MAROC

Nom officiel: Royaume du Maroc

Etymologie: de l’arabe Al-Maghrib « l’Occident », littéralement « là où le soleil se couche ». Nom donné au territoire le plus occidental de l’Empire omeyyade.

Capitale: Rabat

Superficie: 450.000 km2, sans le Sahara occidental

Divisions administratives: 37 provinces et 2 wilayas (Rabat-Sale, Casablanca)

Comparaison avec un pays européen: environ une fois et demi la superficie de l’Italie

Population(2012):  32’309’239

Densité (2012): 72,3  habitants/km2

Jeunes (moins de 15 ans) (2004): 32,6%

Taux d’acroissement naturel (2000-2005): 3,0 %

Indice de fécondité (2000-2005): 2,76

Espérance de vie (2000-2005):  69,5

Mortalité infantile (2000-2005):  38,1 ‰

Population urbaine (2005): 58,1%

Taux d’analphabétisme (2005): hommes 34,3% ; femmes 60,4%

Langues officielles : arabe, tamazight – Autres : dialectes berbères (rifain, tachelhit), française

Religions: 98,7% Musulmans ; Chrétiens 1,1% ; Juifs 0,2%

Groupes ethniques: arabes-berbères 99%, autres 1%

IDH (Indice de Développement Humain, 2011): 0,582 (niveau d’IDH moyen).Le Maroc est classé en 126ème position sur un total de 177 pays.

Monnaie: dirham (1,00 euro = 11,0188 dirham marocain)

PIB total (2011) : $ 99’240’000’000

PIB par habitant (2011): $ 5’100

Croissance annuelle: (1994-2004) : 3,0% – 2005 : 1,8

Taux de chômage (2011) : 8,9%

Taux d’inflation (2011) : 1,9%

Répartition des travailleurs par secteur économique (2003): agriculture 22,9% ; industrie 35,5% ; services 41,5%

Exportations (2005): 9 926 millions de $

Importations (2005): 19 417 millions de $

Principaux partenaires commerciaux (2011): Exportations: Espagne 18,6%, France 16,9%, Brésil 6%, États-Unis 4,8%, Inde 4,5% – Importations: France 15,4%, Espagne 14,4%, Chine 7,7%, États-Unis 7,3%, Arabie Saoudite 6,1%, Italie 5,1%, Allemagne 4,8%

Principaux produits agricoles: orge, blé, agrumes, olives, vin

Principaux produits d’exportation: habillement et textiles, composants électriques, produits chimiques inorganiques, transistors, minéraux bruts, engrais (incluant les phosphates), produits pétroliers, agrumes, légumes, poisson

Principaux produits d’importation: pétrole brut, produits textiles, équipements de télécommunications, blé, gaz et électricité, transistors, matières plastiques

Dette extérieure totale (2003): 17.320 millions de $

Date de l’indépendance: 2 mars 1956

Année d’admission aux Nations-Unies: 1956

Membre notamment de: Ligue des Etats Arabes, Union du Maghreb Arabe (UMA), Organisation de la Conférence Islamique (OCI), Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

Signataire notamment de: Traité de Non-Prolifération (TNP)

Nature de l’Etat: royaume

Nature du régime: monarchie constitutionnelle de droit divin

Chef de l’Etat: Mohammed VI, Commandeur des Croyants (a été intronisé le 23 juillet 1999,c’est le 18e souverain de la dynastie Alaouite qui règne sur la Maroc depuis 1666. Il a succédé à son père,Hassan II, monté sur le trône depuis 1961).

