Union du Maghreb Arabe – UMA

Historique

Alors que le Comité pour la libération du Maghreb avait été créé dès 1948, les premières tentatives des pays du Maghreb pour établir une unité ont été menées au lendemain des indépendances, -lorsque l’Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie tinrent la première conférence des ministres de l’économie des pays du Maghreb (à Tunis en 1964). Cette conférence créa le Conseil Consultatif Permanent du Maghreb (CPCM), organ qui avait pour mission de coordonner et d’harmoniser les plans de développement et le commerce interrégional de ces quatre pays. Le but était de former un bloc face à celui du Marché Commun européen. La Mauritanie adhéra au CPCM en 1988.

Cependant, toutes les tentatives d’unification politique et économique qui voulaient être plus concrètes échouèrent à cause de la question du Sahara occidental. Les initiatives diplomatiques du Secrétariat Général des Nations Unies et celles de certains pays arabes pour essayer de trouver une solution à ce conflit engendrèrent finalement un climat favorable pour la création de l’Union du Maghreb Arabe, en abrégé UMA. La réalisation de cette union des pays du Maghreb a été une réponse à l’intégration européenne croissante.

L’Union du Maghreb Arabe

L’UMA a été créée le 17 février 1989 lors d’une réunion à Marrakech des Chefs d’Etats d’Algérie, de Libye, de Mauritanie, du Maroc et de Tunisie.
Les institutions de l’UMA se composent du Conseil des Chefs d’Etat, du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères, d’un Comité de suivi, d’une Cour de Justice composée de dix membres (deux par pays) compétente pour les différends entre parties ressortissantes de pays membres, d’une Chambre Consultative composée de 30 délégués par pays ainsi que de quatre Commissions ministérielles spécialisées (Conseil des ministres de l’intérieur, Ressources humaines, Infrastructure, Economie et Finances, ainsi que Sécurité alimentaire). Le secrétariat général a été établit de façon permanente à Rabat depuis 1992.

La nouvelle union présente certains avantages sur les tentatives antérieures. Tout d’abord, plutôt qu’une union politique, les objectifs de l’UMA sont la libre circulation des biens et des personnes ainsi que la révision des règlements douaniers pour arriver à la création d’une zone de libre-échange. Il est également question d’une unité de compte qui pourrait être utilisée pour le commerce inter-maghrébin. L’accord déjà conclu pour la construction d’un gazoduc de l’Algérie à l’Espagne via le Maroc est l’exemple concret de possibles projets d’intérêt mutuel. Parmi les autres projets approuvés ou pris en considération, signalons la création d’une Banque Maghrébine d’Investissement et de Commerce International pour financer des projets conjoints dans les domaines agricoles et industriels; l’amélioration du réseau ferroviaire et la création d’une autoroute reliant les pays membres.

Si elle a permis un doublement des échanges entre Etats membres, l’évolution du processus d’intégration au sein de l’UMA a été longtemps bloqué par l’embargo international imposé à la Libye, et l’est encore largement par la crise interne en Algérie et certaines dissensions entre les pays membres du fait notamment de la non-résolution de la question du Sahara Occidental.

La création formelle en 1998 de la CEN-SAD (Communauté des Etats sahélo-sahariens) par le colonel Kadhafi, en tant que nouvelle union de pays africains émergeants, est également vu comme une menace pour la pérénnité de l’UMA.