28/11/2016

Annexes

Annexes

  • La partie Empirique :

L’objectif de cette partie est multiple :

  1. Connaître la communauté chiite de Belgique par le biais d’entretiens.
  2. Soumettre un questionnaire aux différentes mosquées et centres chiites à propos des tendances chiites auxquelles les croyants se sentent appartenir mais aussi à propos de l’ouvrage étudié, à savoir le Mafatih Al-Jinan.
  3. Observations participantes aux différents évènements et occasions en lien avec le calendrier chiite et lors desquels la communauté chiite organise et se rassemble durant ces moments spirituels.

Comme évoqué plus haut, l’utilisation de ces différentes méthodes vont me permettre d’avoir plus d’informations sur la communauté chiite de Belgique sur laquelle il n’y a pas beaucoup de recherches. Concernant le questionnaire (voir en annexe), il permettra d’avoir un échantillon de ce que les chiites pensent de cet ouvrage et ce par le biais de plusieurs questions, mais aussi, de connaître les différentes tendances et origines sur le territoire belge et plus particulièrement bruxellois. Enfin, la troisième partie, qui a été effectuée tout au long de l’année, et ce durant les évènements religieux chiites, a pour objectif d’avoir un aperçu concret du phénomène social qu’est la prière de demande (invocation), mais aussi les autres actes qui se font avant et après la réalisation de ces invocations. La présence dans ces lieux chiites permettra également des échanges avec la communauté chiite, les entretiens avec les fidèles et les responsables de ces lieux. Enfin, la soumission des questionnaires aura lieu également dans ces endroits mais nous comptons transmettre ce questionnaire et obtenir des entretiens dans d’autres contextes et endroits, mais toujours par le biais d’autres personnes de confession chiite ou qui sont en contact avec la communauté chiite.

 

2.2.1  L’analyse qualitative :

Nous souhaitons réaliser une analyse qualitative au sein de ces différents lieux. Une analyse qualitative nous a semblé être la méthode la plus adaptée puisqu’il s’agit de rencontrer les croyants d’obédience chiite et de leur demander la représentation qu’ils ont du livre étudié par le biais de questionnaires mais aussi d’entretiens. Ainsi, toute étude qui se prévaut d’un caractère scientifique se doit de comporter un cadre théorique. Aussi, pour effectuer notre analyse, nous avons décidé de nous appuyer sur la théorie des représentations sociales. Nous tenterons de justifier le choix pour lequel nous avons opté en lui apportant un cadre définitionnel.

  1. Durkheim fut le premier à utiliser les représentations, plus particulièrement les représentations collectives. C’est d’ailleurs de son travail qu’est né le concept de représentations sociales et le théoricien Moscovici a repris des acquis durkheimiens. Plusieurs auteurs ont étudié ce sujet, notamment dans le domaine de la psychologie sociale Muchielli et Jodelet sont les deux principaux auteurs. Denise Jodelet, définit les représentations sociales comme une « forme de connaissance courante, dite « de sens commun », caractérisée par les propriétés suivantes : 1. elle est socialement élaborée et partagée ; 2. elle a une visée pratique d’organisation, de maîtrise de l’environnement (matériel, social, idéel) et d’orientation des conduites et communications ; 3. elle concourt à l’établissement d’une vision de la réalité commune à un ensemble social (groupe, classe, etc.) ou culture donné. »
  2. Flament a également abordé ce cadre théorique qu’il définit comme suit : « les représentations sociales sont un ensemble organisé de cognitions relatives à un objet, partagées par les membres d’une population homogène par rapport à cet objet ».[1]

Aussi, le sociologue Abric proposa  une théorie au sein de la notion de représentation sociale en 1976. Cette théorie inspirée par Moscovici s’intitule : « la théorie du noyau central. » D’après ce modèle, une représentation sociale s’organise autour d’un noyau central, ce noyau étant un composant fondamental qui détermine la signification et l’organisation de la représentation.  Abric ajoute que ce noyau est « consensuel et collectivement partagé ».  Il est caractérisé par une cohérence et une stabilité afin qu’il puisse résister à des changements. Il est la conséquence des déterminismes historiques, symboliques et sociaux et structure les pensées relatives à l’objet.

Alors que d’autres éléments, dits « périphériques » sont par leur caractéristique instables et moins « prégnants » dans la représentation sociale. Ces éléments s’organisent autour du noyau central. Ce système périphérique, permet, d’une certaine manière, « l’adaptation de la représentation à des contextes sociaux variés ».

  1. Flament utilise l’image du « pare-chocs » pour expliquer que le système périphérique « absorbe les conflits entre la représentation et la réalité »[2].