Prince Héritier: Prince Moulay El Hassan (Fils du Roi)

Chef du gouvernement : Abdelilah Benkirane

Principaux partis politiques : Mouvement populaire, Parti authenticité et modernité, Parti de l’indépendance, Parti de la justice et du développement, Parti du progrès et du socialisme, Parti du renouveau et de l’équité, Parti travailliste, Rassemblement national des indépendants, Union constitutionnelle, Union socialiste des forces populaires

Principaux journaux: en arabe: Al-Ittihad al-Ichtiraki (Socialist Unity) (110.000) ; Al-Alam (100.000) ; Al-Anba’a (15.000) ; en français: Maroc Soir (50.000) ; Le Matin du Sahara (100.000) ; Al-Maghrib (15.000) ; L’Opinion (60.000)

Données militaires: Armée nationale par effectif (2010) : 395’800 – Dépenses militaires en % du PIB (2003) : 5%

Souveraineté contestée: Sahara occidental (266.000 km2) ; ex-colonie espagnole (jusqu’en 1975), disputé par le Front Polisario (mouvement indépendantiste sahraoui). Maroc revendique les territories espagnols de Ceuta et Melilla.

Histoire

Les Phéniciens, les Carthaginois et les Byzantins précédèrent les Romains (installés à partir du IIème siècle avant JC) puis les Vandales sur le territoire de l’actuel Maroc. Le Maroc appelé alors « Royaume de Mauritanie » (dont la capitale était Volubilis), accorda aux Rois berbères de rester sur le territoire, permettant ainsi le développement d’une civilisation romano-berbère.

Le Christianisme  implanté par les Romains recula au profit de l’Islam, qui domina complètement la région à partir de 705 après J-C. Les Arabes nommèrent cette région « Maghreb al-Aksa », le « pays du soleil  couchant ».

En 788, Idriss ibn Abdallah, descendent supposé d’une sœur du Prophète et Prince Omeyyade, fonda le Royaume Idrisside  (Royaume arabo-berbère occupant le Nord du Maroc). Son fils Idriss II fonda la cité de Fès en 808, première capitale du Maroc.

Les Almoravides, un mouvement religieux islamique influencé par le prêcheur Abdallah ben Yassine, conquit le territoire du Maroc en très peu de temps. Leur Royaume fut marqué par une influence méridionale, contrastant avec le caractère oriental de leurs prédécesseurs. Les Almoravides installèrent leur capitale à Marrakech. Ils l’emportèrent sur les troupes du Ghana et du Royaume de Castille.  Au onzième siècle, ils dominaient l’ensemble du Maghreb (jusqu’en Libye, y compris toutes les routes commerciales du Sahara) et la Péninsule Ibérique jusqu’à l’Ebre.

Les Almohades renversèrent le Royaume Almoravide par le Sud mais furent repoussés au Nord par les Rois d’Aragon, de Navarre et de Castille lors de la bataille de Navas de Tolosa en 1212, qui fut une des grandes étapes de la reconquête espagnole. Sous leur règne, un service civil professionnel fut mis en place et les cités de Fès, de Marrakech, de Tlemcen et de Rabat atteignirent alors le sommet de leur développement culturel. L’apogée du Royaume Almohade correspond au règne de son troisième sultan, Yacoub Mansour. Le Royaume Almohade fut vaincu par les Mérinides au Sud et par les troupes chrétiennes en Espagne. Comme ses prédécesseurs, les Mérinides essayèrent de contrôler l’ensemble du Maghreb.

A partir de 1415, les Portugais commencèrent à s’installer sur le littoral: Ceuta, Tanger, Safi, Agadir, Mazaran, etc. A l’intérieur du pays, le régime Saadien gouverna la région jusqu’au XVIème siècle.

Après une succession de dynasties de courte durée, la dynastie alaouite pris le pouvoir en 1630,elle y est toujours. Sous le règne de Moulay Ismail (1672-1727), le plus célèbre des monarques alaouite, le Maroc fut pacifié et unifié comme il ne le sera plus jamais jusqu’à l’occupation française. Il essaya de conclure une alliance avec l’Espagne contre la France. Après sa mort, le Maroc retomba dans le chaos et dans le désordre économique et politique.

