Partis religieux en Israël

Les partis religieux oeuvrent pour l’établissement d’un Etat juif régi par le code religieux juif, la halacha. Certains partis ne reconnaissent pas la légitimité de l’Etat d’Israël et font donc une concession à leur idéologie en participant au processus électoral démocratique et l’expliquent par la nécessité d’accéder au pouvoir politique pour créer un Etat religieux. Tous considèrent comme légitime la poursuite de la colonisation juive sur le territoire du Grand Israël (« Eretz Israël ») et – à l’exception du Shas et, dans une certaine mesure, de Deguel Hatorah – s’opposent à la création d’un Etat palestinien.

Certains partis se distinguent ethniquement entre Séfarades et Ashkénazes. La distinction entre parti sioniste ou non existe mais n’a pas de réelle conséquence.

Les principaux partis religieux:

Mafdal, Parti Religieux National (PRN)

Leader: Yitzhak Lévy

Le PRN succède en 1956 à l’ancien Mizrahi (acronyme de Merkaz Ruhani ou  » Centre Spirituel « ) et représente la tendance religieuse nationaliste ou orthodoxe « moderne ». C’est un parti mixte, ashkénaze et séfarade et le plus important des partis religieux. Depuis sa création, il a été partenaire des coalitions de tous les gouvernements et occupe traditionnellement les ministères de l’Intérieur et des Religions, repris depuis 1992 par le Shas orthdoxe oriental. Il est responsable de la plupart des législations religieuses d’Israël. C’est aux élection de 1977 qu’il obtient son meilleur résultat (12 sièges) mais il a perdu de son influence auprès des séfarades avec la création des partis Tami et Shas. Le Mafdal, via son aile du Goush Emounim ( » Bloc de la Foi « ) est devenu le parti des colons et est de ce fait le plus radicalement opposé à toute idée d’un état palestinien.

Shas

Leader: Arié Deri

Fondé en 1984 comme une cission sépharade de l’Agoudat Israël, le Shas ( » Gardiens sépharades de la Torah « )se présente à la fois comme un parti religieux ultra-orthodoxe mais surtout comme un parti séfarade. Avec 4 sièges en 1984, il attirera les voix du Tami et obtiendra 10 sièges en 1996 et 17 sièges en 1999. C’est le deuxième parti religieux d’Israël et le deuxième parti à égalité avec le Likoud. C’était, jusqu’à la fin des années 90,, de tous les partis religieux, le parti le moins opposé à l’idée d’un état palestinien. Depuis, ce parti s’est radicalisé sous l’influence de son Numéro Deux, Elie Souissa, acteur déterminé de la colonisation de peuplement juif dans les territoires occupés.

Agoudat Israël

Leader: Menachem Porush

Parti ultra-orthodoxe ashkénaze fondé en 1912 à Kattowitz comme la branche en Palestine de l’Organisation Mondiale de l’Agoudat Israël. Il prône la stricte obvservance de la loi religieuse et ne reconnaît pas l’Etat laïque d’Israël. Le parti est composé d’une autorité suprême qui doit officiellement approuver ou désapprouver les décisions prises par les élus du Parti à la Knesset. En 1992, il rejoint l’Unité de la Torah.

Yahadut Hatorah, Unité de la Torah

Leader: Avraham Shapira

Ensemble de partis ultra-orthodoxes: Deguel Hatorah, Agoudat Israël (et pour un temps le Shas). En 1988, il obtenait 8 sièges mais perdit la moitié aux élections suivantes au profit des grands partis religieux (Shas et PRN).

Deguel Hatorah, le Drapeau de la Torah

Secréraire général: Avraham Porush

Est fondé en 1988 résulte d’une scission de Agoudat Israël contre la montée continue du mouvement hassique (courant religieux né en Pologne au XVIIIème siècle), il obtient 2 sièges aux élections mais ne prospérera pas. Il est souvent qualifié de « parti ashkénaze soeur du Shas séfarade ». En 1992, il rejoint avec l’Agouda, l’Unité de la Torah.

Tami, le Mouvement traditionnel d’Israël

Créé en avril 1981 par un ministre PRN, Abuhatzeira, issu d’une lignée rabbinique célèbre du Maroc. Tami (Mouvement de la Tradition d’Israël) était un parti s’affirmant séfarade et plus précisément marocain. Il était plus traditionnel que religieux. Bref succès aux élections de 1981 (3 députés: 2 transfuges du PRN et un du Parti travailliste), mais il ne comptait déjà plus qu’un siège en 1984 occupé par Abuhatzeira qui sera coopté par le Likoud avant même les élections de 1988. Ce parti a disparu et son électorat s’en est allé vers le Shas, lequel a également receuilli des dizaines de milliers de voix du Likoud.