Moscovici propose trois dimensions liées aux représentations sociales : l’attitude, l’information et le champ de représentation. Selon lui, l’attitude permettrait d’exprimer « des dispositions favorables ou défavorables de l’individu et du groupe envers l’objet de la représentation.», alors que l’information « renvoie à la somme et à l’organisation des connaissances sur l’objet de la représentation ». Il ajoute que ces informations peuvent être nombreuses, stéréotypées, etc. Enfin, le champ de représentation est l’ensemble d’informations organisées et structurées par rapport à un objet

Abric propose quatre fonctions principales aux représentations sociales : une fonction de savoir, celle-ci sert aux individus et permet de comprendre et d’expliquer la réalité. La deuxième fonction est la fonction identitaire, puisque les représentations sociales permettent de définir l’identité sociale de chaque individu et de préserver la spécificité des groupes sociaux. La fonction d’orientation permettra au sujet « d’anticiper, de produire des attentes mais également de se fixer ce qu’il est possible de faire dans un contexte social particulier ». Enfin, la quatrième fonction, nommée fonction justificatrice servira à justifier nos choix et attitudes. Par là, elles jouent un rôle essentiel dans le maintien ou le renforcement des positions sociales.

Les représentations sociales ont dans notre recherche un caractère religieux dans le sens où nous utilisons ce cadre théorique pour comprendre certains comportements et croyances d’un groupe d’individus spécifique. Les représentations sociales sont ici des représentations collectives puisque c’est avec des entretiens individuels, semi-directif et des questionnaires que notre travail de terrain et nos sources ont été menées, sans oublier une observation participante. La représentation collective est constituée de « deux types fondamentaux de phénomènes religieux, les croyances et les rites, un imaginaire fait de mythe et de légendes, et des modes d’action spécifiques. »

2.2.2 Les concepts de références

Nous avons choisis deux concepts qui permettront de réaliser notre travail de recherche au mieux, le concept de la perception sociale et celui des stéréotypes. Le choix de ces concepts s’explique par un cadre théorique des représentations sociales. Nous commencerons par définir chacun de ces concepts.

2.2.2.1 La perception sociale « est la représentation que l’on se fait des gens et de leur environnement social et jugement que l’on porte sur eux.[3] »

La théorie de l’effet de Halo met en exergue les distorsions dans la perception d’autrui. Un exemple qui permet de comprendre cette « formation d’impressions sur autrui [4]» a été proposée par Brunswick. Dans son étude, il présente à des sujets des dessins représentant des visages. Les dessins sont différents par leurs caractéristiques morphologiques comme l’écartement des yeux ou la longueur du nez. Les résultats de cette étude nous prouvent que les sujets ont une impression identique. Brunswick en déduit que cette impression identique vient des différentes caractéristiques morphologiques proposées sur les dessins[5].

Bruner et Tagiuri proposent, quant à eux, des théories implicites de personnalités : pour ces deux auteurs la cohérence aux observations et aux informations de la personne en question est due à des « connaissances préalables de la personnalité d’autrui » : c’est ce que l’on appelle les théories implicites de personnalités. C’est une « croyance générale à propos de la fréquence d’un trait, à propos de sa variabilité et de sa liaison avec d’autres traits [6]».

Ce concept va nous être d’une grande utilité puisqu’il s’agit d’analyser ce qu’un groupe d’étudiantes a comme représentation de la pratique des invocations.

2.2.2.2. Les stéréotypes sont définis comme des « croyances généralement partagées relatives aux caractéristiques personnelles, souvent des traits de personnalité mais aussi des comportements possédés par des individus en raison de leur appartenance à un groupe social »[7]

Lippman exprime la notion de stéréotypes de cette manière : propos de certaines catégories de personnes, des images simplificatrices et généralisantes qui produisent des distorsions de jugement et qui s’accompagnent de sentiments plus ou moins négatifs vis à vis de leur objet et qui sont susceptibles d’influencer notre comportement. Il prend comme exemple celui des étrangers.[8]

2.2.3 Connaître la communauté chiite de Belgique par le biais d’entretiens.

Force est de constater qu’il n’existe à ce moment que fort peu d’éléments sur la communauté chiite en Belgique, nous ajouterons des entretiens nous permettant d’en savoir un peu plus sur leur histoire mais nous utiliserons également l’outil des entretiens lorsque nous aurons à rencontrer certains responsables religieux dans le cadre de la partie théorique de cette recherche mais aussi pour la partie empirique.

