IRAK, système politique

La fonction du Parlement en Irak pendant la période baasiste précédant la chute du régime de Saddam Hussein (avril 2003) était purement symbolique dès lors que tout le pouvoir était concentré dans les mains du Conseil de commandement de la révolution (CCR) et en particulier dans celles de son président, Saddam Hussein.

Les 250 membres de l’Assemblée Nationale (unicamérale) étaient élus pour quatre ans à la majorité absolue dans 59 districts électoraux. 30 sièges étaient assignés aux provinces du nord, peuplées en majorité de Kurdes. Ces 30 deputés étaient toutefois choisis par le gouvernement central. Cependant, les provinces de Soulaymaniyah, Erbil et Dohuk n’étaient de toute façon plus sous l’autorité centrale de Bagdad depuis la guerre du Golfe en 1991, bénéficiant d’une large autonomie bicéphale avec un Parlement régional basé à Erbil.

Le parti Baas (Parti Socialiste Arabe de la Renaissance) était le seul parti autorisé en Irak (il est aujourd’hui interdit). Lors des dernières élections, tenues le 27 mars 2000, seuls les membres du Front national progressiste, basé sur le parti Baas, et les indépendants supportant le mouvement baasiste étaient autorisés à y participer. Ces élections étaient les deuxièmes depuis la guerre du Golfe en 1991. Le dernier président de l’Assemblée nationale irakienne était Saadoun Hammadi.

Les femmes ont acquis le droit de vote et celui d’être élues en 1980. Dans l’Assemblée précédente, les députés femmes, au nombre de 18, representaient 7.2% du total des membres de l’Assemblée.

Exécutif

Le Président était « élu » pour une période de sept ans. Saddam Hussein était Président depuis 1979. Le 15 octobre 2002, il a remporté 100% des suffrages lors d’un référendum visant à prolonger son mandat de Président de la République. Il cumuleait les fonctions de Premier Ministre, Maréchal, Président du CCR, Chef Suprême des Forces Armées et Secrétaire Général du Parti Baas.

L’Irak actuel ne dispose pas de Parlement élu. Un Conseil de gouvernement transitoire (25 membres), a été mis en place sous la houlette de l’administrateur civil américain Paul Bremer. Il se distingue par une présidence tournante de neuf de ses membres (5 chiites, 2 sunnites et 2 kurdes). Le Conseil de gouvernement transitoire irakien a nommé, le 1er septembre 2003, les 25 ministres qui formeront le premier cabinet de l’après-Saddam Hussein. La représentation confessionnelle et ethnique au sein de ce cabinet est identique à celle qui prévaut au sein du Conseil de gouvernement transitoire. Treize ministres sont des Arabes chiites, cinq des Arabes sunnites, cinq des Kurdes, un est chrétien et un turcoman.

Parmi les principaux ministères, les Affaires étrangères ont été confiées au Kurde Hoshyar Zebari, porte-parole du Parti démocratique du Kurdistan (PDK de Massoud Barzani), les Finances au sunnite Kamal al-Gailani, le Pétrole au chiite Ibrahim Mohammad Bahr al-Ouloum et l’Intérieur au chiite Nouri Badrane.