Ashkenazes

Le mot « ashkénaze » provient du mot hébreu antique Ashknaz désignant à l’origine les Scythes (un peuple turc de la Mer Noire) et repris par les Juifs d’Europe centrale pour désigner l' »Allemagne ». Par extension, il désigne l’ensemble des communautés juives d’Europe centrale et orientale, majoritairement de langue Yiddish (une langue germanique mêlée d’hébraïsmes et de slavismes).

La communauté ashkénaze se distingue sur le plan de la langue et des rites religieux de la communauté sépharade d’Espagne, du Portugal et des pays musulmans d’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Bien que la majorité des Juifs exterminés pendant l’Holocauste fussent ashkénazes, on estime que plus de 80% des 12 millions de Juifs vivant aujourd’hui de par le monde (essentiellement aux Etats-Unis et en France) sont d’origine ashkénaze.

Le mouvement sioniste est né en Europe orientale, centre de gravité du monde ashkénaze, et ceux-ci constituaient plus des trois-quart de la population juive d’Israël lors de la proclamation de l’Etat en 1948. La proportion d’Ashkénazes est descendue en dessous des 50% du fait de l’immigration de Juifs sépharade (Maghreb et Asie mineure) et orientaux (Irak, Yemen et Syrie) à partir des pays arabes mais est redevenue majoritaire grâce à l’immigration massive de Juifs d’Union Soviétique et d’autres pays d’Europe de l’Est dans les années 80.

Jusqu’en 1977, la politique israélienne était dominée par le Parti travailliste à majorité ashkénaze et fer de lance du mouvement sioniste à ses origines. Mécontente de trente années de domination travailliste et des conditions sociales dans lesquelles ils étaient maintenus, de plus en plus de Juifs sépharades et orientaux votèrent pour le Likoud, ce qui aboutit en 1977 à la défaite historique du Parti travailliste de Ytzhak Rabin et à la formation du premier gouvernement de droite d’Israël, sous la direction de Menahem Begin. Depuis lors, malgré des retours épisodiques au pouvoir (sous Yitzhak Rabin en 1992 et Ehoud Barak en 1999), le Parti travailliste et sa base sociale ashkénaze sont engagés dans un profond processus de déclin politique au profit des partis religieux, de droite et orientaux.