06/12/2016

L’élection de Trump: une bénédiction pour les Gardiens de la Révolution et pour les radicaux en Iran ?

par Chloé de Radzitzky

Les Gardiens de la Révolution (IRGC) est une institution militaire issue de la Révolution Islamique établie par Khomeini en 1979. Son mandat initial était de protéger les accomplissements de la Révolution. L’organisation  répond à l’autorité du Leader Suprême, et est considérée comme un allié fort de la faction radicale Iranienne. Cette alliance entre les factions conservatrices et cette milice paramilitaire trouve son origine dans la congruence de leurs croyances idéologiques et de leurs intérêts économiques. Les relations entre l’Iran et les USA se sont compliquées après la révolution ; et l’IRGC a toujours été ouvertement opposé l’Occident. L’élection de Rouhani en 2013 symbolisait le retour d’une faction plus réformiste après la présidence d’Ahmadinejad. Sa position plus ouverte à l’égard de l’Occident (avec par exemple la signature de l’accord nucléaire) a affecté les intérêts de l’IRGC. L’avènement de l’administration Trump et de ses positions fortes à l’égard de l’Iran pourrait être bénéfique aux radicaux et à leurs fidèles alliés. Cela pourrait en effet indirectement les aider à revenir au pouvoir en 2017. Le futur président américain a en effet déclaré pour être enclin « à résister à l’Iran »[1]. Il a également affirmé que sa première priorité devrait  démanteler l’accord sur le nucléaire.

L’élection de Donald Trump et sa position vis-à-vis de l’Iran pourraient profiter aux radicaux. Cette faction politique est caractérisée selon un engagement à la conception de Khomeini de la relation de l’Iran avec le monde Occidental, particulièrement avec les Etats-Unis. L’adoption de cette vieille rhétorique de l’Iran, s’écarte « du rameau d’olivier »[2] proposé par Obama. Cela conforte la position des radicaux en ce qui concerne leur vision de ce que devrait être la politique étrangère du pays envers Washington. Depuis le début de son mandat, Rouhani a essayé de limiter le pouvoir que l’IRGC avait gagné pendant la présidence d’Ahmadinejad. Le retour d’un leader radical pourrait leur permettre d’accroitre leur pouvoir politique et économique.

 

L’IRGC n’est pas seulement une milice paramilitaire, c’est aussi un complexe économique.  L’arrivée de Donald Trump ainsi que ses déclarations d’intention d’annuler l’accord nucléaire va probablement affecter les intérêts économiques de ce groupe. L’IRGC a commencé l’expansion de son pouvoir économique pendant la période de reconstruction (après la guerre avec l’Irak). L’IRGC controlait alors le complexe Al-Anbi Khatam, qui comprend un mélange d’entreprises impliquées dans l’agriculture, l’enseignement, l’industrie, le transport, l’importation…[3] Leurs loyauté envers le Leader était largement récompenser par l’obtention de projets pilotés par l’Etat. Ce pouvoir économique s’est étendu sous Ahmadinejad. L’avenir de l’accord nucléaire iranien est susceptible d’affecter le pouvoir économique de l’organisation. L’IRGC s’est rallié le Khameni pour ce que la préoccupation l’accord nucléaire, prenant leurs distances de l’intransigeant place à ce sujet.

L’avenir de l’accord nucléaire iranien est susceptible d’affecter le pouvoir économique de l’organisation. L’IRGC s’est rallié le Khameni pour ce que la préoccupation l’accord nucléaire, prenant leurs distances de l’intransigeant place à ce sujet. Ils ont fait si en partie parce qu’ils avaient un avantage économique ce faisant, en partie parce que leur fidélité va chez le Leader Suprême. Mais si la signature de l’accord pouvait bénéficier à l’IRGC en attirant le contacteur étranger et promouvant la croissance économique, son annulation protègerait le groupe de toute concurrence étrangère. Karim Sadjadpour de la Dotation Carnegie pour la Paix Internationale à Washington a en effet déclaré : « l’IGRC n’est pas un monolithe. Certains se sentent menacés par un accord qui pourrait ouvrir l’économie iranienne et les forcer à rivaliser avec des entreprises internationales majeures »[4]. L’avortement de l’accord pourrait aussi contribuer pour discréditer Rouhani en soulignant l’échec de son programme économique, basé sur l’arrêt de l’isolationnisme économique de l’Iran.

Pour conclure, l’IRGC est un acteur puissant en Iran, qui est impliqué dans ce que l’Ouest considère comme l’opération terroriste. L’organisation est loyale envers le Leader Suprême et a tendance à partager les opinions des factions politiques plus radicales. La relation entre l’Iran et les USA s’est détendue pendant le mandat de Rouhani, une fois qu’une faction plus pragmatique  est revenue au pouvoir après la présidence d’Ahmadinejad. Cependant, il est possible la donne change maintenant que Donald Trump a (presque) pris le contrôle de la Maison Blanche. Les factions politiques plus modérées risque d’apparaitre comme naïves pour pour avoir coopéré avec les Etats-Unis. Cela risque de profiter aux radicaux et à l’IRGC. Un haut fonctionnaire a d’ailleurs dit, « l’IRGC utilisera la victoire de Trump pour convaincre les dirigeants cléricaux de leur donner le soutien plus politique et économique. C’est ce qu’ils ont espéré puisque l’accord a été atteint, »[5].

[1] http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2016/11/trump-play-hands-iranian-hardliners-161124115749230.html

[2] http://www.reuters.com/article/us-iran-politics-guards-idUSKBN13G1NB

[3] Wehrey, F., Green, J.D., Nichiporuk, B., Nader, A., Hansell, L., Nafisi, R., Bohandy, S.R.,

  1. The Rise of the Pasdaran [WWW Document].

[4] http://www.reuters.com/article/us-iran-nuclear-economy-insight-idUSKCN0PG1XV20150706

[5] http://www.reuters.com/article/us-iran-politics-guards-idUSKBN13G1NB