Armée du Liban-Sud (ALS)

Milice chrétienne armée, entraînée et financée par Israël et qui contrôla jusqu’en mai 2000 la « zone de sécurité » créée par Israël au sud du Liban.

C’est en 1968 que le sud du Liban est entraîné dans le conflit israélo-arabe avec l’installation des premiers commandos palestiniens et les bombardements israéliens. En 1970, l’armée israélienne effectue sa première opération dans la région.

Le début de la guerre civile en 1975-1976 marque un tournant décisif. Israël intervient directement aux côtés des forces chrétiennes issues de l’éclatement de l’armée – au printemps 1976 – et commandées par le major Saad Haddad.

En mars 1978, l’armée israélienne envahit pour trois mois le sud du Liban. Ce n’est qu’en juin, et à la suite de pressions importantes, que le retrait israélien laisse place à la Finul, sauf sur une bande de terrain, longue de 100 kilomètres, large de 8 en moyenne, et qui suit le tracé de la frontière à partir de Naqoura, sur la Méditerranée. Cette enclave où sont restés 100.000 (dont 60% de musulmans chiites et 35% de chrétiens) des 800.000 habitants de la région, est confiée à Saad Haddad et à ses 2.000 miliciens, solidement encadrés par des conseillers israéliens. Celui-ci est alors radié des cadres de l’armée libanaise et inculpé de rébellion. En mai 1980, cette milice est rebaptisé « Armée du Liban-Sud ». Elle sera composée à presque égalité de chrétiens et musulmans chiites, même si ses officiers seront majoritairement des chrétiens.

Après l’invasion israélienne du Liban durant l’été 1982, Haddad suit l’armée israélienne dans sa poussée vers le nord et déplace son QG de Marjayoun à Saïda. Il la suivra aussi dans sa retraite qui s’étale de 1983 à 1985, tout en élargissant quelque peu les limites de la région qu’il garde sous contrôle.

L’ALS gérait pour le compte d’Israël un centre de détention créé à Khyam en 1984 où furent détenus et interrogés de nombreux suspects ainsi que des personnes prises en otages pour servir éventuellement de monnaie d’échange dans des tractations ultérieures.

Suite au décès de Saad Haddad, Antoine Lahad le remplaça, en janvier 1984, à la tête de l’ALS.

Les perspectives d’un éventuel retrait israélien du sud du Liban entraîna dès la seconde moitié de 1999 de nombreuses défections dans les rangs de l’ALS, certains de ces déserteurs monnayant leur liberté contre des informations qui conduisirent à des embuscades provoquant la mort de plusieurs militaires israéliens.

En juin 1999, après l’élection d’ Ehoud Barak comme Premier Ministre d’Israël, l’ALS commença à se retirer de la partie septentrionale de la « Zone de Sécurité », dans la région de Jezzine dont elle avait prit le contrôle en 1985.

En janvier 2000, le « colonel » Aqem Hashem, chef en second de l’ALS, fut tué par la résistance armée du Hezbollah. Ce succès du Hezbollah mina encore davantage le moral de la milice pro-israélienne dont les hommes se trouvaient confrontés à des perspectives bien incertaines du fait du retrait israélien programmé pour juillet 2000.

Alors qu’Israël tentait de trouver des solutions pour assurer la sécurité des miliciens au-delà de cette date, e.a. en demandant à des pays occidentaux d’en accueilir et en envisageant de déplacer en Israël certains d’entre-eux ainsi que leurs familles, le « général » Antoine Lahad, chef de l’ALS, lancait le 3 avril un appel au gouvernement libanais pour qu’il annule les condamnations à mort prononcées contre des membres de sa milice.

A la mi-mai, dès qu’Israël commença son retrait de la zone, la moitié des miliciens de l’ALS, craignant de tomber aux mains du Hezbollah, se rendirent à l’armée libanaise, tandis que l’autre moitié demandaient l’asile avec leur familles en Israël. La déroute de l’ALS et le retrait israélien ont galvanisé des énergies persuadées que le retrait israélien était synonyme d’échec israélien. Or, Ehoud Barak, en se retirant, a remporté un succès stratégique. En effet, le Hezbollah ne peut plus arguer de sa lutte contre l’occupant israélien pour justifier des attaques contre les forces israéliennes et, en cas d’escalade, Israël se sentirait désormais en droit de s’attaquer à Beyrouth et à l’armée syrienne déployée au Liban, ce qui s’est déjà produit plusieurs fois, même à petite échelle.