FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine)

Le FPLP trouve son origine dans le Mouvement des Nationalistes Arabes (MNA) créé à Beyrouth par deux étudiants, l’un réfugié palestinien, Georges Habache, l’autre Syrien et précédemment volontaire dans le corps expéditionnaire arabe en Palestine en 1948. Mouvement pan-arabe, le MNA disparaît après la défaite arabe de 1967.

Précédemment, en 1964, réagissant à la création de l’OLP cette même année, la branche palestinienne du MNA s’était constituée en groupe autonome sous le nom de « Front National pour la Libération de la Palestine » et mena plusieurs actions contre le territoire israélien à partir de novembre 1964. Fin 1967, le groupe change de nom et devient « Front Populaire pour la Libération de la Palestine ».

Installé en Jordanie avec les autres organisations de fedayin, le FPLP développe un grand activisme sur le terrain et se fait connaître de l’opinion internationale par des détournements d’avions. Affaibli en février 1969 par une scission impulsée par Nayef Hawatmeh, le FPLP n’en joue pas moins un rôle provocateur dans le royaume hachémite, où il appelle à la chute du régime et entraîne l’OLP dans l’affrontement de septembre 1970 qui verra l’élimination de la résistance palestinienne en Jordanie.

Après cette défaite, le FPLP infléchit ses orientations. Il renonce en 1972 aux « opérations à l’extérieur », préférant concentrer ses coups en Israël et dans les Territoires occupés, mais sans établir de distinction entre objectifs militaires et civils. Il adopte le marxisme-léninisme comme théorie et rompt avec ses éléments les plus extrémistes. Après 1973, le FPLP n’en n’est pas moins au coeur de l’opposition aux nouvelles orientations modérées de l’OLP. Suite à la signature des accords de Camp David, l’unité palestinienne se ressoude mais le FPLP, qui a quitté le Comité Exécutif en 1974, ne le réintègre qu’en 1981. Les divergences restent profondes entre le FPLP et le Fatah, et éclateront à nouveau après la guerre du Liban en 1982.

Le FPLP se retrouvera alors à nouveau au centre d’une coaltion anti-Arafat, avec les dissidents palestiniens basés à Damas et qui s’opposaient aux négociations avec la Jordanie, mais aussi au plan de Fès. Mais il refusera la création d’une « OLP bis » qui n’aurait pu qu’affaiblir la cause palestinienne. Le FPLP reste une des forces principales de l’OLP, et même si Georges Habache s’est abstenu lors de certains votes cruciaux lors du 18ème Conseil National Palestinien réuni à Alger en novembre 1988, il soutient depuis les décisions qui y ont démocratiquement été adoptées.

Deuxième organisation palestinienne après le Fatah, le FPLP est surtout influent dans les camps de réfugiés.

Une réconciliation du FPLP ainsi que du FDLP avec Arafat eu lieu au Caire en août 1999 à la veille du début des négotiations sur le statut final des territoires palestiniens. Le FPLP fut représenté par son vice-secrétaire général de l’époque Abu Ali Mustafa (né Mustafa Zibri) et cinq autres membres du groupe. (George Habache refusa de rencontrer Arafat).

En avril 2000, Georges Habache démissiona de son poste de secrétaire général, tout en soulignant qu’il poursuivrait des activités politiques, et c’est Abu Ali Mustafa qui lui succéda suite à un vote au sein du groupe. En août 1999, ce dernier se reinstalla dans les territoires palestiniens, après 29 ans d’exil, et ouvrit un bureau à Ramallah. Le FPLP mena des attaques pendant la seconde intifada contre Israël et les colonies de peuplement. Le 27 septembre 2001, Abu Ali Mustafa fut assassiné par les forces israéliennes. Le FPLP n’a pas encore décidé qui le remplacera à la tête du groupe.

Le 18 octobre 2001, un commando du FPLP assassina à Jérusalem le Ministre du Tourisme, Rehavam Zeevi, membre d’un parti d’extrème droite israélien, pour venger l’assassinat d’Abu Ali Mustafa. C’est le premier meurtre d’un ministre israélien par un groupe palestinien.