Hezbollah

Hizb’Allah, Parti de Dieu. Mouvement politique chiite libanais fondé en juin 1982 avec l’appui de l’Iran et en réaction à l’invasion israélienne. Le Hezbollah est rapidement devenu la principale organisation militaire de confrontation avec Israël dans le sud du Liban (voir zone de sécurité israélienne au sud-Liban), et, dans les régions à prédominance chiite, la principale organisation sociale à côté du mouvement Amal.

Depuis le 17 février 1992, suite à l’assassinat la veille de Cheikh Abbas Moussawi par l’armée israélienne, le Hezbollah est dirigé par Cheikh Hassan Nasrallah. Financé à l’origine par l’Iran, le Hezbollah récolte aujourd’hui l’essentiel de ses fonds par les collectes versées par sa base sociale.

Le Hezbollah dispose, depuis les élections de mars 1992, de 8 députés (quatre dans la Bekaa, deux dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du pays) sur les 128 que compte le Parlement libanais. Les élections de 2000 ont confirmé l’encrage du Hezbollah dans le paysage libanais, même si, sur l’insistance de la Syrie, ce parti a dû le plus souvent composer des listes communes avec le mouvement pro-syrien Amal.

Suite à l’évacuation du Sud-Liban par l’armée israélienne en mai 2000, le Hezbollah, acteur essentiel du retrait israélien, renforce sa présence et ses actions dans le territoire des « fermes de Chebaa ». Ce dernier est en effet resté sous occupation israélienne, et cela sous prétexte qu’il fait partie de la région préalablement syrienne du Golan. Mais la Syrie comme le Liban affirment que ces terres sont libanaises.

En 2004, le Conseil de Sécurité adopte la Résolution 1559 dont l’article 3 exige la dissolution et le désarmement de toutes les milices libanaises et non-libanaises présentes au Liban. Le Hezbollah refuse de s’y soumettre tant que l’armée libanaise n’est pas capable de protéger le Sud-Liban.

Aux élections de 2005, le Hezbollah obtient 11% des suffrages, tandis que le « Bloc de la résistance et du développement » duquel il fait partie en obtient 27,4%. Il entre pour la première fois au gouvernement en juillet de la même année en obtenant le ministère de l’énergie. Le Hezbollah se positionne pour un dialogue national sans ingérence de l’extérieur.

Un an plus tard, le 12 juillet 2006, les milices du Hezbollah dans le Sud-Liban procèdent à l’enlèvement de deux soldats israéliens. La riposte est immédiate et déclenche un conflit ouvert qui se termine trente-trois jours plus tard par la résolution 1701 du Conseil de Sécurité.

Durant la guerre, l’arsenal du Hezbollah est apparu étendu, ce que beaucoup attribuent à une aide de l’Iran et de la Syrie. Le coût de la bataille est pour le Hezbollah plus important qu’il n’y parait, les dommages sont énormes, une grande partie des infrastructures libanaises sont détruites, ponts, routes et de nombreux villages, on dénombre 1180 morts au Liban, et 160 en Israël.

Ce conflit a éveillé des polémiques quant au rôle du parti de Dieu. Au Liban, on dénonce une guerre décidée et provoquée unilatéralement par le Hezbollah. Pourtant la popularité du parti et en particulier celle de son chef, Hassan Nasrallah, iront en grandissant dans l’ensemble du monde arabe et parmi la population libanaise. Malgré ses accointances avec l’Iran et ses ambitions initiales d’un État islamique, Hezbollah est perçu non pas comme un mouvement islamique mais comme un mouvement de résistance libanaise, et bénéficie du soutien de larges secteurs de la sociétés pourtant éloignés de l’idéologie chiites.

Dans le reste du monde en revanche, le qualificatif de terrorisme colle toujours à la peau du Hezbollah. La majorité des États le considèrent comme responsable de la guerre de 2006, et plus particulièrement d’attaques délibérées sur des civils.

En mai 2008, le Liban connaît une nouvelle crise lorsque le gouvernement décide de démanteler le réseau de communication du Hezbollah, et de limoger Wafic Choukair, un proche du parti et chef de la sécurité à l’aéroport de Beyrouth. Le parti de Dieu perçoit ces décisions comme une déclaration de guerre et se lance alors dans une démonstration de force en prenant Beyrouth en otage, on craint une nouvelle guerre civile. Nasrhallah accepte une médiation du Qatar pour mettre fin aux hostilités.