La période coloniale

A la fin du XIXème siècle, le Maroc fut le champ de bataille des puissances européennes. Bien que douze de ces puissances aient convenu en 1906 (Conférence d’Algeciras) de l’indépendance du Maroc, la France et l’Espagne ont obtenu un droit d’ingérence dans les affaires marocaines. La Conférence a aussi lancé l’internationalisation de l’économie marocaine. L’Allemagne tenta également de s’imposer au Maroc mais abandonna ses revendications lorsque la France accepta de lui céder quelques territoires au Congo en échange.

Le 30 mars 1912, Paris imposa au sultan un traité de Protectorat. L’Espagne acquit une influence au Nord et au Sud du Maroc, et la ville de Tanger fut internationalisée. Le Général français Lyautey fut chargé de diriger les affaires étrangères, de contrôler la défense du pays, et d’initier des réformes intérieures. Le Général Lyautey  fit de Rabat la nouvelle capitale du Maroc  et développa le port de Casablanca. Au lieu de détruire les villes marocaines existantes, il décida de bâtir, à côté d’elles, des villes françaises nouvelles.

Une révolte éclata dans les montagnes du Rif en 1922, conduite par l’émir Abdelkrim. La France et l’Espagne durent s’associer pour créer une force de plus de 25 000 hommes pour vaincre la rébellion en 1926. Cette révolte fut soutenue par le mouvement pan islamiste et par la troisième internationale communiste.

En 1954, la France décida d’abandonner ses protectorats de Tunisie et du Maroc et de se concentrer sur l’Algérie. En 1955, Sidi Mohammed Ben Youssef fut autorisé à rentrer au Maroc et fut intronisé  Mohammed V. Les accords de Celles-Saint-Cloud du 2 mars 1956 prévoyaient déjà l’indépendance du Maroc, qui fut définitivement reconnue par la France et l’Espagne un an plus tard (bien que l’Espagne conserva les territoires de Tarfaya jusqu’en 1958 et la ville de Sidi Ifni jusqu’en 1969).

Hassan II succéda à son père en 1961 et proclama un an plus tard la première constitution du Maroc, établissant une monarchie constitutionnelle et garantissant les libertés individuelles et politiques. Des élections eurent lieu l’année suivante, mais sans donner une claire majorité au parti de gouvernement, et une action répressive s’en suivit contre les partis d’opposition, l’Istiqlal et l’Union nationale des forces populaires (Mehdi Ben Barka).

Hassan II changea la constitution en 1970, renforçant son propre pouvoir au détriment du Parlement. Un an plus tard, le jour de son anniversaire, il échappa à une tentative de coup d’Etat. Les généraux soupçonnés d’avoir fomenté le coup d’Etat  furent assassinés ou emprisonnés dans la prison secrète de Tazmamart pendant dix-huit ans.

Les décennies 1960 et 1970 furent caractérisées par un fort contrôle du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif et par des efforts continus pour inclure les leaders d’opposition dans les coalitions gouvernementales.

En mars 1998, Abderrahmane Youssoufi, un ancien leader d’opposition, est nommé Premier Ministre. Bien que salué comme étant le premier gouvernement d’alternance, la marge de manœuvre de ce nouveau gouvernement est extrêmement réduite : les quatre ministères à responsabilité (Intérieur, Affaires étrangères, Justice, Dons religieux et Affaires islamiques) sont directement nommés par le Roi.  Le tout-puissant Driss Basri, Ministre de l’Intérieur depuis 1981, considéré comme la seconde personne en terme d’importance dans le pays, est maintenu à son poste.

Le couronnement de Mohammed VI

Le Prince Sidi Mohammed monte sur le trône le jour de la mort de son père, le 23 juillet 1999, sous le nom de Mohammed VI, devenant ainsi le dix-huitième roi de la dynastie Chérifienne depuis 1664.

Le couronnement de Mohammed VI est accueilli avec beaucoup d’enthousiasme, notamment par la jeune génération. Peu de temps après son accession au trône, il affirme son engagement en faveur de la monarchie constitutionnelle, le pluralisme politique et le libéralisme économique. Il s’engage également à s’attaquer à la pauvreté et à la corruption, à créer des emplois et à prendre en considération la situation des droits de l’homme au Maroc. Cependant, cet engagement à promouvoir les droits de l’homme et la liberté de parole fait débat.

