28/11/2016

‘Ashura : La commémoration du martyr de Hussein ibn Ali, petit fils de Muhammad, le prophète de l’islam au sein des communautés chiites à Bruxelles.

‘Ashura : La commémoration du martyr de Hussein ibn Ali, petit fils de Muhammad, le prophète de l’islam au sein des communautés chiites à Bruxelles.

Ben Aissa Ikram, Doctorante au sein de la  Faculté Philosophie et Sciences Sociales à l’ULB

L’un des événements annuels les plus importants au sein des communautés chiites et ce, depuis au moins le 10 e siècle[1], se nomme en arabe ‘Ashura , plus souvent énoncé comme la commémoration du martyr de Hussein, petit fils de Muhammad et le troisième imam infaillible pour les chiites. Cet épisode donne lieu pendant dix nuits (au moins) à des commémorations et ce, dans les différents centres et mosquées chiites. Si plusieurs chapitres d’ouvrages scientifiques à ce sujet ont été développés pour des pays comme l’Iran ou le Liban, je pense notamment aux ouvrages de Sabrina Mervin[2] ou encore celui de Geneviève  Gobillot[3], il s’avère que ce phénomène social n’a pas vraiment été étudié en territoire francophone et européen. Aussi, l’objectif de ce texte sera de découvrir les pratiques de l’événement de ‘Ashura au sein de plusieurs réunions chiites à Bruxelles par le biais de mes observations participantes principalement. (méthodologie en annexe)

Définition du terme Ashura :

Le terme ‘Ashoura est défini comme le « Nom d’une fête ou (d’une) célébration religieuse prenant place le 10 du mois lunaire de muharram (un des mois du calendrier musulman) et revêtant une signification différente en milieu musulman sunnite ou chiite ».[4]

Le mois de Muharram est comme le nom l’indique, un mois sacré pour tous les musulmans, il débute le lendemain du nouvel an hégirien. En effet, selon la tradition islamique, en l’an 622, la première année du calendrier musulman, Muhammad ainsi que les mekkois de confession musulmane quittent la Mekke après 12 ans de difficulté et de menace envers leur personne, pour aller vivre à Médine. Toujours selon l’histoire de la tradition islamique, certains médinois se convertissent à l’islam avant de rencontrer le nouveau prophète et ces derniers invitent Muhammad ainsi que les musulmans à venir en terre « monothéiste ». Cette rencontre entre les nouveaux convertis et Muhammad se serait faite entre la Mekke et Médine, à un endroit nommé ‘Aqaba. Un événement important, puisqu’il s’agit d’un nouveau départ pour cette jeune communauté de croyants. Cependant, cet aspect-là de l’histoire de l’islam n’est pas la seule chose qui se passe durant cette période qui deviendra dorénavant le nouvel an musulman. Non, un autre événement qui se passe aux environs de 680 mais durant cette période du nouvel an musulman, a retenu l’attention d’une partie de la communauté musulmane, des chiites principalement.

Bruxelles : des chiismes plutôt duodécimains.

Pour rappel, l’islam possède plusieurs courants musulmans, les deux principaux sont : le sunnisme (majoritaire) et le chiisme (minoritaire). Ces deux principaux courants ne sont évidemment pas homogènes, ils possèdent à l’intérieur de leur branche, d’autres mouvements de pensées et qui en fonction, donneront de l’importance ou non à certains événements. Aussi, concernant le phénomène de ‘Ashura au sein des communautés chiites, il est important de souligner que la tendance majoritaire dans le chiisme est le chiisme duodécimain[5], les ismaéliens mais aussi les alévis et les alaouites restent des branches secondaires du chiisme. Les communautés chiites à Bruxelles sont de tendance majoritairement duodécimaine et ce, peu importe les origines des fidèles. Cette affirmation s’explique par l’influence considérable de la révolution iranienne de 1979 et du modèle Jafarite[6] qu’intègre le système de la République Islamique d’Iran mais aussi, un clerc influençant considérablement les communautés chiites à Bruxelles, duodécimain également, en Irak cette fois, à savoir, l’Ayatollah Sistani. Enfin, si appartenir à la vision duodécimaine est certain, il n’empêche que les musulmans chiites ne suivent pas forcément le même clerc ou n’adhèrent pas forcément au système des clercs (cette dernière tendance est minoritaire mais elle existe tout de même). Notons également que si l’islam chiite duodécimain est identifié par une hiérarchie religieuse, il n’y a pas réellement de suivi quant à la pratique de ces derniers et donc du respect des recommandations des clergés. Ainsi, le fait d’adhérer à un clerc reste d’ordre volontaire.[7]

