Zone de sécurité (israélienne au Liban)

Bande de territoire libanais, longue de 100 km, large de 8 à 15 km en moyenne, qui suivait le tracé de la frontière israélo-libanaise à partir de Naqoura, sur la Méditerranée, jusqu’au Mont Hermon et à la rivière Litani, dont Israël aurait utilisé, selon de nombreuses sources concordantes, une partie des eaux. En juin 1978, lors du premier retrait israélien du sud du Liban, cette enclave, où restaient quelques 100.000 (dont 60% de musulmans chiites et 35% de chrétiens) des 800.000 habitants de la région, a été confiée par Israël à Saad Haddad et à ses 2.000 miliciens de l’ALS, solidement encadrés par des conseillers israéliens.

Après l’invasion israélienne du Liban en 1982 et le retrait partiel de l’armée israélienne de 1983 à 1985, les limites de cette « zone de sécurité » furent élargies et le nombre de miliciens de l’ALS porté à 3.000. Israël y avait également créé en 1984, à Khyam un centre de détention et d’interrogatoires.

Le maintien de cette zone tampon de 850 km² (près de 10% de la superficie du Liban), dépendant totalement du bon vouloir de Tel Aviv, avait suscité un débat animé au sein des plus hautes instances israéliennes tandis que des centaines de soldats et d’officiers israéliens continuaient de stationner dans cette zone occupée.

A la suite de l’opération « Raisins de la Colère » menée en avril 1996 par Israël au nord de cette zone – opération qui avait notamment fait 103 victimes parmi des civils libanais qui avaient trouvé refuge dans un camp de la Finul – un groupe de contact composé de la France, Israël, le Liban, la Syrie et les Etats-Unis fut établi pour suivre l’évolution de la situation.

L’opinion publique israélienne acceptait de moins en moins cette occupation qui a coûté, depuis ses débuts, la vie à plus de 300 soldats israéliens (on cite même le chiffre de 700) lors d’accrochages avec le Hezbollah. 39 militaires israéliens au moins trouvèrent la mort dans cette zone en 1997 et 24 en 1998.

En février 1999, l’armée israélienne avait étendu cette occupation au village d’Arnoum, geste vraisemblablement motivé par les élections israéliennes de mai 1999. Quelques jours plus tard, le mouvement de résistance Hezbollah tuait sept militaires israéliens dans deux incidents séparés. Parmi les victimes se trouvaient plusieurs hauts gradés de l’armée israélienne, dont un général de brigade, le plus haut officier jamais tué au Liban depuis l’invasion israélienne de 1982.

Dès son élection comme Premier Ministre israélien, Ehoud Barak s’était déclaré déterminé à retirer l’armée israélienne de cette zone pour le 7 juillet 2000. Malgré l’absence d’accord avec la Syrie sur le Golan, le plan de retrait, qui portait le nom de code « Nouvel Horizon » dans la perspective d’un accord, fut révisé et s’appella « Crépuscule ».

Le retrait israélien , entamé au début du mois de mai 2000, se termina le 24, sans incident majeur. Ce retrait fut néanmoins marqué par l’exode d’une bonne partie des miliciens de l’ALS et de leurs familles vers Israël, où ils vivent désormais dans des conditions précaires, ignorés par les Juifs israéliens et tout simplement haïs par les Arabes israéliens.

En l’absence d’un plan concerté avec le gouvernement libanais et la Syrie, Israël souhaite toujours, outre un redéploiement de la FINUL (vers le sud, jusqu’à sa frontière), également une reprise en mains de l’ancienne zone de sécurité par l’armée libanaise, ce que le gouvernement libanais refuse, préférant ne pas se heurter au Hezbollah, resté de facto maître du terrain.