Les élections de septembre 2002 ont été présentées comme les premières élections transparentes que le pays ait connues. Ces élections bouleversent le paysage politique du pays : le Parti de la Justice et du développement (Parti islamiste) augmente de façon substantielle ses résultats lors des dernières élections (de 14 à 42 sièges), et devint la troisième force politique du pays avec 13% des suffrages, alors que les partis de gouvernement ont nettement perdu en influence. Driss Jettou est désigné Premier Ministre. (Voir Dossier Spécial: Elections au monde arabe: les cas du Maroc et de Bahreïn).

La structure politique

Le Roi est le chef religieux suprême des Musulmans marocains. Le Palais a toujours mis en avant l’autorité religieuse de la monarchie pour faire contrepoids à l’influence des islamistes. Comme en Jordanie, le Roi se revendique comme le descendant du Prophète.

Le pouvoir du Roi repose sur le Makhzen, un système de pouvoir féodal hérité du temps de Hassan II et qui subsiste en parallèle au système parlementaire pluraliste. Le Parlement est composé de deux chambres : la Majlis al-Nuwab, la Chambre des Représentants, avec 325 sièges élus au suffrage universel, et la Majlis al-Mustaharin, la Chambre des Conseillers, composée de représentants régionaux, professionnels et syndicaux (Voir Maroc, élections et Parlement).

Le Maroc est un état unitaire. En 2001, un processus de décentralisation a été lancé. Les gouverneurs locaux, nommés par le Roi, disposent de compétences importantes. Cependant, cette stratégie est considérée par certains comme un moyen pour limiter les pouvoirs du Parlement élu en octobre 2002.

Rappelons par ailleurs, que sur l’initiative du Roi, trente sièges du Parlement ont été réservés à des femmes lors des dernières législatives.

Société

Environ 2 millions de Marocains vivent à l’étranger, dont 80% en Europe et 40% en France : France (800.000), Espagne (250.000), Pays-Bas (250.000), Italie (100.000), Belgique (125. 000), Allemagne (100.000), Etats-Unis (85.000),  Canada (60.000), Algérie (300.000), Libye (140.000). Beaucoup de Marocains vivant à l’étranger, disposent de la double nationalité. Bien que la France, la Belgique, l’Allemagne et la Hollande demeurent les principaux pays d’accueil, les migrations ont désormais plutôt tendance à s’orienter vers de nouveaux pays comme l’Italie, l’Espagne, les Etats-Unis, la Sacandinavie et surtout les pays du Golfe.

L’immigration marocaine est un phénomène récent qui a culminé dans les années 1960. A l’époque, la France a signé avec le Maroc des accords de travail préférentiels. Mais suite à la récession économique et à la crise du pétrole, les gouvernements concernés décidèrent de stopper l’immigration. A partir de 1975, l’immigration s’est toutefois poursuivie au nom du regroupement familial.

Le statut de la femme marocaine est longtemps resté le moins avancé de tous les pays du Maghreb. Il se fonde sur les principes de la tutelle et de la soumission. Longtemps, la volonté de réforme de la société et des gouvernants s’est heurtée à l’opposition islamiste.

Cependant lors de son discours d’ouverture de la session d’automne du Parlement, le 10 octobre 2003, le roi Mohammed VI a présenté les grandes lignes d’un nouveau code de la famille (Moudawana).

Cette réforme vise à renforcer les droits des femmes et l’égalité dans la société marocaine.  En voici les points principaux :

– Disparition du principe d’obéissance de l’épouse à son mari (consacrée dans le code actuel de 1957).

– Elévation de l’âge légal pour le mariage des femmes de 15 à 18 ans.

