Par Amicie Duplaquet

L’attaque homophobe, qui coûta la vie à une personne et en blessa cinq autres, commise lors de la dernière Gay Pride de Jérusalem par un juif ultra-orthodoxe, relança le débat de la difficile cohabition des – très – différentes composantes de la société israélienne.

En effet, l’Etat israélien regroupe une grande diversité d’individus, tant dans leurs origines ethniques que dans leurs pratiques culturelles et religieuses. On distingue les juifs laïques, les traditionalistes, les orthodoxes et les ultra-orthodoxes, aussi appelés haredim. Le terme de « juifs laïques » n’est pas tout à fait approprié car il renvoie à des israéliens tout de même attachés à la pratique de la religion juive, même si la place de la religion dans leurs vies est minime en comparaison aux autres composantes sociales. Ces derniers représenteraient le « juif moderne », à l’image des milliers d’israéliens qui défilaient à la Gay Pride, et se seraient parfaitement intégré dans la culture sociale, économique et technologique d’Israël, en tant qu’Etat moderne, et ce malgré son caractère religieux.

A leur opposé, les haredim, qui se définissent littéralement comme « ceux qui tremblent devant Dieu », ont un mode de vie dicté par la stricte application des préceptes de la Torah. La loi juive, ou halakha, le système légal dérivé de la Torah, façonne leur vie quotidienne et leur perception du monde extérieur. Présente en Eretz Israël bien avant 1948, la communauté haredi s’est implantée dans des quartiers spécifiques où ils vivent en autarcie, au rythme de leurs lois religieuses et sociales. Le quartier de Mea Shearim, au Nord de Jérusalem, est une parfaite illustration de l’intangible perpétuation d’un mode de vie à la fois ancestrale et hermétique. Ce genre de quartier, dans lesquels les haredim choisissent de vivre volontairement à l’écart du reste de la société israélienne, sont pour eux la meilleure protection face aux sources de perversions et de tentations incarnées par les sociétés modernes. En effet, le mode de vie haredi est avant tout caractérisé par un large refus de la modernité, tant dans son caractère technologique que politique et culturelle.

Ce refus de la modernité s’observe à tous les niveaux du quotidien des haredim. Au niveau vestimentaire, par exemple, les entrées de leurs quartiers sont entourées de panneaux prévenants le touriste non averti, et les autres israéliens, du code vestimentaire à respecter. Les femmes haredi doivent couvrir leurs cheveux, leurs bras jusqu’aux poignets et leurs jambes jusqu’aux chevilles. Elles ne peuvent ni porter de pantalon, ni de chaussures ouvertes. Pour les hommes, le caftan noir est obligatoire. C’est l’habit traditionnel des juifs d’Israël, bien avant 1948. Le reste de la population israélienne n’est tolérée à l’intérieur des quartiers haredi que si elle y applique leurs codes vestimentaires et sociaux.

S’agissant de la vie familiale, les mariages sont arrangés et les mariés souvent très jeunes. Les familles sont nombreuses, sept enfants en moyenne, car avoir un maximum d’enfants constitue l’un des commandements religieux les plus important. La femme haredi doit toujours être sous une autorité masculine : son père avant son mariage, puis son mari. Une fois mariée, tout contact physique avec un homme qui n’est pas son mari lui est interdit et elle ne peut se trouver seule en présence d’un autre homme.

Ainsi, l’ensemble de l’espace social à l’intérieur des quartiers haredi a été aménagé de manière à restreindre au maximum tout contact entre les deux sexes. Dès les années 1980, des passages piétons séparés pour les hommes et les femmes ont été créés, afin d’éviter tout frôlements involontaires aux heures de pointes. En 2007 une quarantaine de lignes de bus ont été créés à Méa shéarim, et dans certaines autres parties de Jérusalem, avec la spécificité d’appliquer une séparation des sexes. Des places assises sont réservées pour les hommes à l’avant du bus, tandis que les femmes doivent se tenir debout à l’arrière. Cette volonté de contrôle social n’est évidemment possible à mettre en œuvre qu’à l’intérieur des quartiers haredi, ce qui explique l’isolement volontaire de la communauté. Aujourd’hui, la surpopulation des quartiers ultra-orthodoxes les pousse parfois à migrer en dehors de leur quartier circonscrit, dans des secteurs historiquement laïcs de Jérusalem. C’est par exemple le cas dans le quartier de Kiryat Yovel, au Sud-Ouest de Jérusalem, où les haredim s’implantent depuis une dizaine d’années. Leur arrivée est souvent source de tension avec le reste de la société car ils tentent d’y imposer leurs exigences vestimentaires et religieuses.

