22/05/2015

Les élections Israéliennes et leurs impacts sur les relations avec l’Europe et le monde arabe.

Par Marc-Henry Saillard

Le triomphe électorale de Netanyahou embête les Occidentaux et bloquera pour longtemps encore toute tentative de résolution du conflit israélo-palestinien.

En Europe les réactions à  la suite de ces élections ont été peu enthousiastes. Les Européens et les Américains insistent sur une relance du processus de paix en vue d’un accord sur la base de deux Etats, palestinien et israélien; alors que Benjamin Netanyahou a enterré l’idée d’un Etat palestinien tant qu’il serait chef de gouvernement.

La solution à deux Etats toujours défendue par les européens est battue en brèche par la droite Israélienne qui poursuit la colonisation de manière ouverte et décomplexée. Les Européens auraient préféré que la gauche israélienne remporte les élections, car elle serait plus encline, pensent-ils, à faire des concessions, bien que cette dernière poursuive également la colonisation de manière plus discrète et plus feutrée.

Rappelons que la mise en œuvre des accords d’Oslo aura surtout permis de réaliser une des aspirations centrales, l’objectif numéro un de la philosophie sioniste : la séparation entre Juif et Arabe, avec la création d’un Etat Juif et la création d’un Etat Palestinien. La droite, elle, qui conteste cette vision, considère qu’Israël ne se limite pas uniquement aux frontières de 1967 et que toute la Palestine fait partie intégrante d’Eretz Israël (la terre d’Israël), ce qui justifie à leurs yeux la colonisation.

Derrière cette volonté de poursuivre la colonisation se cache des raisons moins philosophiques et plus pragmatiques comme : le contrôle de la frontière Est avec la Jordanie, la sécurisation des accès à l’eau pour Israël (70 % de l’eau consommée en Israël provient de Palestine) et enfin l’exploitation économique de la mer morte avec la potasse.

Le maintien de Benyamin Netanyahou au pouvoir pour un quatrième mandat consécutif ne va pas améliorer les relations du gouvernement israélien avec les pays occidentaux, européens en tête. Le processus de paix au point mort, Netanyahou a été ouvertement contre les accords d’Oslo I et II en leurs temps. Même si cette élection est un revers cinglant pour les partisans d’une paix avec les arabes, cette élection a mobilisé fortement les partis arabes Israéliens qui ont émergé de la scène politique Israélienne. L’Europe a  nommée dernièrement Fernando Gentilini au poste de représentant spécial de l’Union européenne pour le processus de paix au Proche-Orient. Cette nouvelle nomination

La poursuite de la guerre d’Irak et de la guerre civile syrienne et l’émergence de Daesh en juin 2014  ont déplacé le centre de gravité des préoccupations régionales. Le processus de paix Israélo-Palestinien ne fait plus partie des priorités des agendas des chancelleries européennes. L’Europe a focalisée son attention sur les questions liées au terrorisme et à la façon de combattre le fanatisme religieux. Israël doit également faire face au fléau que représente l’organisation terroriste Etat Islamique. Fin Janvier le Shin Beit (service de sécurité intérieure) a démantelé une cellule  de l’EI à Nazareth, sept palestiniens ont été arrêtés, les services de sécurité les ont accusés de vouloir commettre des actes terroristes en Israël.

L’Etat Islamique est une aubaine pour le gouvernement de Netanyahou, il permet d’éliminer d’un coup les groupes terroristes liés au Fatah au Hamas et de saborder un peu plus la confiance que les Israéliens ont envers les Palestiniens. De plus les guerres de Syrie et d’Irak permettent à Israël de poursuivre la colonisation sans être pointé du doigt comme un élément perturbateur au Proche Orient. Les pays Européens cherchent avant tout aujourd’hui à tenter de stabiliser la situation qui a émergé à l’issue des printemps arabe qui est à l’heure actuelle porteuse de déstabilisation et de chaos. L’Europe tente de relancer la politique de voisinage entre les rives nord et sud de la méditerranée pour tenter d’endiguer le flot des migrants arrivant de Libye.

Ce qui a commencé comme une révolution au sens du XVIIe siècle du terme se poursuit et se transforme en guerre religieuse fratricide qui déchire le Moyen-Orient. De nouveaux acteurs sont en train d’émerger du chaos, un nouveau Moyen-Orient se dessine avec de nouveaux équilibres.

L’Europe doit trouver sa place au Proche-Orient pour asseoir son influence et sa coopération avec un nouvel équilibre des puissances. L’Europe devra se faire une place entre l’influence grandissante des pétro-monarchies sunnite du Golfe telles que l’Arabie Saoudite, le Qatar et de l’autre l’Iran Chiite, pour porter une voix et une vision différentes.

L’Iran cherche à étendre son influence et à se doter des attributs d’une grande puissance. Alors que l’Arabie Saoudite mène des opérations miliaires au Yémen contre les tribus Chiite.

Les élections Israéliennes ont été l’occasion pour les européens de réaffirmer qu’il est nécessaire de trouver une solution politique au conflit Israélo-Palestinien, mais derrière les discours de façade l’Europe n’en a cure tant que la stabilité et la sécurité d’Israël n’est pas remis en question par les conflits régionaux.