Hébron

Ville palestinienne de Cisjordanie située à 35 km au sud de Jérusalem, à une altitude de 1000 m.

Hébron est, avec Jérusalem-Est, la seule ville des territoires palestiniens où vivent des colons israéliens. Ils sont à peine 450 – parmi les plus radicaux des ultra-nationalistes religieux -, protégés par une forte présence militaire israélienne, à vivre parmi 120.000 Palestiniens. Dans un tel contexte, Hébron est devenu un fief du Hamas.

L’antagonisme entre Juifs et Musulmans contredit l’existence de liens existant entre les deux croyances religieuses et le fait que la ville (Hevron, en hébreu; El Khalîl, en arabe) est, selon la tradition, l’endroit où est enterré Abraham/Ibrahim et sa famille. Les Juifs considèrent Abraham comme leur ancêtre, alors qu’Abraham (Ibrahim) est considéré par l’Islam comme le premier Musulman.

Interdits de séjour à Hébron par les Romains après la chute de Jérusalem en 70 PCN, les Juifs reçoivent du célèbre Saladin (Sultan d’Egypte en lutte contre les Croisés) l’autorisation de revenir dans la ville au XIIè siècle. A la même période, une église et une mosquée sont construites sur le site du tombeau d’Abraham.

Sous le Mandat britannique, Hébron abrite une petite communauté juive essentiellement composée de Juifs orthodoxes originaires du bassin méditerranéen et d’Europe de l’Est. En 1929, sur fond de tension croissante entre le mouvement sioniste et le mouvement palestinien, un massacre est commis au terme duquel 69 Juifs sont tués, tandis que la plupart des autres sont protégés par leurs voisins musulmans, avant d’être relogés dans les environs de Jérusalem. En 1933, les derniers habitants juifs quittent la ville. En 1974, sept ans après la conquête de juin 67, et en dépit de l’opposition du gouvernement israélien, des membres du Goush Emounim du rabbin Moshe Levinger s’installent illégalement au centre d’Hébron, arguant du droit des Juifs d’Hébron à revenir dans leurs foyers, un argument contesté par certains descendants réels des familles quis’étaient enfuies en 1929, lesquels dénient aux colons d’extrême droite de parler en leur nom.

En février 1994, un Israélien résidant dans la colonie voisine de Kiryat-Arba (un des noms donnés par la Bible à Hébron), Baruch Goldstein, pénétrait dans la mosquée d’Hebron et massacrait 29 fidèles musulmans avant d’être maîtrisé et lynché. Cet acte assombrit temporairement le processus de paix israélo-palestinien. Afin de prévenir tout autre incident, la sécurité fut renforcée et Israël accepta la présence d’un corps d’observateurs internationaux, la TIPH, censée rassurer la population palestinienne.

En vertu de l’Accord Intérimaire sur la Cisjordanie et Gaza (Accord de Taba ou Oslo II) de septembre 1995 (voir processus de paix d’Oslo), alors que les troupes israéliennes s’étaient déjà redéployées des principales villes palestiniennes (Zone A) avant les élections législatives palestiniennes (20 janvier 1996), Hébron devait être partiellement évacuée – une présence militaire israélienne subsistant pour la protection des colons – avant la fin de mars 1996. Après des mois de tergiversation et de violentes émeutes en septembre 1996, le Premier ministre Netanyahou (Likoud) et Yasser Arafat signaient le 15 janvier 1997 un accord sur le redéploiement israélien à Hébron. La ville était divisée en une zone H1 (120.000 Palestiniens) placée sous administration palestinienne et une zone H2 (lieux saints, 20.000 Palestiniens et 450 colons) maintenue sous occupation israélienne. Depuis l’éclatement de « l’Intifada El Aqsa », Hébron est l’un des points d’affrontements les plus violents en Cisjordanie.