En milieu chiite, ‘Ashura : deuil et commémoration

Durant cette période, les chiites se préparent à commémorer pendant dix jours et plus particulièrement durant les nuits de ces dix premiers jours du mois de Muharram, le fameux massacre de Karbala[8].  De quoi s’agit-il ? Selon la tradition chiite, en l’an 680, Hussein ibn Ali, le petit-fils du prophète Muhammad, sa famille (femmes et enfants compris) ainsi que certains compagnons, se dirigent vers la ville de Kufa,[9] afin de se rallier aux habitants de cette ville contre le pouvoir, non légitime, selon eux, du calife Yazid 1er. Pour se faire, il traverse le désert de Karbala où ils seront pris en otage à cet endroit par les soldats du calife en place, Yazid 1er, fils de Mu’awiya. Ce dernier est celui qui introduira la notion de dynastie en islam et plus particulièrement celle de la première dynastie musulmane, la dynastie Omeyyade (661-750)[10]. Il s’avère que ni Hussein, ni ses compagnons et selon la tradition chiite, ni l’un de ses enfants en bas âge, ‘Abdallah, ne sortiront de ce désert vivant. Les femmes et les enfants et l’un des fils de Hussein[11], malade à l’époque, s’en sortiront vivants mais humiliés. Le discours de la sœur de Hussein, Zaineb  qui est évoqué lors des rassemblements chiites et dans des ouvrages ou films[12] devant le calife en place, est également un récit important, mettant en avant le courage de la femme à dénoncer l’injustice et indirectement son rôle également dans la société. L’un des célèbres textes expliquant les raisons de la lutte de Hussein vis-à-vis du pouvoir en place met en avant ceci : « Hussein ibn Ali dit : « Je ne me suis pas soulevé de gaîté de cœur ni par arrogance ni dans l’intention de semer la corruption ni de commettre l’injustice. Je me suis soulevé pour demander la réforme de la communauté de mon grand-père (le Prophète Mohamed), pour ordonner le bien et interdire le mal. » »[13] Notons qu’historiquement, le décès de Hussein n’est pas remis en question, ce sont surtout les récits développés au sein des communautés chiites qui restent de références provenant des traditions chiites.

Le sens donné au martyr de Hussein[14] :

Dans plusieurs sermons et prêches durant et après les dix premiers jours du mois de Muhharram, il est question de se rappeler le sens du martyr de Hussein. Il est à noter que les discours sur lesquels je m’appui viennent de deux années d’observation participante aux commémorations au sein notamment de la Fondation Ahl ul Beit à Molenbeek mais également au sein de la mosquée Reda à Anderlecht. Les sermons sont souvent en langue arabe ou perse puisque les représentants religieux sont souvent des étrangers qui viennent périodiquement parler dans ces centres et mosquée. Les origines des personnes qui fréquentent ces endroits sont multiples : marocaine, libanaise, afghane et iranienne principalement. Il ne sera donc pas question dans ce texte, de parler pour les centres chiites pakistanais, guinéens et irakiens[15].

