Grand Fleuve Artificiel

Plus grand projet d’exploitation de nappes aquifères fossiles au monde, le « Grand Fleuve Artificiel », dont les travaux ont débuté en 1984, a été inauguré par le Président Khadhafi* en août 1991. Il vise essentiellement à l’irrigation, par un vaste système de canalisations, des zones agricoles du littoral libyen, en utilisant de l’eau située à grande profondeur dans le Sahara, au sud du pays.

Pour l’instant, seule la phase I du projet est terminée. Avec elle, ce sont environ 2 millions de m³ d’eau par jour sont acheminés – par un pipe-line de 1200 km – de la grande nappe aquifère située au sud-est du pays – dite « nappe continentale intercalaire » – (à As-Sarir et Taberzo) vers le réservoir d’Adjabiya, pour ensuite assurer l’irrigation des régions de Benghazi et Syrte, sur la côte. Cette exploitation devrait se poursuivre pendant deux siècles au moins.

Le projet comporte quatre autres phases:

  • la phase II avec le pompage de la nappe aquifère du sud-ouest – dite « nappe continentale terminale » – (au Fezzan) pour l’irrigation de la région de Tripoli;
  • la phase III doit compléter la phase I du projet pour accroître le débit de la partie orientale du « Grand Fleuve Artificiel » – qui augmenterait de 1,68 millions de m³ d’eau par jour – en étendant le réseau de pompage plus loin vers le sud, jusqu’à Koufra;
  • la phase IV visera à prolonger les possibilités de distribution par la construction d’un pipe-line reliant le réservoir d’Ajdabiya à Tobrouk au nord-est du pays;
  • la phase V verra la jonction du système oriental et occidental à Syrte en un seul réseau.

Les travaux d’achèvement du « Grand Fleuve Artificiel » devraient encore durer 25 ans. Le coût total du projet est estimé à 25 milliards de $; la phase I a, à elle seule, coûté 14 milliards de $. Ce projet a été conçu à l’origine par deux bureaux d’études américains (Brown & Root et Price Brothers Cy) et sa réalisation est entreprise par la société sud-coréenne de travaux publics Dong Ha.

Les autres ressources en eau de la Libye – pays désertique à 95% – proviennent de réserves renouvelables (700 millions de m³/an) ou, pour une faible part, du dessalement de l’eau de mer.