– Suppression de la tutelle masculine pour le mariage

– Stricte limitation de la polygamie

– Capacité d’initiative du divorce garantie aux femmes

– Répudiation (droit exclusif des maris) conditionnée à une autorisation de  justice.

– Partage de l’autorité parentale en cas de divorce

– Reconnaissance d’un droit de propriété aux femmes et consécration de la notion de communauté des biens acquis par le couple après le mariage.

La chambre des Représentants du Maroc a adopté le 16 janvier 2003 la loi sur la réforme du code de la famille (le texte a été voté à l’unanimité). Les réactions de la société marocaine à ces réformes ont été plutôt positives, notamment parmi les associations féministes. Le nouveau texte a également été salué par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.

La société marocaine est très inégalitaire sur le plan socio-économique: 18% de la population détient plus de la moitié des ressources alors que 20% de la population vit dans des conditions de pauvreté absolue. La classe moyenne ne représente que 5% de la population.

Les Berbères sont les premiers habitants d’Afrique du Nord, avant la conquête des Arabes dans la région au XVIIème siècle. Sur un plan ethnique, les Berbères représentent une large majorité de la population marocaine, alors qu’en terme d’ « identité », ils ne représentent que 40% de tous les Marocains. Ils se font appeler « Amazigh », ce qui signifie dans leur langue, le Tamazight, « homme libre ». Le Tamazight, bien que rarement écrit, reste vivant dans des zones rurales, notamment dans l’Atlas, dans le Riff et dans le désert du Sahara, où il est parlé par les Touaregs. A travers l’histoire, les Touaregs ont fondé plusieurs dynasties puissantes. Les Almoravides, aux XIème et XIIème siècles, étaient toutes les deux des dynasties berbères.

Une renaissance berbère est à l’œuvre actuellement au Maroc mais aussi en Algérie. De plus en plus, les Berbères demande la reconnaissance de leur identité, de leur langue et de leur alphabet, le Tifinagh. Répondant à une demande de longue date de la part de la Communauté berbère, le Roi Mohammed VI a créé l’Institut Royal de la Culture Amazigh en octobre 2001 pour préserver et promouvoir la culture Amazigh. Cependant, des questions restent en suspend comme la reconnaissance constitutionnelle de la composante Amazigh de la population, la reconnaissance de l’Amazigh comme langue nationale, l’enseignement de l’Amazigh à tous les niveaux du système éducatif ou la levée de l’interdiction qui concernant l’inscription des prénoms Amazigh dans le registre civil.

La présence juive au Maroc remonte à l’époque romaine, avant la conversion de la région à l’Islam.  Une arrivée massive de Juifs se produisit en 1492, ils étaient chassés par la rouyaté espagnole. (Le terme Sephardim vient du mot hébreu Sepharad, qui signifie Espagne, c’est-à-dire les Juifs originaires d’Espagne mais désigne aussi aujourd’hui les Juifs Orientaux – ou Mizrahim – de tous les pays musulmans. De nos jours, il y a environ 20.000 Juifs au Maroc (soit 0,2% de la population totale). Il y a quarante ans, les Juifs représentaient un demi-million, soit 4% de la population. Au début des années 1960, presque tous ont immigré en Israël et en France.

L’economie

Dans les années 1980, le gouvernement a adopté un Plan d’Ajustement structurel du FMI qui inclut une politique fiscale et monétaire restrictive, des initiatives visant à libéraliser l’économie et le taux d’échange extérieur (le Dirham est désormais totalement convertible), et qui encourage la libéralisation de l’économie.

L’économie reste fortement dépendante des conditions climatiques dès lors que l’agriculture est un secteur économique majeur (1/5 du PIB et presque la moitié de la force de travail nationale). Depuis 1998, la sécheresse a beaucoup affecté les récoltes marocaines. En novembre 2002, le Maroc a été touché par de fortes pluies et fut le théâtre d’inondations causant d’importants dommages dans la région de Casablanca.