Paradoxalement, et en dépit de leur retour massif à partir de 1948, les haredim portent une aversion profonde à l’égard des courants sionistes et de l’ensemble de leurs achèvements, le plus important d’entre eux étant la création de l’Etat juif. Leur rejet de la modernité politique les empêche de concevoir la prééminence de la démocratie sur le judaïsme. En effet, selon l’idéologie de la communauté ultra-orthodoxe, la Torah est l’unique source de législation et la loi juive, la halakha, est la seule à pouvoir être appliquée. Le refus de l’Etat israélien à reconnaître la suprématie de la loi religieuse sur la loi civile est la première grande incompatibilité entre les haredim et l’Etat. Ils éprouvent, de plus, une aversion particulière pour la démocratie qui fait passer la volonté de la majorité avant la volonté de Dieu.

Par ailleurs, cette hostilité à l’Etat israélien est bien antérieure à sa création et provient d’une incompatibilité entre les valeurs ultra-orthodoxes et les aspirations portées par le mouvement sioniste dès sa création. Selon la thèse des ultra-orthodoxes, Dieu a détruit le royaume d’Israël pour punir les juifs et seul le Messie, revenu sur terre, pourra le recréé. Ils considèrent par ailleurs que la vie en Terre Sainte est possible, à condition de ne pas tenter d’y recréer une nation juive, ce qui serait interprété comme une révolte contre Dieu. Les haredim se réfèrent au commentaire du Cantique des cantiques dans le Talmud de Babylone qui précise qu’Israël ne « forcerait pas la muraille », signifiant qu’ils ne doivent pas tenter de reconquérir Eretz Israël par la force[1]. Dès la création du premier Congrès sioniste, les haredim d’Israël et d’ailleurs étaient donc contre la création d’un Etat pour le peuple juif.

Ils ne reconnaissent ainsi aucune autorité à l’Etat mais sont satisfait de pouvoir appliquer leurs règles dans leurs quartiers cloisonnés. Les plus extrémistes d’entre eux se refusent à aller prier au mur des lamentations, haut lieu de judaïsme, pour manifester leur refus à l’Etat israélien. Ils ne se font pas recenser à l’état civil et beaucoup n’ont pas de papiers d’identité. Ils refusent de payer des impôts et essaient, au maximum, de ne pas recevoir d’argent de l’Etat, bien qu’ils bénéficient tous d’allocations familiales. Ceux qui le peuvent préfèrent recevoir des donations privées, venant majoritairement de d’institutions religieuses de l’étranger. Certains vont même jusqu’à refuser l’électricité pour n’avoir aucun lien avec l’Etat.

Jusqu’en mars 2014, la communauté haredi était à la seule, avec les Arabes israéliens, à pouvoir échapper au service militaire. Dans l’esprit des haredim, le service militaire ne constitue aucun intérêt dans le sens où il est un instrument créé par et pour l’Etat hébreu. De plus, la mixité entre soldat qui y est répandue va à l’encontre des codes sociaux haredi. Or, si cette exemption pouvait être tenable il y a encore 60 ans, lorsque les haredim ne représentaient qu’une part minime de la population, elle est rapidement devenue incompréhensible pour une majorité d’israéliens qui ont exprimé leur colère croissante face aux nombreux privilèges accordés aux ultra-orthodoxes. En 2014, la communauté haredi représentait 10% de la population, soit 700 000 personnes. De plus, dans une société où les années de service militaire constituent un véritable socle de socialisation et d’intégration des valeurs nationalistes, la mise à l’écart des ultra-orthodoxes favorise leur marginalisation au sein de la société. Le 12 mars 2014 la Knesset a voté une loi mettant fin à cette exemption d’ici à 2017, ce qui provoqua la descente dans les rues de plusieurs milliers d’ultra-orthodoxes, dénonçant une « persécution religieuse »[2].

