Israël – Jordanie : traité de paix

Le 26 octobre 1994, Israël et la Jordanie ont signé un traité de paix à leur frontière, dans la valée de l’Arava, au nord d’Aqaba. La Jordanie devenait ainsi le second pays arabe à conclure officiellement la paix avec Israël (après l’Egypte en 1979).

Ce traité est le résultat de plusieurs développements:

L’abandon le 31 juillet 1988, pendant l’Intifada, de toute revendication du roi Hussein sur la Cisjordanie.

La conférence pour la Paix au Moyen-Orient qui a débuté le 30 octobre à 1991 à Madrid et les négociations bilatérales entre Israël et la Jordanie dans le cadre de cette conférence.

La signature de la Déclaration de Principes le 13 septembre 1994 entre Israël et l’OLP. La Déclaration a été négociée en dehors du cadre de la conférence de Madrid et a donné l’opportunité à la Jordanie de négocier seule avec Israël (sans qu’un consensus arabe soit nécessaire).

Le 14 septembre 1994, un jour après la signature officielle de la Déclaration de Principes à Washington, la Jordanie et Israël se mettent d’accord sur un agenda qui ouvre la voie au traité de paix signé le 26 octobre.

D’après ce traité de paix, la Jordanie retrouvait sa souveraineté nominale sur tous les territoires occupés par Israël comme Baquara et Al-Ghamr, un territoire de 344 km² occupé par Israël entre 1968 et 1970. Mais en fait, ceux-ci restent entre les mains d’Israël: les Israéliens vivant dans les territoires susmentionnés ont le droit de l’utiliser pendant 25 ans. La Jordanie a aussi obtenu la reconnaissance par Israël d’un « rôle historique particulier » de la Jordanie à Jérusalem (la décision du roi Hussein en 1998 de se désengager légalement et administrativement de la Cisjordanie en faveur de l’OLP n’incluait pas les biens islamiques waqfs ni les Lieux Saints à Jérusalem).

D’autres articles dans le traité prévoient l’établissement de relations diplomatiques, l’ouverture des frontières, le retour des droits sur l’eau et d’une coopération économique. La délicate question des réfugiés palestiniens de 1948 (la majorité de la population jordanienne est palestinienne) a été postposée jusqu’aux négociations sur le statut final entre Israël et l’OLP. La question du retour des « personnes déplacées » palestiniennes, les Palestiniens qui ont fui en Jordanie durant la guerre de 1967, a été défférée à une commission quadripartite (Israël, OLP, Jordanie, Egypte).

En accord avec le traité de paix, la Jordanie et Israël ont échangé des ambassadeurs en novembre 1994. Les postes frontières ont été ouverts et des centaines de touristes israéliens ont visité la Jordanie. La compagnie nationale jordanienne a également obtenu exceptionnellement le droit de survol du territoire israélien pour ses vols en provenance de l’Europe, ce qui lui permet de raccourcir ceux-ci de plus d’une heure par rapport aux autres compagnies allant à Amman.

Plusieurs traités additionnels ont été signé (sur la transport, l’aviation civile, la science, la culture, les communications,…). Il n’y a eu aucun progrès au sujet du retour des « personnes déplacées ».

Depuis le déclenchement de la nouvelle Intifada en octobre 2000 et depuis l’accession au pouvoir d’Ariel Sharon, les relations israélo-jordaniennes se sont fortement refroidies, à cause du gel du processus de paix israélo-palestinien et à cause d’une angoisse très ancienne, due au fait qu’Ariel Sharon considère encore la Jordanie comme un « Etat palestinien » dont la majorité palestinienne (des réfugiés) devraient constituer les dirigeants. Cette vision du conflit ne fait pas l’affaire non plus des dirigeants de l’OLP.