Eau, Palestine

Les ressources locales en eau proviennent non seulement du Jourdain, et du Lac de Tibériade, mais aussi d’une vaste nappe aquifère montagneuse située presque entièrement en Cisjordanie. L’occupation depuis 1967 des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza a permis à Israël de répondre aux besoins croissants en eau pour son développement économique et sa politique de colonisation.

Depuis 1967, Israël a élaboré une législation rigoureuse limitant le droit des populations arabes (Druzes du Golan et Palestiniens) d’utiliser l’eau des Territoires occupés (sévères restrictions sur les forages, quotas stricts,…). Depuis cette date, l’eau y est d’ailleurs devenue « ressource stratégique sous contrôle militaire ». En 1992, on estimait la consommation totale d’eau par Israël à 540 m³ par an et par habitant, soit en moyenne cinq fois plus que ses voisins. Le prix de l’eau est fixé par Mekorot, la compagnie israélienne des eaux et varie de 0,50 $ le m³ pour les Israéliens à 1,20 $ le m³ pour les Palestiniens.

Le développement économique d’Israël se fonde sur une large utilisation des ressources en eau à sa disposition: Israël et les colonies juives utilisent environ 81% de cette eau, n’en laissant que 19% aux Palestiniens de Cisjordanie. L’exploitation excessive par Israël de la nappe aquifère située en Cisjordanie – qui couvre à elle seule un tiers de ses besoins en eau -entraîne par ailleurs un appauvrissement irréversible des réserves d’eau palestiniennes.

En 1987, les quotas en eau fixés par les autorités israéliennes pour la Cisjordanie étaient approximativement de 1000 m³ par an et par habitant pour les colons israéliens contre 137 m³ pour les Palestiniens. 5% seulement des terres exploitées par les Palestiniens sont irriguées contre 69% chez les colons israéliens alors que l’agriculture compte pour plus de 30% dans le PNB palestinien contre 5% seulement du PNB israélien.La situation s’est encore déséquilibrée depuis 1987.

Dans la Bande de Gaza, l’eau des nappes aquifères locales est intensivement pompée par Israël au profit de ses colonies et de ses installations agricoles proches, dans le Néguev. Les eaux du Wadi Gaza, le seul oued local important, sont quant à elles totalement interceptées par Israël avant d’atteindre la ville de Gaza. En 1987, les quotas en eau dans la Bande de Gaza étaient de 2326 m³ par an et par habitant pour les colons israéliens contre 123 m³ seulement pour les Palestiniens. L’utilisation de l’eau des nappes dépasse son renouvellement et on estime actuellement à 50 millions de m³/an le déficit en eau pour la Bande de Gaza. Outre ce déficit en eau, la situation sanitaire y est inquiétante: l’eau est fortement contaminée par l’infiltration de l’eau de mer, des fertilisants et des eaux d’égouts à un point tel qu’elle est quasiment impropre à la consommation.

Le contrôle de ces ressources reste une priorité pour Israël. La question de l’eau devrait toutefois être discutée – tel que le prévoit la Déclaration de Principes de septembre 1993 entre l’OLP et Israël (voir « processus de paix d’Oslo ») -dans le cadre des négociations sur le statut final des territoires palestiniens. Pour l’instant, quatre ans après Oslo, l’approvisionnement en eau de la population palestinienne n’a guère augmenté, que du contraire. Ainsi, en 1999, un rapport de B’tselem (organisation israélienne de défense des droits de l’Homme) donnait les chiffres de répartition des eaux de Cisjordanie selon les accords d’Oslo:

Répartition de la consommation des eaux de Cisjordanie:

  • Israël et Jerusalem-Est: 340 millions m3 (56,6%)
  • Colonies juives: 143 millions m3 (23,8%)
  • Palestiniens: 118 millions m3 (19,6%)

Voir également:

Eau au Moyen-Orient: enjeux et stratégies