L’Irak après les élections législatives du 15 décembre 2005

Il aura fallu 36 jours pour officialiser les résultats des élections du 15 décembre 2005. Ce délai pour le moins inhabituel est nécessaire pour que les résultats ne soient plus contestés et que l’équilibre des voix soit maintenu.

Le 20 janvier 2006, la Commission électorale indépendante irakienne, annonce les résultats des élections. Globalement, ce sont les partis politiques chiites qui en sortent gagnants. Cependant, ceux-ci ne disposent pas d’une majorité absolue. Sur un total de 275 sièges que compte le Parlement, les chiites  en obtiennent 128 et les kurdes 53. Le Front irakien de la Concorde des Sunnites arrive en  troisième position avec 44 sièges, suivie par la liste laïque al- Iraqiya dirigée par l’ancien Premier ministre irakien Iyad Alloui  avec 25 sièges et le Front du dialogue national avec 11 sièges.

Les Chiites et les Kurdes, qui auraient du avoir la majorité  absolue pour pouvoir former un gouvernement, réunissent 181 sièges. C’est à dire trois sièges de moins que les deux tiers nécessaires pour la prise d’un certain nombre de décisions dont l’élection du chef de l’Etat et de ses deux adjoints, et surtout la révision de la Constitution.

Les débats et négociations consécutifs aux élections portent sur la révision de la Constitution ainsi que sur la formation du gouvernement. Or, l’unité du pays reste fragile car les trois communautés s’opposent sur bien des sujets : la nature du pouvoir (les sunnites veulent limiter sévèrement le fédéralisme et le pouvoir des régions), la répartition des richesses (il faut savoir que les régions sunnites sont les seules qui ne disposent pas de pétrole), l’importance du facteur religieux, les relations avec l’Iran.

Entre le 1er et le 5 janvier, des attentats-suicides et des attaques armées sont perpétrés. Le 22 février, le dynamitage de la Mosquée d’or de Samarra, l’un des quatre lieux saints les plus vénérés des chiites irakiens se trouvent dans un village sunnite, donne lieu à d’intenses représailles contre des mosquées sunnites à travers le pays, malgré les appels au calme des dignitaires religieux des deux principaux courants de l’islam en Irak. Cet événement provoque immédiatement une vive montée de violence communautaire dans le pays avec une alternance entre représailles chiites et ripostes sunnites. Ces tensions font craindre un basculement de l’Irak dans une guerre civile..