OLP (Organisation de Libération de la Palestine)

L’Organisation de Libération de la Palestine a été créée à Jérusalem en 1964, à l’instigation de la Ligue des Etats Arabes, par la première réunion d’un Conseil National Palestinien (CNP). Ce premier Conseil, constitué de 422 personnalités palestiniennes représentatives, adopta la Charte Nationale palestinienne et créa formellement l’OLP avec à sa tête un avocat palestinien qui avait travaillé comme diplomate pour divers gouvernements arabes, Ahmed Choukeiri.

La création de l’OLP marque un changement d’attitude des palestiniens : auparavant, c’était par le biais de l’unification arabe qu’ils voyaient généralement la solution de leur problème. L’échec en 1961 de l’unification entre l’Egypte et la Syrie d’une part, la victoire de la lutte de libération nationale en Algérie en 1962 de l’autre, sont deux éléments déterminants de cette prise de conscience.

L’organe suprême de l’OLP est le CNP, lequel désigne le Comité Exécutif qui s’occupe des affaires courantes entre deux de ses réunions. Ceci n’a pas changé depuis sa création. Mais de nombreuses transformations sont intervenues entretemps, principalement après la guerre de 1967. Jusque-là, l’OLP était restée extrêmement dépendante des états arabes, et plusieurs organisations s’étaient créées parallèlement. Après la défaite de 1967, et parce qu’elles ont été les seules à lutter contre l’occupation, celles-ci s’intègrent à l’OLP : deux d’entre elles, le Fatah et le FPLP obtiennent dès 1968 la moitié des sièges du CNP, tandis qu’Ahmed Choukeiri démissionne. Un an plus tard, c’est Yasser Arafat, chef du Fatah, qui est désigné par le CNP comme président de l’OLP.

Reconnue comme représentant du peuple palestinien par tous les états arabes lors de leur sommet de 1974, l’OLP obtient le statut d’observateur aux Nations Unies la même année et devient membre à part entière, à l’instar d’un état, de la Ligue des Etats Arabes en 1976. Ceci n’a pas empêché certains états arabes de tenter de créer une « OLP bis » quand sa politique s’est trop éloignée à leur goût de la leur. Ce fut le cas en 1978, lorsque l’Irak suscita la création à Bagdad d’un « Front du Refus » (cfr Abou Nidal et FPLP-CG), puis en 1983 lorsque la Syrie parraina à Damas l’émergence d’un « Front de Salut National Palestinien » (cfr FPLP et FDLP), toutes tentatives qui ont échoué.

Parmi les pays d’Europe occidentale, l’Espagne fut le premier à donner un statut diplomatique complet à une représentation de l’OLP, suivie depuis par le Portugal, l’Autriche, la France, l’Italie et la Grèce.

Jusqu’en 1990, l’OLP a deux sources de financement : les contributions annuelles des états arabes et une taxe annuelle variant de 3 à 6% sur les revenus des Palestiniens. Parmi ces états, l’Arabie Saoudite était le principal et le plus régulier des contributeurs. L’invasion du Koweit par l’Irak en août 1990 et la position de  » neutralité active  » adoptée par l’OLP a eu pour conséquence que les pays du Golfe réduisent à pratiquement néant leurs contributions, précipiatant l’OLP au bord de la banqueroute, ce qui, pour certains, explique la rapidité avec laquelle l’organisation aurait signé des accords d’Oslo très déséquilibrés du point de vue palestinien.

Le Comité Exécutif de l’OLP se compose actuellement de 18 membres, chacun à la tête d’un département. Le département politique (le « ministère des Affaires Etrangères » de l’OLP) est dirigé par Farouk Kaddoumi, qui est, avec Arafat, un des fondateurs du Fatah. Mais, Farouk Kaddoumi ayant refusé de reconnaître le processus lancé à Oslo, il n’a pas suivi ses collègues partis fonder l’Autorité palestinienne dans les territoires occupés et, sans être exclu et sans avoir démissionné, il est resté à Tunis.