FFS (Front des Forces Socialistes)

Le FFS, parti politique algérien créé en 1963, a été interdit jusqu’en 1990. Son fondateur, Hocine Aït Ahmed est un dirigeant historique de la lutte de libération nationale qui, dès l’indépendance en 1962, s’est opposé au système du parti unique. Arrêté, condamné à mort puis gracié, il a vécu en exil jusqu’en décembre 1989. Il a quitté l’Algérie fin 1992 pour des raisons de sécurité.

Participant pour la première fois à des législatives, le FFS a été consacré lors des élections de décembre 1991 troisième formation politique du pays – derrière le FIS et le FLN, l’ancien parti unique – et premier parti dans les régions berbères. Son succès, relatif, s’explique en partie par sa revendication d’une société algérienne multilingue où le berbère et le français seraient reconnus aux côtés de l’arabe. (Voir Berbères)

Condamnant vigoureusement l’interruption du processus électoral en janvier 1992 et la mise sur pied d’institutions contrôlées par l’armée, le FFS a toujours réclamé le rétablissement du processus démocratique (il défend le principe de la proportionnalité du scrutin afin de ramener le FIS à ses véritables proportions électorales).

Malgré ses convictions profondément laïques, le FFS est favorable au dialogue avec l’aile modérée du FIS. Réuni à Sant’Egidio en janvier 1995 avec les principaux partis d’opposition (dont le FIS), il est co-signataire d’un document, le « Contrat national », qui condamne la violence comme mode d’action politique, réclame de véritables négotiations avec le pouvoir, la mise en place d’institutions ouvertes à l’opposition avant la tenue d’élections et le rétablissement du FIS. Hocine Aït-Ahmed est également une des personnalités qui a lancé en novembre 1996 l' »Appel pour la paix » – lettre ouverte demandant l’arrêt de toutes les violences et dénoncant la politique autoritaire du gouvernement – qui a recueilli jusqu’à présent plusieurs milliers de signatures.

Le FFS a rejeté la révision constitutionnelle de novembre 1996. Il est en outre directement concerné par la loi sur les partis politiques de février 1997 qui s’appuye sur la nouvelle constitution. Cette loi proscrit l’utilisation par les partis des « composantes de l’identité nationale » – Islam, Arabité, Berberité -, interdit aux partis d’être affiliés à des organisations internationales (le FFS est membre de l’Internationale Socialiste) et d’entretenir des rapports avec des mouvements associatifs (qui sont la base du FFS). En dépit de ces restrictions, le FFS a participé aux élections législatives du 5 juin 1997 où il a recueilli 4,8% des voix.

Hocine Aït Ahmed est un des sept candidats autorisés par le Conseil Constitutionnel à participer aux élections présidentielles du 15 avril 1999..

Partisan de la participation de l’ensemble de la société civile (partis politiques, mouvements associatifs, syndicats, intellectuels,…) pour le redressement de l’Algérie, le FFS apparaît comme le chef de file de l’opposition laïque en Algérie.