2.2.3.1 L’aspect d’origine : Les entretiens auront pour objectif de rencontrer les différents groupes de la communauté chiite, qui sont répartis en fonction de la nationalité d’origine. Nous pouvons répertorier les différentes nationalités où une communauté chiite est présente sur Bruxelles comme suit : Maroc, Iran, Liban, Irak, Afghan, Pakistan, Guinée, Autres (nous utilisons le terme « autre » afin que nous puissions y intégrer des minorités lors de notre rencontre avec les fidèles chiites d’autres origines).

2.2.3.2 L’aspect générationnel : Un autre élément à intégrer lors de ces entretiens et l’élément générationnel, qui en fonction de l’interlocuteur, changera forcément en fonction de si la personne est née en Belgique, si elle parle français, etc. Le fait d’être première ou deuxième ou même troisième génération aura certainement un impact quant à la manière dont le croyant va s’accaparer le phénomène spirituel, et dans ce cadre, en fonction de l’origine, l’histoire est différente…

2.2.3.3 Le lieu des entretiens : Divers mais sur Bruxelles.

2.2.3.4 Méthode utilisée lors des entretiens : Questions ouvertes et fermées.

2.2.3.5 Le nombre d’entretien : Le nombre d’entretien est illimité puisque nous nous investissons dans un milieu peu connu du monde la recherche mais surtout, il s’agira de les réaliser au sein des différentes nationalités de la communauté chiite de Bruxelles. Cependant, nous souhaitons avoir au moins 150 questionnaires afin d’avoir un échantillon représentatif.

2.2.3.6 Soumettre un questionnaire : aux différentes mosquées et centres chiites à propos des tendances chiites auxquelles les croyants se sentent appartenir mais aussi à propos de l’ouvrage étudié, à savoir le Mafatih Al-Jinan.

2.2.3.6.1 Les raisons des questions posées :

Chaque question posée a pour objectif de répondre à notre question de départ qui est : « Quel est  la place et l’impact du livre Les clés du paradis sur les rapports à Dieu et aux Imams des croyants chiites ? ». Pour ce faire, le questionnaire peut être divisé en trois parties. La première partie a pour objectif de savoir qui est la personne qui répond à ces questions, il ne s’agit pas de connaître la personne en tant que telle, mais bien de quel genre est-elle, son âge, ses origines, si la personne est belge, quelle est sa langue maternelle etc. Ensuite, il s’agira d’évaluer les connaissances de la personne à propos de l’ouvrage étudié. Les questions posées porteront sur le contenu de l’ouvrage et manière dont la personne connaît ou ne connaît pas le livre de Abbas Qummi. Enfin, la dernière partie consistera à savoir si la pratique des invocations est pour la personne questionnée un exercice qu’elle réalise, et si oui, durant quelle(s) période(s), dans quel(s) lieu(x) etc.

Pour le questionnaire : la tranche d’âge sera assez large, de 15 ans à 60 ans voire plus. Il s’agira de réaliser un questionnaire avec des questions fermées et ouvertes, permettant d’avoir des informations subjectives, propre à chaque croyant d’obédience chiite afin qu’il puisse exprimer ce qu’il souhaite mais aussi nous fournir des informations précises sur les différentes caractéristiques de cette minorité musulmane vivant à Bruxelles plus précisément, les chiites étant majoritairement présent dans la capitale au regard des différents instituts existant sur Bruxelles.

L’objectif du recueil de ces informations sera d’analyser ces données, d’observer notamment si il y a relation entre l’objectif de l’ouvrage en question et l’utilisation qu’en font les croyants chiites. Plus clairement, après avoir recueilli toutes les données, nous essayerons d’analyser le lien entre la première partie de notre recherche et la partie empirique. Enfin il s’agira toujours d’apporter des réflexions dans cette idée de répondre à notre question principale qui est « Quels sont la place et l’impact du livre Les clés du paradis sur les rapports à Dieu et aux Imams des croyants chiites. » Puis, nous terminerons par une conclusion de cette première recherche sur l’ouvrage en question mais aussi, sur les invocations au sein de la communauté chiite de Belgique à Bruxelles.

2.2.3.6.2 Le questionnaire :

Questionnaire dans le cadre d’une recherche à l’ULB sur « Les invocations dans la tradition chiite, minorité musulmane. Illustration avec le livre intitulé « Mafâtih al Jinân», « Les clés du paradis » de Abbas Qummi. »

  1. Sexe : F / M
  2.  Âge :
  3. Origine :
  4. Avez-vous la nationalité belge ? : oui/non
  5. Quelle est votre langue maternelle ? ………………………………………………………
  6. Êtes-vous de confession musulmane ? oui/non
  7. Êtes-vous d’obédience chiite ?

