Assassinat de Pierre Gemayel

Le ministre libanais de l’Industrie, Pierre Gemayel, 34 ans, le plus jeune député libanais, a été assassiné mardi 21 novembre 2006 dans une zone chrétienne près de Beyrouth.

Pierre Gemayel a été assassiné par balle alors qu’il était en voiture dans le quartier de Sin el-Fil.

Il est le fils de l’ancien Président de la République Amine Gemayel, neveu de l’ancien Président de la République Bachir Gemayel et petit fils fondateur du parti Kataëb.

Il était opposé à l’influence exercée au Liban par la Syrie, tenue responsable par de nombreux libanais de l’assassinat, en février 2005, de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

C’est la cinquième personnalité antisyrienne tuée depuis l’attentat qui avait coûté la vie à l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Cet assassinat survient après des semaines de tension entre le gouvernement dominé par la majorité antisyrienne, et l’opposition prosyrienne. Il a précédé de quelques heures le feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU pour la création d’un tribunal international visant à juger les assassins de Rafic Hariri, pour lequel des responsables syriens et libanais ont été mis en cause.

Le Conseil de Sécurité a accepté que des enquêteurs des Nations Unis participent à l’enquête concernant l’assassinat du ministre de l’industrie, Pierre Gemayel et cela à la demande des USA et de la France, relayant une requête du Premier ministre libanais, Fouad Siniora.

L’assassinat de Pierre Gemayel a été unanimement condamné dans le monde et de nombreuses réactions se sont immédiatement faites entendre.

Éprouvé, mais digne, l’ancien président de la République, cheikh Amine Gemayel, s’est adressé à la foule en colère pour lancer un appel au calme et à la prière. Il a demandé à tous ceux qui aimaient Pierre Gemayel d’éviter les réactions instinctives et irrationnelles. Cheikh Amine a rappelé comment ses neveux Amine Assouad et Manuel Gemayel, ainsi que sa nièce Maya, son frère Béchir et aujourd’hui son fils Pierre sont morts pour une cause, l’indépendance du Liban. « Il faut donc préserver celle-ci pour qu’elle reste sacrée et qu’elle soit en définitive victorieuse», a-t-il souligné. Cheikh Amine a émis le souhait que la mort de son fils « serve le Liban, et la cause de l’homme et de la liberté dans ce pays ».