Parti travailliste

Officiellement, le Parti Travailliste israélien – Mifleget Ha-Avoda (Parti du Travail) en hébreu -, a été fondé en 1968. Il s’agit en fait du parti social-démocrate qui, sous diverses nominations, a gouverné Israël de 1948 à 1977. A l’époque, il s’agissait plutôt d’une coalition de différents groupes politiques. En 1977, le Parti travailliste perd le pouvoir au profit de la droite représentée par le Likoud. De 1984 à 1990, il revient au pouvoir en coalition avec le Likoud. Le Parti revient au pouvoir en 1992 mais perd une nouvelle fois, au profit du Likoud, les élections en 1996.

A l’origine du Parti travailliste, on trouve le Mapaï (abréviation en hébreu du Parti ouvrier d’Eretz Israël), un parti socialiste fondé en 1930, résultat de la fusion de deux autres partis. Le Mapaï était devenu le principal parti juif avant l’indépendance. Il rejetait l’extrémisme et le terrorisme de la droite ultranationaliste. C’était le parti de David Ben-Gourion, le père fondateur de l’Etat d’Israël qui en devint le leader incontesté en 1944. Ben-Gourion fut le premier Premier ministre après la création de l’Etat d’Israël en 1948. Il était Premier ministre en 1956 pendant la guerre franco-britannique et israélienne contre l’Egypte.

Ben-Gourion démissionna de toutes ses fonctions au parti en 1963, suite à l’affaire Lavon, une opération terroriste ratée en Egypte en 1954. En 1965, il forme une faction dissidente et radicale du parti, le Rafi (en compagnie de Moshé Dayan et Shimon Pérès). La réintégration du Rafi au Mapaï en 1968 conduit à la création du Parti travailliste. Un an plus tard, en 1969, le Parti travailliste fonde l' »Alignement » (Maarakh) avec le Mapam, un autre parti de gauche. L' »Alignement » existe jusqu’en 1984 lorsque le Mapam le quitte parce que le Parti travailliste accepte de former un gouvernement de coalition avec le Likoud. Le Mapam s’allie alors avec deux autres partis (le Ratz citoyen de Shoulamit Alloni et le Shinoui libéral d’Amnon Rubinstein) le Meretz (Parti Démocratique d’Israël), aujourd’hui dirigé par Yossi Sarid (membre des gouvernements Rabin et Barak, aujourd’hui dans l’opposition).

Une des raisons de la chute des Travaillistes en 1977, après près de 30 ans de gouvernement, a été la guerre d’octobre 1973 qui avait surpris Israël. Le Premier ministre Golda Meir et le ministre de la Défense Moshe Dayan avaient alors démissionné et c’est Yitzhak Rabin qui avait succédé à Golda Meir, à la fois comme chef de parti et Premier ministre.

D’autres raisons au déclin des Travaillistes résident dans les changements de la société israélienne. Les trois piliers du Parti étaient les kibboutzim, la centrale syndicale travailliste Histadrout et les industries d’Etat. Les nouvelles générations ne partageaient pas l’idéalisme pionnier et voulaient une vie plus confortable; les fermes collectives et les compagnies d’Etat se sont avérées économiquement non-viables et sont devenues une charge dans le budget. Privatiser et rogner les subsides devint la règle. Surtout, la croissance démographique des Juifs sépharades et orientaux, exclus d’un projet politique israélien dicté par des travaillistes ashkénazes, s’est exprimée par un vote croissant pour les partis populistes du Likoud et du Shas.

Finalement, étant donné le système électoral israélien, le Parti travailliste (pas plus que le Likoud), n’a jamais obtenu la majorité à la Knesset. Il avait besoin d’alliés et choisit le Parti National Religieux comme partenaire principal pour souligner le caractère juif de l’Etat. Ce parti devint de plus en plus intransigeant à propos des Palestiniens et abandonna finalement les Travaillistes pour se rapprocher du Likoud.

Le retour au pouvoir du Parti travailliste sous Yitzhak Rabin et Shimon Peres, donna une nouvelle impulsion au processus de paix au Moyen-Orient qui avait débuté à Madrid en 1991. En septembre 1993, ils ont conclu les accords d’Oslo pour l’introduction progressive de l’autonomie palestinienne et le début des négociations pour une solution globale de la question palestinienne. Avec ces accords, le Parti travailliste, qui a défendu pendant des années l' »option jordanienne » – la restauration de l’autorité jordanienne sur la Cisjordanie -, a implicitement accepté l’idée d’un Etat palestinien indépendant sur une partie de la Cisjordanie et Gaza tandis que Jérusalem resterait la capitale indivisée d’Israël.

Le Likoud et d’autres partis de droite ont mené campagne contre les accords d’Oslo et le Premier ministre Rabin a été assassiné en novembre 1995. Le ministre des Affaires étrangères, Shimon Peres, lui a succédé mais a perdu le poste de Premier Ministre au profit du leader du Likoud, Benjamin Netanyahou, aux élections de 1996. Après cet échec, il a été remplacé à la tête du parti par l’ancien chef d’état-major Ehoud Barak, qui compte le Parti travailliste au pouvoir lors des élections mai 1999. En février 2001, Barak perdait les élections, Shimon Pérès (travailliste) s’alliait au Likoud d’Ariel Sharon, plongeant le Parti travailliste dans une crise d’identité dont nombre d’observateurs estiment qu’il ne sortira pas, laissant ainsi la place à une nouvelle alternative de centre-gauche plus ouverte aux Israéliens d’origine sépharade et orientale.

Les élections de 2003 se révèlent être un échec pour les travaillistes qui obtiennent seulement 19 mandats. Sharon forme son nouveau gouvernement sans les travaillistes. Mitzna démissionne alors et est remplacé par Shimon Peres, le parti travailliste rejoint le gouvernement est Shimon Peres est nommé vice Premier Ministre en 2005. Il est défait par Amir Pretez aux élections primaires de 2005 et les travaillistes quittent le gouvernement.

Aux élections de 2006 ils obtiennent 19 sièges à la Knesset et le parti entre dans la coalition gouvernementale dirigée par Ehud Olmert.
En 2007 Ehud Barak redevient le leader du parti travailliste.