03/07/2015

Attentats en Tunisie au Koweit et en France


Par Marc-Henry Saillard 

Les derniers attentats qui ont frappés le Koweït, la Tunisie et la France, à quelques jours d’intervalle, rappelle que le danger et les capacités de Daesh sont toujours bien présentes aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe. Le 26 juin 2015 des attentats quasi-simultanés frappent la Tunisie et le Koweït, la France elle fut touchée le vendredi 29 juin.

En Tunisie l’attentat a frappé le secteur du tourisme à Sousse en faisant sur une plage 38 morts et 39 blessés d’après le dernier bilan des autorités tunisiennes. L’attentat aurait été perpétré par un étudiant tunisien de 23 ans identifié d’après les forces de sécurité tunisiennes comme étant Seifeddine Rezgui. Ce dernier aurait ouvert le feu sur des touristes sur la plage devant l’hôtel Marhaba Imperial. Cette attaque fait suite à l’attentat du musée du Bardo perpétré le 18 Mars 2015.

Au Koweït c’est une mosquée chiite qui fut visée par un saoudien. Le bilan actuel fait état de 27 morts. Cet attentat rappelle que la région du Golfe n’est plus une zone préservée et que cette apparente stabilité peut être remise en cause à tout moment par Daesh qui bénéficiait jusqu’à récemment de la complaisance des monarchies du Golfe par le biais de fond privées ou de dons, donc difficilement contrôlable, qui transitent par ces Etats. Avant l’attentat contre la mosquée chiite au Koweït, il y avait eu les attentats anti chiites en Arabie Saoudite des 22 et 29 mai. Cela a aggravé les tensions confessionnelle entre Chiites et Sunnites et augmente le risque de déstabilisation de ces états. « Cet attentat remet en cause le modus vivendi entre les communautés au Koweït, pays extrêmement fragile sur le plan sécuritaire », d’après le journal libanais L’Orient-Le Jour.

Le 29 juin deux jours après les attentats de Sousse et du Koweït, la France apprend, choqué, qu’un attentat a eu lieu sur son sol à Saint-Quentin-Fallavier en Isère dans une usine chimique. L’attentat a fait une victime, le directeur de l’usine qui a été décapité par le terroriste présumé Yassin Salhi. D’après le procureur de la République Française « Le mode opératoire de l’attentat correspond très exactement aux mots d’ordre de Daesh». La France subit sa deuxième vague d’attentat après ceux perpétré le 7 janvier contre le journal satirique Charlie hebdo et le super marché Hyper Casher depuis sa participation à la coalition internationale contre Daesh.

Notons également qu’un énième attentat a eu lieu au Yémen à Sanaa la capitale, quelques jours après les trois attentats de Sousse, de Koweit-City et d’Isère. Le bilan à fait état de 28 morts et visait la rébellion chiite houtiste combattue par l’Arabie Saoudite, il fut revendiqué par Daesh.

Cette série d’attentats rappelle que  la menace terroriste est devenue plus diffuse. La grande force de Daesh dans les différents pays où ont eu lieu ces attentats, réside dans sa capacité à mobiliser des «loups solitaires», qui lui ont prêté allégeance et qui sont prêts à agir seuls, en son nom. Ces personnes se sont endoctrinées sur le Net, et elles n’hésitent pas à franchir le pas, après avoir acquis les modes opératoires sur des forums de discussions. Cela qui rend leur surveillance et leur traque d’autant plus difficiles pour les services de sécurité et de renseignement.

Daesh et ses combattants ont capitalisé sur la révolution numérique : pour recruter de nouveaux adeptes,  pour diffuser son message massivement de façon à choquer les opinions et attirer de nouveaux candidats par le biais des réseaux sociaux.  Ces attentats ont été perpétrés pour diverses raisons en fonctions des pays. En Tunisie il avait pour but de déstabiliser l’économie locale basée sur le tourisme et petit à petit créer un climat de peur et de tensions amenant au chaos donc à la déstabilisation de l’Etat.

Au Koweït et au Yémen, les Chiites furent visées car pour les Sunnites radicaux de Daesh, les Chiites  représentent des « Kafir » (impie) qui doivent, selon leurs dires, être éliminés.

Daesh est entré dans une vaste stratégie de déstabilisation du Moyen-Orient, 1- en frappant les Chiites, les minorités arabe non musulmanes comme les Chrétiens, les Yézidi et les Kurdes ; 2- en prospérant sur le chaos et le vide étatique, ce  qui lui permet de gagner du terrain. Cette stratégie de déstabilisation et de terreur imposée par Daesh, sert à étendre le règne de la haine, de la peur et de l’ignorance sur son pseudo califat mystifié.