Séfarades

Terme qui désigne les descendants des juifs de la péninsule ibérique (en hébreu, Sfarad) expulsés en 1492 par les Rois Catholiques. Le terme séfarade dérive de l’hébreu pour désigner l’Espagne. Les juifs expulsés se sont établis le long de la côte méditerranéenne, du Maroc à l’Egypte, de la Palestine à la Turquie et de la Grèce à l’Italie, la plupart du temps parmi les communautés juives locales. Beaucoup d’entre-eux parlaient le Ladino, dialecte espagnol mêlé de vocabulaire hébreu.

Aujourd’hui, le mot séfarade est aussi utilisé, improprement, pour désigner les juifs orientaux, ou « Mizrahim ». Dans l’ensemble, Sferadim et Mizrahim partagent les mêmes rites, coutumes et lois. Il se distinguent par contre des juifs Ashkénazes, originaires d’Europe. En Israël, ils disposent de leur propre organisation religieuse avec leurs propres rabbins.

En 1880, au début de l’action sioniste en Palestine, les Séfarades formaient la majorité de la population juive et se montraient plutôt suspicieux envers le sionisme et les immigrés Ashkénazes. Il furent bientôt marginalisés par l’immigration ashkénaze et ne constituaient plus que 20 % de la population juive d’Israël en 1948. Cependant, entre 1948 et 1975, environ 567.000 séfaradim et mizrahim émigrèrent vers Israël en provenace de différents pays surtout du Maroc, du Yémen, d’Egypte et d’Irak.

Du fait de cette émigration et d’un taux de natalité plus élevé, ils devienrent, au début des annés soixante, la majorité de la population juive d’Israël. Séfarades et Juifs orientaux auraient donc du obtenir une position prééminente mais le pouvoir resta de fait aux mains des Ashkénazes et certains Séfarades se plaignirent de discrimination dans les domaines social, économique et de l’éducation. Au début des années 1970 est créé le mouvement séfarade des Panthères Noires, nommé suivant le modèle du mouvement noir américain des Black Panthers. Il échoue aux élections de 1973.

C’est cette même année 1973 qu’est créé le parti Likoud. Son leader, Menachem Begin, joua avec succès la carte séfarade contre le Parti travailliste pour remporter les élections de 1977. Cependant, les promesses faites aux Séfarades furent vite oubliées.

Suite à l’arrivée massive de juifs de Russie et d’Europe de l’Est à la fin des années 1980, les Séfarades ont à nouveau perdu leur majorité dans la population juive d’Israël.

Les Séfarades firent d’autres tentatives pour former leur propre parti. Celui qui a remporté le plus de succès est le part Shas, un parti ultrareligieux fondé en 1984 et qui compte aujourd’hui 17 sièges à la Knesset. Son chef spirituel est le rabbin Ovadiah Yosef, son chef politique Eli Yishaï. Une autre tentative eut lieu en 1995, lorsqu’un membre séfarade important du Likud, l’ex-ministre des Affaires étrangères David Levy, a quitté ce parti pour former son propre groupe, Gesher.

Malgré sa participation active en politique et au gouvernement, la communauté séfarade s’estime toujours discriminée et ses relations avec les Ashkénazes restent tendues.