Aujourd’hui, nous distinguons tout de même plusieurs courants de pensée pour appréhender les relations entre la communauté haredi et l’Etat hébreu. Une partie importante d’entre eux rejette toujours radicalement le sionisme et, à l’image de Yishaï Shlissel – l’homme responsable des attaques de la Gay Pride de Jérusalem – ils l’expriment souvent de manière violente. A l’inverse de cet extrême, il existe aussi une minorité de haredi tzioni qui se veut à la fois ultra-orthodoxe et sioniste. Ils endossent les positions les plus extrêmes du sionisme et constituent la base électorale du parti Shass, qui a annoncé en 2010 son ralliement officiel au sionisme. Depuis 1948 la communauté haredi a été progressivement amenée à s’impliquer dans la vie politique israélienne, dans l’objectif de défendre et maintenir ses intérêts, bien qu’elle ne soit pas à priori intéressée pas la vie politique. Agoudat Israel, littéralement « Union d’Israël », fut le premier parti créé par et pour les ultra-orthodoxes, en 1912 en Pologne, et participa dès 1948 aux coalitions gouvernementales du nouvel Etat hébreu, notamment avec le parti travailliste Mapaï. C’est grâce à leurs élus que les étudiants des yeshivot obtiennent par exemple, dès 1950, d’être exemptés de service militaire. Dans toutes les coalitions où ils furent présents, les élus Agoudat Israel ont milité pour obtenir un respect des lois juives, notamment la loi sur l’interdiction de la viande de porc et la loi sur l’avortement, qui complexifie grandement son autorisation (la femme israélienne qui souhaite se faire avorter doit avoir soit moins de 17 ans ou plus de 40 ans et obtenir l’accord d’un comité d’experts médicaux). C’est aussi à eux que l’on doit l’absence de mariage civil en Israël. En 1984, le parti Shass, principalement composé de juifs séfarades récemment arrivés en Israël, fut créé. De leur côté, les ashkénazes ont créé le parti Degel HaTorah en 1988. Malgré les scissions, ces différents partis ultra-orthodoxes unissent leur électorat dans la majorité des scrutins sous le parti de Yahadut HaTorah, littéralement « Judaïsme unifié de la Torah ».

Même lorsque cela rentre dans une logique électorale, les compromis politiques ne sont pas d’actualité au sein des partis haredi. A la vue des dernières coalitions gouvernementales, les représentants politiques des ultra-orthodoxes préfèrent s’allier avec des partis fortement nationalistes et sionistes, dont l’électorat est constitué majoritairement d’orthodoxes, plutôt qu’avec des partis centristes et laïcs. Ainsi, tous les gouvernements formés par Benjamin Netanyahou ont pu compter sur des alliances avec les partis orthodoxes et ultra-orthodoxes.

Cela explique en partie le manque de sévérité de ses gouvernements successifs face aux violences commises par des juifs extrémistes envers la population palestinienne d’Israël et de Cisjordanie. Les colons, qui constituent la base électorale des partis nationalistes et sionistes présents dans toutes les coalitions B. Netanyahou, bénéficient d’un favoritisme national, malgré leur situation d’illégalité, ainsi que d’une certaine impunité face aux délits qu’ils commettent envers la population palestinienne ; ces derniers allant de la simple dégradation des lieux de cultes à l’homicide. Les partis ultra-orthodoxes, qui cohabitent depuis près de vingt ans avec les nationalistes dans les différents gouvernements, ont progressivement réussit leur intégration politique en faisant un grand écart culturel entre leurs valeurs religieuses et nationalisme sioniste de leurs collègues. Un des effets de secondaires de ces alliances gouvernementales entre nationaliste et haredim a été, non seulement, l’accroissement des violences envers les palestiniens – qui sont désormais autant le fait des nationalistes que des ultra-orthodoxes – mais aussi, et surtout, la banalisation – voire l’acceptation – de ses dernières par le pouvoir politique.