L’Etat a mis en place un plan économique pour 1999-2004 visant à réduire massivement le déficit et le nombre de chômeurs, et à renforcer le commerce international et les investissements étrangers.

Le Roi est connu pour être un défenseur des réformes économiques et de la libéralisation politique. Cependant, les réformes économiques se font faites plutôt lentement ces dernières années.

Depuis qu’il a pris le contrôle de la majeure partie du Sahara Occidental, le Maroc est devenu le premier exportateur de phosphate au monde.  Au mois d’août 2000, le Roi a formellement annoncé la découverte de réserves de pétrole et de gaz à Tilsint, à proximité de la frontière avec l’Algérie.  Ces réserves sont supposées couvrir les besoins énergétiques du Maroc pour 20 ou 30 ans. Jusqu’alors, on pensait que le Maroc ne disposait pratiquement pas de pétrole et de gaz, puisqu’il importait 90% de son pétrole et de son gaz.

Les ressources offshore en pétrole et en gaz du Sahara Occidental sont en effet présentées comme substantielles. En 2001, le Maroc a signé des contrats pour rechercher ce pétrole. En février 2002, les Nations Unies ont considéré qu’il n’avait aucun droit à nouer des contrats qui auraient pour effet d’exploiter du pétrole au Sahara Occidental.

La question du Sahara Occidental

Les frontières entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Sahara Occidental proviennent des zones d’influences coloniales de la France et de l’Espagne. Le Maroc a concretisé ses visées sur le Sahara Occidental en organisant la « Marche verte », le 7 novembre 1975, lorsque 350.000 marocains venus de tout le pays ont défilé vers le Sahara Occidental. Le 14 novembre, l’Espagne signa un accord avec le Maroc et la Mauritanie pour la répartition de son territoire et rapatria une partie de ses troupes. Au mois d’août 1979 la Mauritanie renonçait à sa portion de territoire, qui a été immédiatement annexée par le Maroc (nouvelle province de Oued ed-Dahab).

En Février 1976, le Front Polisario (Front Populaire de Libération de Saguia el Hamra et Rio de Oro) s’est proclamé officiellement gouvernement en exil de la République Arabe Démocratique Sahraoui (R.A.D.S).

Lors du cessez-le-feu, en 1991, les Nations Unies ont proposé un plan de paix prévoyant la tenue d’un referendum ayant pour solution soit l’indépendance soit l’annexion.

En février 2003, l’envoyé personnel du Secrétaire-général des Nations Unies, James Baker, a présenté une nouvelle proposition d’autodétermination aux deux parties. Selon le Secrétaire-Général des Nations Unies, Kofi Annan, ce plan «juste et équilibré», combine des éléments de la proposition de l’accord cadre et les éléments acceptés du Plan de règlement. La proposition envisage une période de transition de quatre ou cinq années avec partage des responsabilités entre les deux parties et à la suite duquel se tiendrait le referendum d’autodétermination. Cependant, cette proposition n’est pas object d’accord.

Les relations extérieures

Le Maroc fut un des membres fondateurs de l’Union du Maghreb arabe (UMA) avec l’Algérie, la Libye, la Mauritanie et la Tunisie. Le traité de cette structure d’intégration régionale fut signé à Marrakech en février 1989. Cependant l’UMA est une structure moribonde en raison du différend entre le Maroc et l’Algérie sur le Sahara Occidental. De plus, un autre différend opposé la Libye à la Mauritanie lorsque celle-ci a normalisé ses relations avec Israël en 1999.

Le Maroc participa avec la Mauritanie, Israël, la Jordanie, la Tunisie et l’Egypte à l’initiative méditerranéenne de l’OTAN lancée en 1995. Il pris également part au Dialogue méditerranéen de l’UEO.

Le Maroc a démarré des relations diplomatiques de « faible intensité » avec Israël en 1994. Un « bureau de liaison » marocain a été ouvert à Tel Aviv, ainsi qu’un bureau israélien à Rabat. Suite au Sommet arabe du Caire, les autorités arabes ont mis fin à leur relations diplomatiques avec Israël le 23 octobre 2000 dans le contexte de la deuxième Intifada.

