Sommets et Conférences – MENA

A la suite du processus de paix d’Oslo, et grâce à l’amélioration significative des relations israélo-arabes, les économies régionales commencèrent à se développer par la coopération.

Le premier sommet économique du Moyen-orient et de l’Afrique du Nord (Sommet MENA), parrainé par le Council on Foreign Relations (US) et le Forum Economique Mondial, a eu lieu à Casablanca du 30 octobre au 1er novembre 1994. Des représentants de 64 pays ont pris part à cette étape importante vers l’intégration régionale d’Israël. La conférence était présidée par le roi Hassan II et co-présidée par les chefs d’état russe et américain.

Les participants au sommet insistèrent sur la nécessité de resserrer la coopération entre les gouvernements et les milieux d’affaire. La déclaration signée a Casablanca soulignait l’importance d’une croissance économique forte et de l’amélioration concrète des conditions de vie et de sécurité des populations de la région, continuant le travail remarquable accompli aux négociations de paix. Les participants furent d’accord pour prendre des mesures afin de lever l’embargo sur Israël. Ils décidèrent de la création d’une Banque de développement du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et d’une Chambre Régionale de Commerce.

Le second Sommet MENA, lancé par les présidents américain et russe, avec l’appui de l’Union européenne, du Canada et du Japon, se déroula à Amman du 29 au 31 octobre 1995, sous la présidence du roi Hussein. En plus des institutions proposées à Casablanca, il fut décidé de mettre en place un secrétariat régional permanent d’organisation économique. Ce deuxième sommet MENA se déroula dans la même atmosphère que le premier.

La troisième rencontre de ce type se passa au Caire du 12 au 15 novembre 1996. A cause des ralentissements du processus de paix depuis l’élection de M. B. Netanyahou, elle devint une simple « Conférence », dont Israël n’était plus vraiment le sujet principal. La déclaration du Caire adopté à la conférence souligna l’idée que le développement régional devait être lié à la réalisation de la paix. Les Etats-Unis annoncèrent que la Banque de développement du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord serait opérationnelle à la fin de l’année 1997.

La quatrième Conférence MENA s’est tenue à Doha (Qatar) du 16 au 18 novembre 1997. Malgré les pressions considérables des Etats-Unis, la plupart des états arabes n’y ont pas pris part: la participation s’est limitée à celle de Djibouti, de la Jordanie, du Koweit, de la Mauritanie, d’Oman, du Qatar, de la Tunisie et du Yémen. L’Algérie, le Bahreïn, l’Egypte, le Liban, le Maroc, l’Autorité Palestinienne, l’ Arabie Saoudite, la Syrie et les EAU ont boycotté cette réunion, jugeant les avancées des négociations de paix israélo-palestinienne trop peu importantes. Irak, la Libye, la Somalie et le Soudan n’y étaient pas invités. Aucune avancées n’a été réalisée dans la mise en œuvre de la Banque de développement du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ; la promotion de la coopération commerciale et économique directe entre les pays arabes et Israël n’a également pas progressée.

Les sommets MENA sont rattachés à la question de la sécurité dans la mesure ou ils visent à consolider la paix et la stabilité dans la région à travers le développement économique. Tandis que du point de vue économique les Sommets MENA ont eu un succès relatif, en stimulant des projets et entreprises communes, les objectifs politiques ont progressé très lentement. Depuis novembre 1997, la tenue des Sommets MENA s’est arrêtée, suite à la dégradation de la situation politique au Proche Orient. L’avenir du Secrétariat et de la Banque de développement, comme celui de tous le processus, reste flou.