Cette passivité semble aujourd’hui se retourner contre l’Etat israélien, qui parait incapable de prévenir les actes de violences des ultra-orthodoxes lorsque ces derniers s’en prennent, non pas aux palestiniens, mais aux citoyens israéliens, comme ce fut le cas à la Gay Pride. Yishaï Shlissel avait déjà été condamné par la justice pour des faits de violence similaire mais le climat d’indulgence politique vis-à-vis des extrémismes nationalistes ne permet pas de dissuader les ultra-orthodoxes d’en faire autant. A force de passivité, l’Etat hébreu est aujourd’hui incapable de prévenir les actes de haine juifs lorsque ceux-ci se retournent contre sa propre société. Cette situation fait partie des nombreuses failles de la société israélienne, qui risquent de mettre en péril la pérennité de l’idéal sioniste à l’origine de cet Etat. En effet, à la base du fondamentalisme religieux des haredim se trouve le refus de l’Etat d’Israël, qu’ils considèrent mécréant. Ce détail ne semblait pas inquiéter les pères fondateurs du pays en 1948, lorsque cette communauté ne représentait qu’une minorité de quelques milliers d’âmes. Aujourd’hui, les ultra-orthodoxes constituent 10% de la société israélienne, soit un israélien sur dix ne reconnaissant pas l’autorité de l’Etat. A cet égard il est toutefois nécessaire de distinguer l’existence de deux fondamentalismes au sein de la société israélienne. Le premier est un fondamentalisme purement religieux, à l’instar des haredim qui expriment leur opposition, parfois violente, principalement à l’égard du caractère  laïc de l’Etat hébreu. Parallèlement à cela, il existe un deuxième fondamentalisme, tout aussi violent dans ses modes d’expressions, qui se trouvent être beaucoup plus politique que religieux. Ces derniers constituent l’un des plus grands freins à toute perspective de paix avec les Palestinien, tandis que les ultra-orthodoxes restent globalement indifférents à la question palestinienne. Au-delà de la solution à deux Etats, qui est géographiquement morte depuis les accords d’Oslo[3], leur attitude violente à l’égard des palestiniens, et les gouvernements successifs qui les cautionnent, rendent aussi impossible toute solution binationale. L’Etat est donc dans une situation délicate tant à l’intérieur de sa société juive que dans ses relations avec les territoires Palestiniens, et ce bien que son gouvernement ne semble pas s’en préoccuper et préfère mettre en avant d’hypothétiques menace extérieures pour feindre un semblant d’union nationale.

[1] http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/les-haredim-une-autre-facette-de-l-107450

[2] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/03/02/a-jerusalem-les-ultra-religieux-manifestent-contre-la-conscription_4376277_3218.html

[3] En 2014, plus de 700 000 colons israéliens étaient recensés dans les territoires Palestiniens, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Les accords d’Oslo avaient partagés la Cisjordanie en trois zones administratives, la zone A entièrement sous autorité palestinienne, la zone B sous administration palestinienne mais sous autorité militaire israélienne, et la zone C entièrement sous administration militaire israélienne. Cette dernière est la zone sur laquelle se sont développées toutes les colonies israéliennes. Elle constitue aujourd’hui près de 40% du territoire cisjordanien, morcelant ainsi l’espace palestinien en une multitude d’îlots interdits d’accès aux civils et aux représentants palestiniens.

 

Portrait of Amel Brahim Djelloul, opera singer – Les Clés du Moyen-Orient – August 14th

Amel Brahim Djelloul is a lyrical singer of Algerian origin. Traditional music is the East that the opera is to the West, despite the singularity of his career decision, it was right to trust his good fortune: today she has indeed sung on the most beautiful scenes in the world (Paris Opera, Berlin, Geneva …) and interpreted the major roles of its Directory.

The contradictions of Indian politics in the Middle East – orientxxi – August 17th

Indian Prime Minister Narendra Modi visits the United Arab Emirates on 16 and 17 August. The Gulf, where many Indian nationals work, is crucial to energy supply in India. And he prepares at the end of the year to visit Israel.

