FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine)

Le FDLP est une organisation palestinienne de gauche dirigée par son fondateur Nayef Hawatmeh. Le quartier général du FDLP se situe à Damas, mais un nombre de ses dirigeants se sont installés à partir de 1996 dans les territoires autonomes palestiniens.

L’ organisation est issue de la gauche du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) de Georges Habache dont Nayef Hawatmeh a fait scission en février 1969, créant le Front Démocratique et Populaire pour la Libération de la Palestine (FDPLP) qui deviendra FDLP en août 1974.

Si le FDLP adopte la même attitude aventuriste que le FPLP en 1969-1970 en Jordanie, il ne s’en différencie pas moins fortement sur le plan politique. Dès 1969, le FDPLP dénonce les slogans « chauvins » du type « jeter les Juifs à la mer » et entame l’année suivante un dialogue avec l’extrême-gauche israélienne. Enfin, à partir de 1973, il devient – avec le Fatah et les communistes palestiniens – l’un des plus ardents défenseurs d’un mini-Etat palestinien. Le 22 mars 1974, Hawatmeh accorde une retentissante interview au journal israélien Yedioth Aharonoth: « j’estime qu’il est très utile que la société israélienne, dans ses différentes composantes, prenne connaissance d’une position palestinienne révolutionnaire sur le conflit israélo-arabe. (…) Je ne vois pas pourquoi nous devrions accepter que la réaction arabe ouvre le dialogue avec les courants les plus extrémistes d’Israël et interdise aux forces progressistes d’en faire autant avec les forces progressistes israéliennes. Il est vrai qu’un tel dialogue constitue une menace à la fois pour le sionisme et la réaction arabe. »

A partir de 1977, le FDLP s’éloigne du Fatah, à qui il reproche ses compromis avec la « réaction arabe ». Hawatmeh tente néanmoins de tenir une ligne médiane entre Arafat et ses opposants. Chaud partisan du plan de Fès de 1982, il n’en condamne pas moins le rapprochement de l’OLP avec le Caire et Amman. Favorable à l’alliance avec la Syrie, il se démarque de celle-ci en de nombreuses occasions et refuse de rejoindre la dissidence palestinienne à Damas après la guerre du Liban de 1982.

Hawatmeh est le premier dirigeant Palestinien à envisager – longtemps avant Arafat – la coexistence entre un état palestinien et Israël. Cependant, le FDLP a refusé de participer à la Conférence de Madrid qui s’est tenue en 1991. La signature des Accords d’Oslo de 1993 a marginalisé le FDLP comme la plupart des autres factions de l’OLP. Malgré l’opposition du FDLP au processus de paix, l’organisation n’a pas mené d’attaques terroristes contre Israel pour saboter le processus, ceci jusqu’à l’arrêt du processus en septembre 2000.

Lorsqu’Israël permit à la plupart des membres du CNP de retourner dans les territoires palestiniens en 1996, le FDLP déplaça certains de ses dirigeants vers Gaza et la Cis-Jordanie. Cependant, le gouvernement Netanyahou s’opposa au retour de Hawatmeh. Entre-temps, le numéro deux du FDLP, Yasser Abed Rabbo, quittait le Front pour créer le FIDA (acronyme arabe inversé de l’Union Démocratique Palestinienne). Abbed Rabbo est enfin ministre de l’Information de l’Autorité palestinienne.

La réconciliation du FDLP ainsi que du FPLP avec Arafat eu lieu au Caire en août 1999. A cette occasion, le Fatah et le FDLP publièrent une déclaration commune dans laquelle ils formulèrent les principes de base du statut de Jérusalem, des réfugiés palestiniens et leur droit au retour, et un etat palestinien indépendant. Deux exigences importantes du FDLP furent acceptées par Arafat: que l’OLP ait le role le plus important dans les négociations sur le statut final et qu’un référendum soit tenu avant la signature d’un accord final avec Israël. Arafat invita un membre du FDLP à se joindre à la délégation palestinienne aux négociations de Camp David de l’été 2000.

Nayef Hawatmeh s’attira beaucoup de publicité négative parmi ses collègues palestiniens et arabes lorsqu’il serra la main du Président israélien Ezer Weizmann lors des funérailles du Roi Hussein de Jordanie en février 1999. Il faut noter que par l’originalité de ses analyses, par l’indépendance qu’il a su garder vis-à-vis des régimes arabes, Nayef hawatmeh a fait du FDLP une organisation à part dans le mouvement palestinien.

En août 2001, le FDLP lança une attaque contre l’armée israélienne pour la première fois depuis la Conférence de Madrid, tuant 3 soldats israéliens.

Suite aux attaques terroristes sans précédent menées le 11 septembre 2001 contre des sites commerciaux et politiques américains (le World Trade Center à New York, le Pentagone à Washington DC et à Pittsburgh en Pennsylvanie), une chaîne arabe reçut un appel anonyme disant que le FDLP était responsable des attentats mais le FDLP a démenti catégoriquement cette information, niant toute implication et condamnant l’opération.