Si non, de quelle obédience êtes-vous ? : …………………………………………

  1. Si vous vous considérez comme chiite, de quelle tendance vous identifiez-vous ?
  1. Duodécimain 
  2. Ismaélien
  3. Alaouite
  4. Yazidite
  5. Druze
  6. Autre ? : ……………………………

 

  1. Connaissez-vous le livre de Abbas Qummi intitulé le « Mafâtih al Jinân», « Les clés du paradis » ?

Oui – Non

Si oui : de quelle manière l’avez-vous connu ? : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

  1. Avez-vous l’habitude d’utiliser cet ouvrage ?

Oui – Non

Si oui : Durant des moments de la journée, de la semaine ou des périodes en particuliers ?

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

  1. Est-ce que la prière de demande (du’a) est une pratique importante pour vous ?

Oui – Non

Dans les deux cas, justifier votre réponse : …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

  1. Il existe plusieurs invocations qui sont récitées quotidiennement, sur celles proposées ci-dessous, lesquelles vous touchent le plus ?
  1. Du’a al-Wihda
  2. Du’a al-Faraj
  3. Du’a At-Tawassul
  4. Du’a Kumayl
  5. Du’a an-nudba
  6. Du’a jawch al-Kabir
  7. Autres :……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Et à propos des ziarats ? (Textes qui rendent visite aux Imams)

  1. Ziarat ‘Achoura
  2. Ziarat du prophète Muhammad
  3.  Ziarat de l’Imam Rezza
  4. Ziarat de l’Imam Mahdi
  5. Ziarat de l’Imam Ali
  6. Ziarat de Fatima Autres :……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

 

  1. En quelle langue lisez-vous ces textes ? ………………………………………………
  2. A quel(s) endroit(s) effectuez-vous l’acte des invocations ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
  3. Le livre de Abbas Qummi est-il important pour votre spiritualité ?

Oui  – Non

Dans les deux cas, veuillez argumentez : ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

  1. Si vous êtes disposé à effectuer un entretien dans le cadre de cette même recherche, n’hésitez pas à indiquer votre adresse email ou numéro de contact : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Merci !

 

 

                                              

Méthodologie dans le cadre des entretiens :

Il est question ici d’évoquer la manière dont les entretiens vont se réaliser. Il s’agira de rencontrer les personnes chiites qui souhaitent parler de leur histoire avec cette spiritualité mais il y aura également une question en lien avec la question des invocations et de l‘ouvrage étudié. L’idéal serait de rencontrer quelques personnes des différentes origines évoquées plus haut tout en laissant ouverte la possibilité de recevoir des personnes d’autres nationalités. Les questions seront complètement ouvertes : l’idée est de permettre à la personne de raconter son histoire et ses représentations et ses croyances. Il sera évidemment demandé si l’enregistrement des entretiens ne pose pas problème. Les lieux de rencontre seront évoqués dans le travail de recherche.

 

2.2.3.6.3 Observation participante aux différents évènements et occasions en lien avec le calendrier chiite et où la communauté chiite de Belgique notamment, organise et se rassemble lors de ces moments spirituels.

Nous souhaitons nous investir dans les différentes mosquées et centres à Bruxelles car en Belgique, nous sommes en face de différents lieux religieux organisés en fonction de la nationalité et de l’origine des personnes. Cet élément est extrêmement important à relever puisque cela prouve que l’aspect linguistique sera un motif à prendre en compte lors de la rédaction de notre questionnaire. En effet, la communauté est d’origines diverses et les langues sont multiples (persan, urdu, dari, arabe, francophone…). C’est pourquoi nous avons décidé d’écrire notre questionnaire en plusieurs langues : en français, en anglais, en arabe et enfin en persan. Cela permettra de recevoir beaucoup plus d’informations à ce sujet mais aussi, de permettre aux personnes concernées de pouvoir s’exprimer clairement en fonction de la langue qu’elles maîtrisent le plus

 

[1] https://sociologies.revues.org/993 (consulté le 15/12/15)

[2] http://www.psychoweb.fr/index2.php?option=com_content&do_pdf=1&id=131 (consulté le 15/12/15)

[3]http://www.scienceshumaines.com/la-perception-une-lecture-du-monde_fr_21020.html

[4]http://www.scienceshumaines.com/la-perception-une-lecture-du-monde_fr_21020.html

[5]http://alex.g.pagesperso-orange.fr/psycho/d2/perception.htm

[6]http://alex.g.pagesperso-orange.fr/psycho/d2/perception.htm

[7]Klein, O. et Pohl, S; 2006. Psychologies des stéréotypes et des préjuges. Editions Labor, p. 11.

[8]http://www.psychoweb.fr/articles/psychologie-sociale/123-stereotypes-definition-et-caracterist.html