Egypt: anti-terrorism and terrorism, twin brothers (I) – Orientxxi – August 18th

President Abdel Fattah al-Sissi just ratified in August of new laws against terrorism contrary to all principles of justice and criminalizing among other journalists who would challenge the official version of the government. Yet the violent actions had never been so numerous in Egypt. How-terrorism powers against terrorism.

Syria, between evil and despair – Le Monde- August 18th

The carnage perpetrated, Sunday, Aug. 16, in Douma, a suburb of Damascus, by the regime’s aviation is, in many ways, a perfect illustration of the Syrian conflict. This agglomeration of the capital is a bastion of opposition to the regime of Bashar al-Assad since the beginning of the revolution, in March 2011.

 

The UN agency for Palestinian refugees has more money, or nearly – Le Monde – August 21st

Half a million Palestinian children almost did not find the school desks in September. Without sufficient funds to pay its teachers, the United Nations Relief and the UN’s work for Palestine Refugees in the Near East (UNRWA), which manages 700 establishments scattered in refugee camps in the Gaza Strip , the West Bank, Lebanon, Jordan and Syria, seemed resigned earlier this week to postpone the return of at least a month.

 

Portrait de Amel Brahim Djelloul, chanteuse lyrique – Les clés du Moyen-Orient- le 14 août

Amel Brahim Djelloul est une chanteuse lyrique d’origine algérienne. La musique traditionnelle est à l’Orient ce que l’Opéra est à l’Occident, et malgré la singularité de sa décision de carrière, elle a eu raison de faire confiance à sa bonne étoile : aujourd’hui, elle a en effet chanté sur les plus belles scènes du monde (Opéra de Paris, de Berlin, de Genève …) et interprété les rôles majeurs de son Répertoire.

Les contradictions de la politique indienne au Proche-Orient – orientxxi – le 17 août

Le premier ministre indien Narendra Modi se rend aux Émirats arabes unis les 16 et 17 août. La région du Golfe, où travaillent de nombreux ressortissants indiens, est cruciale pour l’approvisionnement énergétique de l’Inde. Et il se prépare, à la fin de l’année, à se rendre en Israël.

Égypte : contre-terrorisme, terrorisme, deux frères jumeaux (I) – Orientxxi – le 18 août

Le président Abdel Fattah Al-Sissi vient d’entériner en ce mois d’août de nouvelles lois contre le terrorisme contraires à tous les principes de justice et criminalisant entre autres les journalistes qui contesteraient la version officielle du gouvernement. Et pourtant, jamais les actions violentes n’ont été aussi nombreuses en Égypte. Comment le contre-terrorisme alimente le terrorisme.

La Syrie, entre perversité et désespoir – Le Monde – le 18 août

Le carnage perpétré, dimanche 16 août, à Douma, dans la banlieue de Damas, par l’aviation du régime, est, à bien des égards, une parfaite illustration du conflit syrien. Cette agglomération de la capitale est un bastion de l’opposition au régime de Bachar Al-Assad depuis le début de la révolution, en mars 2011.

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens n’a plus d’argent, ou presque – Le Monde – le 21 aout

Un demi-million d’enfants palestiniens ont bien failli ne pas retrouver les bancs de l’école au mois de septembre. Faute de fonds suffisants pour payer ses enseignants, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui gère les 700 établissements disséminés dans les camps de réfugiés de la bande de Gaza, de Cisjordanie, du Liban, de Jordanie et de Syrie, semblait résigné en début de semaine à reporter la rentrée d’au moins un mois.

 

Le retour des saveurs de la cuisine ottomane – le 10 août – Middle East Eye

Le houmous sucré du 15ème siècle et de la soupe d’amande de 1539 sont parmi les recettes relancé par un projet de recherche de restaurants en Turquie.

 

La Turquie, sans gouvernement, s’enfonce peu à peu dans la violence – le 11 aout – Le Monde

Pour la première fois en treize ans, la Turquie est confrontée à une recrudescence de la violence dans ses régions du Sud-Est kurdophone et à Istanbul, où des attaques et deux attentats ont entraîné la mort de cinq policiers et celle d’un conscrit, lundi 10 août.

