver asile en Europe. La pression migratoire ne cesse d’augmenter et, si l’Europe continue de l’ignorer, les tragédies risquent de se succéder en Méditerranée.

Dans l’urgence, les chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union européenne se sont réuni à Bruxelles le 23 avril dernier pour esquisser une réponse à l’augmentation de ces drames. Aucune solution à long terme ne fut dégagée de ce sommet et seul le renforcement de l’opération Triton fut mis en avant. Cette mission de surveillance des frontières maritimes de l’UE, menée par l’agence européenne Frontex, verra bientôt son budget triplé et de nombreux pays lui ont d’ores et déjà fourni de nouveaux moyens matériels.

Pourtant, l’opération Triton peine à prouver son efficacité depuis son lancement en novembre 2014. Sa priorité est la surveillance des frontières aux abords des eaux territoriales européennes, et non le sauvetage des migrants en difficulté.  Dès son lancement il y a quelques mois, Amnesty International avait affirmé que cette mission serait « voué à l’échec » car elle se « trompait d’objectif », espérant que les noyades dissuaderaient les futurs candidats au départ. Au cours des quatre derniers mois, 1750 migrants ont péri en Méditerranée, soit trente fois plus qu’en 2014 à la même époque. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) parle d’une « hécatombe jamais vue en Méditerranée » pour qualifier le printemps 2015. A l’inverse, la mission « Mare Nostrum », qui avait précédé Triton d’octobre 2013 à octobre 2014, avait pour objectif de porter secours aux migrants même au-delà des eaux territoriales européennes. En un an, elle avait permis de sauver  150 000 vies et d’arrêter près de 350 passeurs.

L’autre particularité de la mission Mare Nostrum est qu’elle était menée par la marine italienne, contrairement à Triton qui est organisé par Frontex. Or, l’agence européenne Frontex fait l’objet de nombreuses critiques, notamment de la part du réseau Migreurop qui l’accuse de ne pas respecter les droits humains des migrants. Selon la direction de ce réseau, Frontex empêcherait les migrants d’arriver sur le territoire européen, en les refoulant ou en les interceptant, afin qu’ils ne puissent pas être soumis au droit d’asile pourtant imposé à tous les membres de l’Union.

La décision, prise par l’UE le 23 avril dernier, de renforcer l’opération Triton, sous le pilotage de Frontex, apparait à la fois décevante et inappropriée face à l’accroissement de la pression migratoire. Selon l’organisation maritime internationale (OMI), un demi-million de migrants tenteront cette année de rejoindre l’Europe par la Méditerranée. De plus, la dégradation des situations sécuritaires en Syrie, en Libye et dans les pays du Sahel laissent présager que l’Europe sera d’être soumise à une réelle question migratoire dans les années à venir. Or, l’UE a choisi la semaine dernière de renforcer une stratégie qui a déjà montrée ses limites en la matière, plutôt que tenter de repenser sa politique d’immigration. Il apparait pourtant naïf d’imaginer que ces décisions puissent dissuader les personnes fuyant des conflits et des violations des droits de l’homme de tenter la traversée de la Méditerranée.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a vivement critiqué, à l’issue de ce sommet, l’absence de mesures nouvelles et la passivité des chefs d’Etats et de de gouvernements européens face à cette crise migratoire en Méditerranée. A Strasbourg, quelques jours plus tard, il a demandé aux pays de l’Union de favoriser l’immigration légale pour limiter la venue de nouveaux drames. Il s’est aussi prononcé en faveur d’une politique européenne équitable dans la prise en charge des migrants, via un système de quotas. Ce dernier point devrait faire partie des propositions qui seront présentées par la Commission européenne le 13 mai prochain, dans le cadre de l’adoption d’une stratégie pour les migrations et l’asile. L’Union devra faire preuve d’audace dans la rédaction de ce texte car c’est toute la politique d’immigration en Méditerranée qu’il lui faudrait repenser.