 Plusieurs slogans font d’ailleurs l’éloge de cet événement, des phrases qui deviennent alors très connues souvent en arabe sont inscrites sur des tissus noirs qui décorent notamment les murs à l’intérieur des centres et mosquées. Deux slogans qui reviennent souvent sont : « Ya laitana kunna ma’akum », « Haihat mina zhilla [16]».  Les discours des intervenants représentent Hussein comme le symbole de la justice mais il est aussi le symbole de la bonne éducation et du bon comportement auxquels doivent s’inspirer les croyants chiites qui suivent  Hussein et plus généralement les Ahl ul beit, la famille du prophète Muhammad. Un autre slogan fort connu qui exprime cette idée de vivre au quotidien cette volonté de justice et du bon comportement et ce peu importe où nous nous trouvons est une phrase que l’on attribue à l’ayatollah Khomeiny est qui dit ceci : « Chaque jour est ‘Ashura et chaque endroit est Karbala ». Ces discours ne sont pas uniquement véhiculés par des imams, ils sont également organisés dans le cadre de majlis[17] par des groupes de femmes par exemple et qui se retrouvent afin d’aborder ces thématiques. Notons que c’est une femme qui intervient pour parler de ces sujets au sein des réunions entre femmes et ces réunions n’ont pas forcément lieu dans les mosquées mais également au sein de certaines maisons des fidèles.  Une de ces réunions a notamment eu lieu avec une soixantaine de femmes (jeunes et moins jeunes) en octobre 2016 lors de la semaine de Toussaint, durant les vacances scolaires. Ce choix est justifié par l’organisatrice par le fait qu’il est plus facile de consacrer du temps à ces commémorations lorsque les fidèles ne sont pas à l’école ou au travail. Cette justification pose la question des périodes de vacances qui ne correspondent pas toujours aux commémorations et périodes sacrées des communautés chiites.

Le majlis en arabe qui signifie une réunion religieuse est un peu l’équivalent iranien que l’on appelle les rowzés, Geneviève Gobillot le définit comme suit : ce « sont des réunions dans un lieu saint, dans un espace public ou encore dans une maison privée durant lesquelles un religieux prêche et souvent chante sa prédication ou des poèmes pieux. On appelle rowzé la lecture des textes traitant de la fin tragique des premiers Imâms ainsi que l’action de commémorer leur martyre. Les lecteurs et chanteurs portent le nom de rowzé-khân. Il s’agit d’improvisateurs dont certains ont fait de sérieuses études théologiques aussi bien que musicales et qui doivent posséder une voix au timbre chaleureux et aux accents convaincants. Ils exercent une influence notable sur les fidèles »[18].

Bien que cette culture des rowzés soient également présente dans les centres et mosquées chiites à Bruxelles, il est à noter qu’elle n’est pas forcément une culture connue de tous et notamment des marocains d’obédience chiite. Aussi, certaines pratiques provenant certainement de la culture persane vont s’infiltrer dans ce courant chiite et s’imposer en tradition chiite. Dans d’autres cas, comme au centre Imam Reda, les rowzés ont également eu une version francophone puisqu’elles sont souvent formulées en arabe. Depuis ces dernières années, des traductions ont lieu pour les croyants qui ne comprennent pas l’arabe ou le persan. Ainsi, les traductions sont souvent une demande des jeunes qui sont francophones de parents chiites. Les demandes de traductions d’ouvrages de prières notamment sont aussi une demande d’un public chiite francophone. Plusieurs ouvrages chiites sont ainsi disponibles en langue française et proviennent souvent de maisons d’édition libanaise.

Concrètement que se passe-t-il ?

Nous l’avons compris, les dix jours qui succèdent au nouvel an du calendrier hégirien et qui entament le mois de Muharram sont pour les croyants chiites  une période de recueillement et de méditation par rapport à l’histoire de Hussein ibn ‘Ali, ses compagnons ainsi que les femmes et les enfants présents. Il est à noter que si durant dix nuits, il y a au sein des communautés chiites des commémorations, tout ce qui se passe, se réalise en fait, le jour même de ‘Achoura. L’idée d’étaler les différents événements qui se seraient passés s’exprime par le fait qu’il y a une volonté d’offrir une nuit à une figure martyre de cette commémoration ainsi que des leçons à en tirer.

Concrètement, plusieurs éléments restent communs aux différents centres et mosquées chiites : la lecture du Coran, la prière commune, la lecture d’un texte intégrant l’ouvrage  « Les Clés du Paradis » du haditologue ‘Abbas Qummi et qui s’appelle « Ziyarât ‘Achoura[19] », l’histoire d’un des martyrs, les chants deuil et enfin, le repas.

La ziyarat ‘Achoura [20]:

Ce texte constitue une forme d’allégeance à Hussein. Il s’agit pour le lecteur de parler directement à Hussein afin de reconnaître l’injustice commise en l’an 680, le jour de ‘Achoura. Cela va plus loin qu’une confirmation d’allégeance et de reconnaissance, il est question aussi de demander à Dieu justice contre ceux qui sont à l’origine de cet assassinat, les noms sont également cités. Le texte est écrit en arabe mais plusieurs éditions ont traduit l’ouvrage, notamment en persan et en français. La formulation du texte a donné lieu à des récitations orales en arabe, la langue originale du texte,[21] ces récitations en chanson également[22]sont accessibles via internet.