 

La Tunisie en proie au mirage de l’« or noir » – Le 11 aout – Orientxxi

À qui doit aller la rente pétrolière ? À l’État, comme c’est le cas, ou aux régions productrices, comme le réclament leurs habitants et une partie de la classe politique ? Le débat lancé à l’occasion d’une campagne née lors de l’élection présidentielle de décembre 2014 a rebondi au printemps 2015. La réalité est moins engageante : la Tunisie, qui depuis des années ne couvre plus sa consommation énergétique, est devenue un pays importateur de pétrole.

 

« Tel-Aviv sur Seine » : une grille d’analyse périmée – le 12 aout – Le Monde

Un an après la controverse suscitée par l’interdiction de certaines manifestations de solidarité avec la bande de Gaza, la société française se crispe une nouvelle fois sur la question israélo-palestinienne. L’objet de la polémique est la journée « Tel-Aviv sur Seine » organisée jeudi 13 août par la Mairie de Paris, qui consiste à récréer sur les berges de la capitale l’ambiance hédoniste de la cité balnéaire israélienne.

Oman peut-il devenir un acteur clé de la crise syrienne? Le 12 août – Middle East Eye

Après plus de quatre ans de conflit, le Ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Moualem a visité la capitale omanaise, Mascate, sa première visite officielle dans un Etat du Golfe depuis 2011. Il a rencontré le ministre omanais des Affaires étrangères, Yusuf bin Alawi, pour discuter les relations bilatérales et la crise syrienne.

 

La vie au milieu des bombes à sous-munitions israélienne a Liban – le 13 août – Al Jazeera

Une décennie après la guerre, les bombes israéliennes qui n’avaient pas explosé en 2006 continues de tuer des civils libanais.

 

 

Reviving the forgotten flavours of the Ottoman palace kitchen – august 10th – Middle East Eye

Sweet hummus from the 15th century and almond soup from 1539 are among the recipes revived by a restaurant research project in Turkey.

 

Turkey, without government, is sinking gradually into violence – August 11th – Le Monde

For the first time in thirteen years, Turkey is facing a resurgence of violence in its areas of Southeast Kurdish-speaking and Istanbul, where two attacks and bombings have killed five police officers and that of a conscript on Monday, August 10th.

 

Tunisia and the « black gold » mirage – August 11th – Orientxxi

To who should go oil revenues? To the State, as it is the case, or to the producing regions, as their inhabitants and part of the political class would like? The debate was launched during the presidential campaign of December 2014. The reality is less engaging: Tunisia, which for years no longer covers its energy consumption, has become an oil importer.

 

« Tel Aviv sur Seine »: an outdated analysis grid – August 12th – Le Monde

One year after the controversy over banning certain demonstrations of solidarity with the Gaza Strip, the French company winces again on the Israeli-Palestinian issue. The object of the controversy is the day « Tel Aviv sur Seine » hosted Thursday, August 13 by the City of Paris, which is to recreate on the banks of the capital’s hedonistic atmosphere of the Israeli seaside city.

 

Can Oman become a key player in the Syrian crisis? – august 12th – Middle East Eye

After more than four years of the Syrian crisis, Syrian Foreign Minister Walid al-Moualem visited the Omani capital, Muscat, in the first visit of its kind to a Gulf state since 2011. He met with the Omani Foreign Minister Yusuf bin Alawi to discuss bilateral relations and the Syrian crisis.

 

 

La vie au milieu des bombes à sous-munitions israélienne a Liban – le 13 août – Al Jazeera

Une décennie après la guerre, les bombes israéliennes qui n’avaient pas explosé en 2006 continues de tuer des civils libanais.

 

 

Israel has a problem with Jews’ hate crimes – 31 July – Slate

The homophobic attack at the gay pride parade and the fire in the West Bank that killed a 18-month are yet another demonstration. And political power does not do anything.

Ascendant Kurds emerge from Syrian civil war as major power player – August 1st – The Guardian

The Middle East map is being unofficially redrawn as Kurdish forces controls more of the north than Isis and Turkey is under pressure to confront realities.

