Gama’at Al-Islamiyya (« Associations islamiques »)

Organisations politiques islamistes égyptiennes qui se sont constituées autour des universités et des mosquées entre 1970 et 1980. Elles sont passées dans la clandestinité après la signature des Accords de Camp David en 1979. La nébuleuse des Gama’at Islamiyya est devenue progressivement la principale organisation de lutte armée contre le gouvernement avec lequel elle s’est lancée dans une épreuve de force depuis 1991. Leur but ultime consiste à renverser le régime en place pour instaurer un Etat islamique.

Assiout, en Haute Egypte, est le fief historique du mouvement dont une partie des chefs militaires seraient issus de la guérilla afghane (voir « Afghans »). Le chef spirituel des Gama’at Islamiyya est le Sheikh Omar Abdel Rahmane, condamné à perpetuité aux Etats-Unis, en janvier 1996, suite à l’attentat du World Trade Center à New York.

Au fil des ans, la campagne gouvernementale de répression des islamistes (entre 10 et 20.000 islamistes seraient en prison) a eu pour conséquence l’incarcération ou la mort de nombre des chefs militaires et cadres intellectuels des Gama’at Islamiyya, ce qui a entrainé le rajeunissement et la radicalisation constants de ses militants qui se retrouvent fréquemment livrés à eux-même.

Contrairement aux Frères Musulmans qui condamnent régulièrement leurs actions, les Gama’at Islamiyya ont recours à la violence comme principale arme politique.

Elles ont lancé en mars 1992 une campagne prenant pour cibles les hauts fonctionnaires de l’Etat, les forces de l’ordre, les coptes (chrétiens d’Egypte) ainsi que les touristes. Les Gama’at ont également mené des actions à l’étranger comme l’attaque à la bombe contre l’ambassade égyptienne d’Islamabad en novembre 1995 (17 morts) ou la tentative d’assassinat du Président Moubarak à Addis-Adeba en juin 1995. Leurs attaques contre les touristes ont débuté en octobre 1992 avec le meurtre d’une Britannique. Cette campagne anti-touristes s’est progressivement durcie, avec la fusillade d’un groupe de touristes grecs en avril 1996 (18 morts) et a culminé avec le massacre de Louxor, provoquant la mort de 67 personnes dont 57 touristes étrangers, le 17 novembre 1997. Le leadership des Gama’at ne revendique pas officiellement ce massacre, en attribuant la responsabilité à leurs membres « jeunes et inexpérimentés ».

Le leadership des Gama’at Islamiyya a lancé le 5 juillet un appel à la trêve: les Gama’at renonceraient aux attaques terroristes si l’Etat mettait fin à la répression et s’engageait sur la voie du dialogue avec les islamistes. Reste à savoir dans quelle mesure le leadership des Gama’at (et des autres mouvements) maintient le contrôle sur leurs militants fanatiques…