Quels moyens de communication entre les croyants chiites ? :

Les moyens de communications sont multiples : par le biais du centre ou de la mosquée fréquenté(e) par le fidèle mais aussi, par SMS ou par mail et enfin, comme pour le centre Reda à Anderlecht, il est possible de suivre les commémorations de deuil via leur chaîne Youtube[23]« Imam Reda »[24]. Il est important de souligner qu’un autre centre, en France, travaille via les réseaux sociaux et notamment Youtube depuis plusieurs années, c’est le  Centre  Zahra à Montreuil[25].

Phénomène social :

Les fidèles se réunissent, souvent en fin de journée afin de commémorer l’événement de ‘Ashura. Pluieurs organisateurs hommes et femmes sont déjà présents sur place afin d‘accueillir les fidèles, mais aussi afin de s’occuper du bon déroulement de la soirée. Une fois la prière et la lecture de la ziyarat effectuées, le récit de l’épisode de la figure tombée en martyr est souvent formulé avec un lien contemporain sur la manière dont le fidèle devrait agir en s’inspirant de ces martyrs. Le fidèles arrivent parfois en retard et ne sont donc pas toujours présent au tout début. C’est que ces rassemblements sont religieusement considérés comme importants. Ensuite, les chants religieux terminent la soirée avant le repas. Ces chants évoquent avec tristesse la situation développée dans le discours et parfois, ces chants sont considérés négativement par les fidèles qui ne sont pas habitués à les entendre, il est question pour eux de manque d’authenticité.  Les femmes ne sont pas absentes durant ces chants de tristesse, en réalité, elles accompagnent également en tapant légèrement sur leur poitrine. Le battement qui se fait au même moment tant chez les hommes que chez les femmes donne l’impression d’un battement de cœur. Les lumières sont d’ailleurs éteintes à ce moment-là afin que chacun puisse se recueillir dans une ambiance particulière de commémoration. Néanmoins, dans d’autres lieux, ces les lumières allumées, en cercle, que les hommes et les femmes, qui sont séparés, se frappent la poitrine. Il est à noter que si cette culture de se frapper sur la poitrine est connue du public iranien, afghan, pakistanais ou encore irakien, il n’empêche que pour les personnes d’origine marocaine par exemple, cette pratique n’est pas une tradition connue, cela peut s’expliquer par le fait que beaucoup de ces fidèles d’origine marocaine se sont convertis à un moment donnée au chiisme et souvent après la révolution iranienne de 1979.

A Bruxelles, il n’existe pas de processions[26], avant le repas qui achève la soirée de commémoration et durant les chants tristes, ceux qui le souhaitent, se lèvent et se frappe la poitrine avec parfois des cris de « Ya  Hussein », « Ya ‘Abbas » ou encore « Ya Mahdi. » [27] Cette pratique de se frapper la poitrine nommée « latmiyât » a une importance selon les mosquées et les groupes qui s’y trouvent.

Les femmes sont donc bien présentes puisqu’elles réalisent le suivi durant toute la soirée, ce sont par contre les hommes qui se chargent de préparer le repas souvent sur place, les distributions de nourriture se font en collaboration avec les hommes et les femmes. Parfois, les jeunes et les enfants sont mobilisés pour effectuer une lecture du Coran ou pour réciter un poème faisant l’éloge des martyrs. Plus que cela, lors de la nuit qui commémore la mort du fils de Hussein, un bébé qui se voit transpercer d’une flèche d’un soldat de Yazid 1er selon la tradition chiite, les familles sont invitées à ramener cette nuit-là les enfants et les bébés afin de se rappeler ensemble ce martyr.

