Kadima

Kadima, qui en hébreux signifie “En avant”, est le nom choisi par l’ancien Premier Ministre Ariel Sharon pour baptiser son nouveau parti politique. En quittant le parti de droite Likoud pour fonder son propre parti, Sharon a opté pour une politique plus centriste articulée autour d’une régularisation des rapports israélo-palestiniens.

Des dissensions au sein du Likoud

En 2005, la mise en oeuvre du plan d’Ariel Sharon qui a pour objectif de retirer les colonies israéliennes de la Bande de Gaza, génère des divisions au sein du Likoud et dans la société israélienne. Ainsi, bien que la popularité du Premier ministre augmente au sein de la population israélienne, de sérieuses tensions naissent entre lui et d’autres membres du Likoud. A commencer par Benjamin Netanyahu, son ministre des finances et principal rival à l’intérieur du parti.

Parallèlement à ces dissensions, d’autres événements viennent accélérer le retrait de Sharon du Likoud et la création de son nouveau parti. Par exemple, le fait que les ministres travaillistes démissionnent du Gouvernement d’Ariel Sharon vient amputer ce dernier d’un soutien important et le laisse seul face à ses opposants internes du Likoud. En outre, l’élection d’Amir Peretz à la tête du parti travailliste replace les questions sociales au premier rang des préoccupations de la gauche et rafle du même coup le soutien populaire habituellement alloué au Likoud.

Dans ce contexte de perte de vitesse du Likoud, Sharon décide d’organiser des élections anticipées et, dans la foulée, annonce la création d’un nouveau parti plus modéré, appelé Kadima. Il emmène avec lui ses principaux alliés au sein du Likoud dont Ehoud Olmert et Tzipi Livni.

Programme politique de Kadima

Au départ, les politiques de Kadima reflètent directement la ligne politique d’Ariel Sharon. La vision modérée, centriste donnée à Kadima offre à ses représentants la possibilité d’attirer des membres d’autres partis au sein de la Knesset.

Kadima naît du présupposé que la survie à long terme du pays dépendra de la sauvegarde de la majorité juive en Israël. Après le désengagement de Gaza, Kadima est ainsi engagé en faveur du retrait de colons de Cisjordanie et de la définition  – unilatérale si les négociations avec l’autorité palestinienne devaient échouer – de nouvelles frontières pour le territoire Palestinien. Tant à droite qu’ à gauche, le nouveau  parti crée ainsi l’occasion de faire converger les anciens et les nouveaux partisans d’un compromis territorial.

Le fondateur de Kadima croit fermement en la Feuille de route pour la paix qu’il a lui-même négociée avec le quartet.  Il trouve en la personne de

Georges W. Bush un allié fidèle.

En raison du mécontentement social consécutif à la deuxième Intifada et des dépenses dues à la défense des colonies, les questions économiques sont redevenues un facteur politique déterminant. Elles le sont plus encore depuis l’accalmie introduite par l’évacuation de Gaza. Le parti Kadima doit donc trouver une voie sociale entre le Likoud et la gauche.

Des doutes suite à l’hospitalisation de Sharon

Le 18 décembre 2005, Ariel Sharon est victime d’une attaque cérébrale mineure, puis en connaît une nouvelle, plus grave, le 4 janvier 2006. Il est transporté à l’Hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem. Cet événement suscite de nombreux doutes quant à sa capacité à gouverner.
Le 16 janvier 2006, Ehud Olmert est choisi comme Président intérimaire du parti.

Les élections du 28 mars 2006

Après l’hospitalisation d’Ariel Sharon, Ehud Olmert devient le leader de Kadima et participe aux élections du 28 mars 2006. La pierre angulaire de son programme politique est l’établissement des frontières définitives d’Israël avant 2010.
Sans Sharon, une incertitude plane sur l’avenir du parti. Bien qu’il ne participe pas officiellement aux élections, son image reste largement présente dans la campagne d’Ehud Olmert, leader de Kadima. Le 28 mars, Kadima remporte une courte victoire aux élections législatives.
Le parti formé par Ariel Sharon, et dorénavant dirigé par son confident Ehud Olmert, gagne 28 sièges sur les 120 que compte la Knesset.