 

« Iran is one of the best assets of Washington in the fight against Isis » Interview with the American historian Rashid Khalidi – August 3 – Orientxxi

Professor of Arab Studies at Columbia University in New York, the American historian Rashid Khalidi is holder of the chair of Edward Said. Coming from a large family of Jerusalem, he is the editor of the Journal of Palestine Studies and was an adviser to the Palestinian delegation to the Madrid negotiations in 1991. Author of several books, he is also a recognized specialist the Palestinian question and of US policy in the Middle East on which it intervenes defending very critical positions. More than ten years after the blinded empire, the United States and the Middle East (translated and published in 2004 by Actes Sud), he recently published Brokers of Deceit: How the US HAS Undermined peace in the Middle East (Boston Beacon Press, 2013, not yet translated into French).

ANALYSIS: After liberation of Aden, will Yemen’s south secede? – August 6th – Middle East Eye

After the liberation of Yemen’s southern port city of Aden from the grip of the Houthi militia, backed by reengaged forces loyal to former President Ali Abdullah Saleh, the question of secession by the country’s south has resurfaced.

 

The hidden agenda of a television series on Egyptian Jews – August 7 – Orientxxi

Schedule a series « special Ramadan » devoted to the Jews was an especially big gamble. In Egypt, the channel Mehwar Drama held it. Before its release, and throughout the month, controversy swelled on the topics and the way they were. The problem: There are many historical errors, the fights are depoliticized and the current propaganda against the Muslim Brotherhood and relayed Palestinians. Analysis of this series whose episodes are available on YouTube.

 

 

Israël a un problème avec les crimes de haine juifs – le 31 juillet – Slate

L’attaque homophobe lors de la gay pride et l’incendie en Cisjordanie qui a tué un bébé de 18 mois en sont l’énième démonstration. Et le pouvoir politique ne veut rien y faire.

 

Les Kurdes sortent de la guerre civile syrienne comme un nouvelles acteur majeur de la puissance – le 1er Août – The Guardian

La carte du Moyen-Orient se redessine officieusement, alors que les forces kurdes contrôlent plus de terrain au nord que l’EI, et la Turquie est sous pression pour affronter les réalités.

 

« L’Iran est l’un des meilleurs atouts de Washington pour lutter contre l’OEI » Entretien avec l’historien américain Rashid Khalidi – le 3 aout – Orientxxi

Professeur d’études arabes à l’université Columbia de New York, l’historien américain Rashid Khalidi y est titulaire de la chaire d’Edward Saïd. Issu d’une grande famille de Jérusalem, il est le rédacteur en chef du Journal of Palestine Studies et fut l’un des conseillers de la délégation palestinienne aux négociations de Madrid en 1991. Auteur de plusieurs ouvrages, il est également un spécialiste reconnu de la question palestinienne et de la politique américaine au Proche-Orient sur laquelle il intervient en défendant des positions très critiques. Plus de dix ans après L’empire aveuglé, les États-Unis et le Moyen-Orient (traduit et publié en 2004 chez Actes Sud), il a récemment publié Brokers of Deceit : How the US has undermined peace in the Middle East (Boston, Beacon Press, 2013, pas encore traduit en français).

 

ANALYSE: Après la libération d’Aden, le sud du Yémen fera-t-il sécession? – le 6 Août – Middle East Eye

Après la libération du sud de la ville portuaire d’Aden au Yémen de l’emprise de la milice Houthi, soutenue par des forces loyales à l’ancien rengagé président Ali Abdallah Saleh, la question de la sécession par le sud du pays, a refait surface.

Les intentions cachées d’une série télévisée sur les juifs égyptiens – le 7 aout – Orientxxi

Programmer une série « spécial ramadan » consacrée aux juifs était un pari particulièrement audacieux. En Égypte, la chaîne Mehwar Drama l’a tenu. Avant sa diffusion, et tout au long du mois, des polémiques ont enflé sur les sujets abordés et la façon dont ils l’étaient. Le problème : les erreurs historiques sont multiples, les combats sont dépolitisés et la propagande actuelle contre les Frères musulmans et les Palestiniens relayée. Analyse de cette série dont les épisodes sont disponibles sur YouTube.