Décor des pièces et des murs des centres et mosquées :

L’événement de ‘Ashura s’invite sur les murs des centres et mosquées chiites à Bruxelles mais également au sein des maisons des fidèles chiites en affichant des drapeaux de couleur noir et souvent avec des calligraphies et des dessins rappelant le martyr de Hussein. Les inscriptions sont souvent en arabe et parfois en persan. Les principaux slogans qu’on y trouve sont : « Ya Hussein : Shahîd Karbala », « Labbayka Ya Hussein », « Ya Zeinab », « Ya ‘Abbas », « Ya  Aba ‘Abdillah[28] ». Les couleurs utilisés sont souvent du rouge vif qui évoque le sang coulé à cette période. Le dessin du cheval blanc de Hussein entaché du sang de ce dernier est également une image qui revient, parfois (voir ci-dessous) un rassemblement de femmes et d’enfants qui pleurent la perte de Hussein autour du cheval est dessiné. Les fidèles sont majoritairement vêtus de noir afin de se considérer en deuil. Notons que ces décorations ne seront pas retirées après les dix jours de Muharram car 40 jours plus tard, il y a ce que l’on appelle en arabe « arba’een » et où l’on se commémore à nouveau le martyr de Hussein. Dans la tradition islamique, les 40 jours sont une symbolique de souvenir après le décès d’un mort, d’un proche en l’occurrence.

Il m’a semblé intéressant d’évoquer le sens de ‘Ashura en territoire sunnite. En effet, la vision de ce jour est bien différente de celle des communautés chiites. Bien que le sunnisme soit multiple, trois éléments peuvent rassembler la notion de ‘Ashura au sein du premier courant islamique.

image-hussein-karbala

hussein-karbala-2

En milieu sunnite ‘Ashura : jeûne, festivités et partage 

Le jeûne :

La tradition de jeûner durant cette journée de ‘Achoura, est justifiée dans plusieurs traditions islamiques sunnites, mentionnons celle-ci : « Il est particulièrement recommandé de jeûner le dixième jour de Mouharram : le jour de ‘Ashoura. En effet, le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « le jeûne de ‘Ashoura fait absoudre les péchés de l’an passé » (rapporté par Mouslim) [29]»

Plus que cela, cette journée fait également allusion à une tradition juive : «C’est (le jour de ’Achoura) un jour béni. C’est le jour au cours duquel Dieu sauva les enfants d’Israël de leur ennemi, raison pour laquelle Moïse le jeûna [30]».  Muhammad aurait alors rajouté que le prophète Moise est un prophète pour les musulmans également et que ces traditions n’entraient pas en opposition avec les traditions islamiques, bien au contraire.

Festivités et partage :

Dans plusieurs pays où la religion majoritaire est l’islam, des célébrations ont lieu durant cette période, notamment au Maroc. Le port de vêtements nouveaux, un repas copieux (sucré pour certains) ou encore l’offre de cadeaux pour les enfants prouvent que la journée de ‘Achoura reste un bon souvenir pour les personnes qui la célèbrent. Quelle est la signification réelle de ce jour ? Il y a certainement un lien entre la tradition juive évoquée plus haut mais aussi le fameux départ des musulmans en 622 de la Mekke vers Médine. Un départ important puisque les difficultés et les menaces envers cette communauté par les polythéistes de la Mekke cessent afin d’apporter un lieu où les musulmans pourront vivre librement leur foi.

En conclusion,

Le jour de ‘Achoura est un événement qui depuis le 10e siècle au moins a créé des tensions et une séparation entre les musulmans majoritairement sunnites et la minorité chiite.[31] Ainsi, si pour les sunnites la célébration nécessite notamment jeûne, préparation de repas, de confiseries et offrandes, pour les chiites, « certains portent des vêtements noirs durant ces deux mois, d’autres se contentent de les arborer les jours mêmes du deuil. On évite les fêtes joyeuses, comme les mariages, durant cette période. Les jours même du deuil, on s’abstient de consommer confiseries et fruits secs, aliments qui rappellent les fêtes joyeuses. [32] » Ainsi, cet événement qui se réalise chaque année représente une certaine cassure entre les deux principaux courants de l’islam.

 

Annexes

Annexes et méthodologie

Bibliographies :

  1. J&D., SOURDEL, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, Paris, 2007.
  2. , GOBILLOT, Les Chiites, Brepols, Belgique, 1998.
  3. BOSTANI, A., Le martyre de l’Imam Hussein, édition BAA, Beyrouth, 2012
  4. Havre du Savoir, http://havredesavoir.fr/la-verite-sur-le-jeune-du-jour-de-ashoura/
  5. Observations participantes au sein des centres, des mosquées et des foyers chiites à Bruxelles.

