Likoud

Mot hébreu pour « union ». Groupe parlementaire issu en 1973 du Gahal, autre groupe politique (acronyme pour Gush-Herout-Liberalim qui avait existé de 1965 à 1973) par l’union du Parti Libéral et du Hérout avec plusieurs petites formations de droite et des dissidents travaillistes emmenés par Ariel Sharon.

La base de l’accord idéologique du Likoud tient en quelques lignes: promouvoir l’extension de la souveraineté israélienne sur tous les territoires à l’ouest du Jourdain (Cisjordanie et Gaza) tout en maintenant des revendications sur les territoires transjordaniens confiés à la Grande Bretagne par la Société des Nations en 1922, amélioration de la situation des moins favorisés, respect des valeurs juives traditionnelles.

Le Likoud fait une première percée aux élections de 1973, puis gagne suffisamment de sièges en 1977 pour constituer un premier gouvernement Begin, celui-là même qui signera les accords de Camp David restituant le Sinaï à l’Egypte pour prix de sa neutralisation. Le Likoud a ensuite participé à différents gouvernements de coalition jusqu’en 1992. Revenu au pouvoir en mai 1996, il a employé toute son énergie à dégager Israël de l’application des Accords d’Oslo.

Malgré la promesse faite par M. Netanyahou d’honorer les engagements d’Israël à l’égard de l’OLP et de poursuivre les négociations de paix avec la Syrie et le Liban (le gouvernement travailliste d’Yitzhak Rabin avait signé un traité de paix avec la Jordanie en 1994), le processus de paix se retrouva quasiment à l’arrêt. D’un côté, les colons. et les partis religieux d’extrême droite pressaient le Likoud de ne pas rendre le Golan syrien, ni de rétrocéder davantage de territoire à l’Autorité Nationale Palestinienne. De l’autre, M. Netanyahou liait tout retrait supplémentaire à la sécurité d’Israël, ce qui faisait de tout nouvel acte terroriste palestinien un prétexte pour suspendre la mise en oeuvre des accords existants. Dans le même temps, le gouvernement autorisait la reprise de la colonisation à grande échelle.

En octobre 1998, un nouvel accord qui prévoyait le retrait de 13% de la Cisjordanie était conclu à Wye River aux Etats-Unis. Un premier retrait qui concernait la région de Jénine provoqua un tollé au sein de la coalition gouvernementale et du parti lui-même. Ceci mena à une crise profonde et aboutit en décembre 1998 à la démission de plusieurs personnalités en vue du Likoud alors que d’autres décidaient de contester le leadership de Netanyahou.

La tenue d’élections anticipées fut décidée. Elles eurent lieu le 17 mai 1999. Parallèlement à la défaite de Netanyahou à l’élection directe au poste de Premier Ministre (élection remportée par son rival travailliste Ehoud Barak), le Likoud perdit dix sièges sur les 23 qu’il comptait dans la Knesset démissionnaire. Suite à ce revers, M. Netanyahou démissionna de la présidence du Likoud. Ariel Sharon fut alors désigné comme président intérimaire pour finalement être élu président du Likoud le 2 septembre 1999 et Premier ministre le 6 février 2001.

Ariel Sharon est à l’initiative de plusieurs changements dans la politique menée par Israël: il montre la contradiction entre un grand Israël et l’intérêt de l’État juif, il est aussi l’instigateur de la délimitation du territoire par un mur, enfin il propose un retrait des territoires les plus peuplées, en commençant par la bande de Gaza. Le retrait sera concretisé en 2005 en dépit des protestations des partisans d’un grand Israël. Face à ces oppositions, Ariel Sharon quitte le Likoud et crée le parti Kadima. Il est remplacé par Benyamin Netannyahou.

Mais le Likoud a perdu beaucoup en popularité auprès de la population israélienne comme le montrent les élections générales en mars 2006 : le parti obtient 9 % des voix, il s’installe dans l’opposition. la guerre opposant le Hezbollah à Israël au cours de l’été 2006 nuit gravement à la popularité du gouvernement Olmert et joue en la faveur de Benyamin Netannyahou, réélu à la présidence du parti en août 2007.