GIA (Groupe Islamique Armé)

Les Groupes Islamiques Armés, la plus radicale et la plus violente des organisations algériennes se réclamant de l’islamisme intégriste, ont vu le jour quelques mois avant les élections législatives algériennes de décembre 1991. Partisans de la lutte armée pour établir une république islamique, ils ont, après l’interruption du processus électoral en janvier 1992, déclaré une guerre totale au gouvernement. Opposés à toute trêve ou dialogue avec le pouvoir, les GIA ont également revendiqué la plupart des assassinats d’intellectuels, de journalistes, de militants politiques opposés à ses vues et d’étrangers en Algérie. Les GIA se sont également rendus très régulièrement responsable de massacres de civils anonymes.

Il est difficile de déterminer précisément la structure et les effectifs des GIA (estimés à environ une dizaine de milliers d’hommes) tant ils sont composés d’une multitude de groupes plus ou moins autonomes, contrôlés par autant d' »émirs » (même s’il existe un commandement unique). Tout comme pour le FIS, il y a une fracture à l’intérieur des GIA entre « salafistes » – qui parlent en terme de révolution islamique mondiale -, et les « djazaristes » – qui recherchent le pouvoir en Algérie.

Les GIA recrutent surtout parmi les anciens volontaires algériens formés à la guerilla dans les maquis d’Afghanistan (voir Afghans), d’autres qui ont combattu en Bosnie, ainsi que parmi les jeunes des classes sociales les plus défavorisées. De nombreux membres du FIS dissout ont rejoint ses rangs et il est établi que des gangs locaux de petits trafiquants et de contrebandiers sont mêlés à ses activités. Une grande partie de ses membres seraient d’origine kabyle.

Mêmes si leurs objectifs sont identiques et leurs méthodes quasiment similaires, les relations entre les GIA et l’Armée Islamique du Salut (l’AIS, la branche armée du FIS) sont faites d’inimitiés personnelles entre chefs et de rivalités régionalistes. L’AIS a plusieurs fois condamné certaines actions sanglantes du GIA. D’un autre côté, un rapprochement avec l’aile modérée du FIS semble exclue: les responsables du FIS partisans du dialogue avec le pouvoir ont été « condamnés à mort » par les GIA.

Certains observateurs affirment que le régime militaire algérien aurait entretenu la violence des GIA et l’aurait admise dans une certaine mesure afin de légitimer son propre usage de la répression. D’autres parlent de l’implication directe de certains services de sécurité algériens dans l’escalade de la violence. De même, il est question d’alliance objective entre la guérilla islamique et certains milieux corrompus, comme « la mafia politico-financière » (dont beaucoup d’anciens du FLN, l’ancien parti unique), à propos des meurtres d’intellectuels qui ont osé dénoncer la corruption qui gangrène la société algérienne.

Les GIA semblent avoir été largement marginalisés suite aux initiatives prises en 1997 par le Président Abdelaziz Boutéflika.