[1] SOURDEL, J&D., Dictionnaire historique de l’islam, PUF, p.29

[2] MERVIN, S., Les mondes chiites et l’Iran, IFpo, Beyrouth, 2007.

[3] GOBILLOT, G., Les Chiites, Ed., Brepols, Belgique, 1998.

[4] SOURDEL, J1D., Dictionnaire historique de l’islam, PUF, p.29

[5] Ces fidèles chiites croient en la lignée de douze imams considérés comme infaillibles, le dernier étant en occultation et appelé le Mahdi.

[6] Ce terme est une autre manière de parler des chiites duodécimains, il s’agit de l’école Jafarite, qui fait allusion au nom d’un des douze imams.

[7] Notons également qu’une personne qui souhaite devenir chiite peut le faire sans passer par une quelconque autorité, il n’y a pas un rituel spécifique à respecter, exception faite de reconnaître la wilaya de ‘Ali, le fait que ‘Ali est bien le successeur légitime de Muhammad et choisi par Dieu.

[8] Une ville en Irak actuellement mais qui était un désert lors des événements commémorés.

[9] Ville en Irak également.

[10] SOURDEL, J&D., Dictionnaire historique de l’islam, p.460

[11] Il deviendra un des imams infaillibles, à savoir l’imam Zein el ‘Abdine, le fameux « Sajjad » celui qui se prosterne. Il est également –toujours selon la tradition chiite- l’auteur de célèbres invocations, encore utilisés actuellement par les chiites et ces textes intègrent une des parties de l’ouvrage, Les Clés du Paradis, de Abbas Qummi.

[12] Exemple d’animation en lien avec ‘Ashura : https://www.youtube.com/watch?v=S2bzqcNlVPM, discours en chant de Zaineb : https://www.youtube.com/watch?v=dtBF493QKiM

[13] BOSTANI, A., Le martyr de l’Imam Hussein, édition BAA, Beyrouth, 2012.

[14] Notes prises dans le cadre de mes différentes présences aux prêches pendant les périodes de commémoration au sein des communautés chiites de Bruxelles de 2014 à 2016.

[15] Ces centres sont des minorités au sein des communautés chiites. Il n’en existe pas beaucoup contrairement aux centres et mosquées chiites d’origine marocaine et iranienne.

[16] « Ah, si seulement nous étions avec vous », « Loin de nous l’humiliation ! ».

[17] Des réunions religieuses.

[18]  GOBILLOT, G., Les Chiites, éditions Brepols, P.114-115

[19] Visite de ‘Achoura.

[20] Texte en question : http://www.duas.org/ashura/z_ashura.htm

[21] https://www.youtube.com/watch?v=28-YI7mZltc : Lecture de la « Ziarat ‘Ashura » en arabe.

[22] https://www.youtube.com/watch?v=tstSVP-wHyY: Chant de la « Ziarat ‘Ashura » en arabe.

[23] https://www.youtube.com/user/centreimamreda : chaîne Youtube du centre Imam Reda.

[24] Reda fait allusion au huitième imam chiite des chiites duodécimains.

[25] https://www.youtube.com/user/centrezahra

[26] Néanmoins, cette année à Anvers, un rassemblement en l’honneur de Hussein s’est réalisé, le samedi 19/11/2016 à partir de 18h par un centre chiite d’Anvers.

[27] « Oh Hussein », « O Abbas » (fait allusion au frère de Hussein d’une mère diifférente), « Oh Mahdi » (fait allusion au douzième imam chiite occulté).

[28] « O Hussein : O martyr de Karbala », « Nous répondons à ton appel O Hussein », « O Zeinab », « O ‘Abbas », « O père de Abdallah ».

[29]http://havredesavoir.fr,  http://havredesavoir.fr/la-verite-sur-le-jeune-du-jour-de-ashoura/ : site consulté le 4/10/15

[30] Idem.

[31] SOURDEL, J&D., Dictionnaire historique de l’islam, Puf, p.30

[32] GOBILLOT, G., Les  Chiites, Brepols, p. 184