Dans la perspective de la zone euro-méditerranéenne de libre-échange prévue pour 2010, la Maroc a signé la Déclaration d’Agadir avec la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie en mai 2001. Cette déclaration vise à la création d’une zone de libre-échange entre les pays arabo-méditerranéens.

Relations Maroc-Union européenne

Le premier accord d’association entre le Maroc et l’Union européenne (Communauté européenne) a été signé en 1969. Il a été ensuite remplacé par un accord de deuxième génération en 1976, dans le cadre de la Politique méditerranéenne Globale (voir Coopération euro-méditerranéenne, historique).

Les accords de coopération et les protocoles financiers ont été renouvelés en 1981 et en 1986, avec un accroissement considérable des prêts accordés. Le Parlement européen a reporté l’approbation du protocole financier de quatrième génération (1992-1996), manifestant son désaccord concernant l’attitude du Maroc sur le dossier des droits de l’homme au Sahara occidental. Le protocole fut finalement signé en octobre 1992.

Le Maroc a présenté sa candidature à la Communauté européenne en 1987, mais sa requête fut rejetée au titre que le Maroc n’était pas un pays européen.

Suite à la création du Partenariat euro-méditerranéen, le Maroc et l’UE ont signé un accord d’association en 1996 (entré en vigueur en mars 2000).

L’accord de pêche 764 entre l’UE et le Maroc signé en 1995 a expiré en novembre 1999 mais n’a pas été renouvelé à ce jour, en raison d’un désaccord sur la compensation financière pour la coopération en matière de pêche. L’UE a signé en août 2001 un nouvel accord avec la Mauritanie (et d’autres pays africains).  Cet accord qui va assez loin, devrait  accélérer la fin de l’accord entre l’UE et le Maroc.

Le Maroc effectue plus de la moitié de son commerce extérieur avec l’UE (29,5% avec la France et 14,4% avec l ‘Espagne). En 1998, les exportations du Maroc vers l’UE s’élevaient à 4,529 milliards d’USD, et les importations à 5,571 milliards. La balance commerciale est largement en faveur de l’UE (7,700 millions d’euros).

Dans le cadre de la politique de « Nouveau voisinage » lancé en 2003 par l’UE vis-à-vis de ses voisins de l’Est et du Sud, le Maroc figure parmi les 7 pays prioritaires pour lesquels un plan d’action sera négocié rapidement en 2004. Le Maroc s’achemine donc vers un statut avancé dans ses relations avec l’Union européenne.

Le Maroc fait aussi partie intégrante du projet d’Union pour la Méditerranée lancé par Nicolas Sarkozy le 13 juillet 2008.

Actualité récente

Influencé par les protestations dans le reste du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord, en février 2011 des milliers de Marocains ont organisé des manifestations dans nombreuses villes du Pays pour réclamer une meilleure démocratie et la condamnation de la corruption au sein du gouvernement. Une commission, créée en mars 2011 a présenté un projet de constitution qui a été adoptée par un référendum populaire en juillet 2011 : en vertu de cette nouvelle constitution, certains nouveaux pouvoirs ont été étendus au Parlement et au Premier ministre, mais le pouvoir suprême reste dans les mains du monarque. Le roi a exhorté la mise en œuvre rapide de la nouvelle constitution, à commencer par la tenue des élections parlementaires en 2011, auxquelles le parti islamiste modéré, Parti de la justice et du développement, a gagné le plus grand nombre de sièges, en devenant ainsi le premier parti islamiste à diriger le gouvernement marocain. En janvier 2012, le Maroc a assumé le siège non-permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU pour la période 2012-2013.

Sources (donnés): L’Etat du Monde 2003 (La Découverte), CIA World Factbook 2004, Arab Human Development Report 2002 (PNUD), l’Etat du Monde 2007 (La Découverte)