Rapport Winograd

Mise en place en septembre 2006, la Commission Winograd rend son rapport final le 30 janvier 2008 à propos de la gestion de la guerre du Liban de 2006.

Origines

Suite à la guerre menée contre les positions du Hezbollah dans le Sud Liban durant l’été 2006, le gouvernement israélien de Ehoud Olmert doit faire face à un vent de critiques quant à sa gestion de la guerre. C’est Ehud Olmert lui-même qui décide alors de la création d’une Commission d’enquête sur les mesures prises par le gouvernement et l’armée pour faire face aux les événements de juillet-août 2006.

Après quelques semaines consacrées à sa composition et sa mise en oeuvre, la Commission d’enquête tient sa première assemblée plénière le 18 septembre 2006. Elle est présidée par un ancien juge à la retraite, Eliahou Winograd [nom par lequel la Commission sera désignée par la suite].

Rapport intermédiaire

Le 13 mars 2007, la Commission annonce qu’elle publiera un rapport intermédiaire durant la seconde moitié du mois d’avril et qu’il comprendra des recommendations personnelles pour le Premier Ministre Ehud Olmert, le Ministre de la Défense, Amir Peretz et le Chef de l’armée israélienne, Dan Haloutz.

Quelques jours avant sa publication, le chaîne de télévision « Channel 2 » en divulgue déjà les résultats mettant gravement en cause les décisions prises par les trois hommes pour gérer la guerre. Néanmoins il n’en demande pas la demission.

Le rapport intermédaire est finalement officiellement publié le 30 avril 2007.

A la fin du mois de juin, Amir Peretz perd les élections internes du Parti Travailliste. Ehud Barak le remplace à la tête du parti et comme Ministre de la Défense au sein du gouvernement d’Ehud Olmert.

Dan Haloutz avait quant à lui déjà démissionné le 17 janvier 2007 suite à un rapport critique interne à l’armée. Des trois responsables de la guerre du Liban de 2006, seul Olmert reste donc en place.

Rapport final

Le rapport final est publié le 30 janvier 2008. Il accablant quant à la gestion de la guerre contre le Liban en 2006. Selon les résultats, il s’agit d’une occasion manquée d’en finir avec le Hezbollah. Les décisions militaires prises manquaient de préparations et de jugement.

Les attaques furent en effet essentiellement aériennes pendant toute la guerre. Ce n’est que dans les 60 dernières heures, alors que le cessez-le-feu était déjà fixé, que les chefs du gouvernement et de l’Etat major ont décidé d’une offensive terrestre d’envergure destinée à éradiquer les positions du Hezbollah dans le Sud Liban. Mais les réservistes étaient mal équipés et mal préparés à une telle opération et une dizaine d’entre eux ont perdu la vie dans les dernières heures de la guerre. Quant au Hezbollah, il était toujours présent dans la région. Ce ne sont que les arrangements diplomatiques subséquents qui ont permis son retrait ainsi qu’un redéploiement des troupes libanaises dans le Sud du pays.

Suite à la publication du rapport, les critiques contre le gouvernement d’Olmert se font plus vives. Ce dernier décide pourtant de rester en place, espérant continuer son mandat jusqu’à la fin de la législature, en novembre 2010. Mais sa position ne semble pas politiquement tenable.

Réactions

Le Premier Minsitre Libanais Fouad Siniora a protesté suite à la publication du Rapport Winograd. Il a souligné que celui-ci soulignait les défaillances du gouvernement et de l’armée, non seulement pour en remettre la gestion en cause, mais aussi et surtout en vue d’améliorer la conduite d’une prochaine guerre.

Le porte-parole du Hezbollah, Hussein Rahal, a quant à lui déclaré que « Le rapport confirme ce que le Hezbollah a toujours dit, qu’Israël avait complètement échoué dans ses objectifs, tandis que l’armée israélienne a souffert une défaite militaire d à cause du Hezbollah ».

La Ministre des Affaires Etrangères Tzipi Livni a quant à elle déclaré que la publication du rapport n’absolvait pas les fautes commises par le gouvernement et que l’expression « guerre ratée » en démontrait bien la portée et les conséquences à tirer.