OCI (Organisation de la Conférence Islamique)

Créée en 1969, à l’initiative de l’Arabie Saoudite et suite à l’incendie criminel de la mosquée El-Aqsa de Jérusalem, ressenti comme une agression contre l’ensemble du monde musulman, l’Organisation de la Conférence Islamique (O.C.I.) prétend, avec ses 600 millions de citoyens, représenter le 5ème de l’humanité.

Le siège de l’Organisation est fixé à Djeddah et son actuel Sécretaire Général est Abdelouahed Belkeziz (Maroc, 1939). L’organisation a un statut d’observateur au sien des NU.

Elle se donne pour buts essentiels:

  • de promouvoir la solidarité entre états membres;
  • de prendre toute mesure pour aider à la paix et à la sécurité internationale fondée sur la justice;
  • de coordonner les efforts de sauvegarde des lieux saints et appuyer la lutte du peuple de Palestine et l’aider à récupérer ses droits et libérer son territoire.

Dans les faits, c’est un relais important, au sein de l’arène internationale, des prises de position politiques de la Ligue des Etats Arabes, même si les pays membres de la Ligue n’y sont plus majoritaires depuis 1984 et si leur population représente moins du quart de celle de l’ensemble des pays de l’O.C.I..

Les cinquante-sept membres de l’O.C.I. sont:

  • Afghanistan * (1969)
  • Albanie (1992)
  • Algérie (1969)
  • Arabie Saoudite (1969)
  • Azerbaijan (1992)
  • Bahrein (1972)
  • Bangladesh (1974)
  • Bénin (1983)
  • Brunéi (1984)
  • Burkina Faso (1974)
  • Cameroun (1974)
  • Comores (1976)
  • Cote d’Ivoire (2001)
  • Djibouti (1978)
  • Egypte (1969)
  • Emirats Arabes Unis (1972)
  • Gabon (1974)
  • Gambie (1974)
  • Guinée (1969)
  • Guinée-Bissau (1974)
  • Guyana (1998)
  • Indonésie (1969)
  • Irak (1975)
  • Iran (1969)
  • Jordanie (1969)
  • Kazakhstan (1995)
  • Kirghizie (1992)
  • Koweït (1969)
  • Liban (1969)
  • Libye (1969)
  • Malaisie (1976)
  • Maldives (1976)
  • Mali (1969)
  • Maroc (1969)
  • Mauritanie (1969)
  • Mozambique (1994)
  • Niger (1969)
  • Nigéria ** (1986)
  • Oman (1972)
  • Ouganda (1974)
  • Ouzbékistan (1996)
  • Pakistan 1969)
  • Palestine (1969)
  • Qatar (1972)
  • Sénégal (1969)
  • Sierra Leone (1972)
  • Somalie (1969)
  • Soudan (1969)
  • Surinam (1996)
  • Syrie (1972)
  • Tadjikistan (1992)
  • Tchad (1969)
  • Togo
  • Tunisie (1969)
  • Turkménistan (1992)
  • Turquie (1969)
  • Yémen (1969)

* Le siège de l’Afghanistan est vacant du fait que seuls trois pays membres de l’OIC – l’Arabie Saoudite, le Pakistan et les Emirats Arabes Unis – reconnaissent le régime des Talibans (qui contrôle 95% du territoire) tandis que l’Iran – l’actuel président de l’organisation – continue de reconnaître le régime anti-Taliban, qui contrôle environ 5% du territoire. M. Rabani, qui était déposé comme président par les Talibans, représentait l’Afghanistan aux sommets de l’OIC jusqu’en 1996. Les Talibans et M. Rabani ont été invités aux sommet de Doha en novembre 2000.
** Le Nigéria s’est retiré de l’Organisation en 1991. L’OCI n’a pas reconnu cette décision.

Le statut d’observateur a été octroyé à des pays comme la Bosnie Herzégovine, et la communauté musulmane de la « République turque du nord de Chypre ».

Des institutions tels que la Ligue Arabe, l’Organisation de l’Unité Africaine et les NU ont le statut d’observateurs.

La structure de l’Organisation est assez semblable à celle de la Ligue des Etats Arabes: Sommet, Conférence des Ministres des Affaires étrangères, Secrétariat général et organisations subsidiaires.

La Conférence des Rois et des Chefs d’Etats et de Gouvernements – le Sommet islamique – se réunit tous les trois ans et la Conférence des Ministres des Affaires étrangères deux fois par an en sessions normales.

Notons que les décisions peuvent ici être prises à la majorité des 2/3, ce qui est une différence notable par rapport au fonctionnement de la Ligue des Etats Arabes.

Signalons enfin que, nonobstant son nom, cette Organisation n’a rien de religieux. Ses buts sont politiques, culturels, économiques et sociaux. C’est ainsi que, d’une part, des Etats d’idéologie laïque comme, par exemple, l’Algérie, l’Irak, la Turquie ou la Syrie, y participent et que, de l’autre, certains Etats membres y sont représentés par des chrétiens. A contrario, plusieurs Etats comptant des centaines de millions de personnes de confession musulmane ne sont pas représentés au sein de l’OCI, comme l’Inde ou de la République Populaire de Chine.

En janvier 1998, l’OCI a condamné les massacres en Algérie en les qualifiant d' »anti-islamiques » et a appellé Alger à coopérer avec l’Union Européenne qui a exprimé le désir de participer à la recherche d’une solution à la crise. C’était la première fois qu’une institution islamique prenait une telle position dans le dossier algérien.

Après les attacks à New York et Washington, le 11 septembre 2011, l’OCI a issu un communiqué condemnant les actes «brutaux et criminals», et signalant qu’ils sont contraires à la religion et les enseignements de l’Islam. Le communiqué souligne également la nécessité de distinguer entre le terrorisme practiqué par des groupes ou individus et celui de la resistance nationale de gens voulant se libérer de l’occupation et du colonialisme.