Territoires Occupés

On comprend généralement sous l’appellation de « Territoires occupés » les territoires de l’ancien mandat britannique de Palestine occupés par Israël suite à la guerre de 1967 – à savoir la Cisjordanie et la Bande de Gaza. En fait, d’autres territoires ont été occupés en même temps et le sont toujours, comme le territoire syrien du Golan. D’autres se sont ajoutés à cette liste au sud du Liban: la « zone de sécurité » israélienne dans cette région. Cette dernière a été évacuée par Israël en mai 2000.

Pour ce qui concerne les territoires palestiniens occupés, leur statut a connu pas mal de changements depuis le début du siècle, et des situations différentes selon les régions.

Après 1948 et la première guerre israélo-arabe, ils furent administrés par deux Etats arabes: la Bande de Gaza par l’Egypte, la Rive occidentale du Jourdain – également appellée Cisjordanie – par la Jordanie. Tandis que Le Caire se bornait à assurer l’administration de Gaza, Amman intégra la Rive occidentale au royaume hachémite. Avec pour conséquence que les Palestiniens de Cisjordanie eurent un passeport jordanien et une nationalité jordanienne reconnue. L’intégration de la Cisjordanie à la Jordanie eut pour conséquence un conflit de légitimité entre l’OLP et la monarchie hachémite sur la question de savoir qui était le représentant légitime des Palestiniens. Ce conflit portait tant sur la Cisjordanie que sur la diaspora palestinienne qui, en Jordanie proprement dite, représente aujourd’hui 60% de la population totale. Dramatisé lors du fameux Septembre Noir, ce conflit de légitimité fut réglé en 1988 lorsque la Jordanie renonça à toute prétention sur la Cisjordanie, ouvrant ainsi la voie à la proclamation d’un Etat de Palestine par l’OLP en novembre 1988.

Après la guerre de 1967, Israël annexe Jérusalem-Est, dont les habitants conservent la nationalité jordanienne, et administre le reste de la Rive occidentale et Gaza, mais avec des lois sensiblement différentes. C’est ainsi qu’en 1972, puis en 1976, dans l’espoir de voir émerger des autorités locales qui leur seraient favorables, les Israéliens organisèrent des élections municipales en Cisjordanie selon la législation jordanienne – les dernières remontaient à 1963 – mais durent nommer les maires dans la Bande de Gaza. S’étant révélés trop favorables à la résistance palestinienne, les maires furent tous progressivement démis par l’occupant, à l’exception de ceux de Betléhem et de deux villages voisins, malgré leurs positions identiques. Depuis, Israël s’est bien gardé de rééditer l’expérience.

Après les décisions d’août 1988 du roi Hussein revenant sur l’intégration de la Rive occidentale au sein du royaume hachémite, Cisjordanie et Gaza se trouvant pratiquement dans la même situation d’occupation sur le plan juridique

A la suite de la mise en oeuvre partielle des Accords d’Oslo (initiés en septembre 1993), l’appellation « Territoires palestiniens » renvoit à la fois aux « Territoires autonomes palestiniens » pour ce qui concerne les zones A et B (qui représentent respectivement 18% et 21% de la Cisjordanie, et 70% de la Bande de Gaza) et aux « Territoires occupés » de la zone C cisjordanienne, de Jérusalem-Est et des zones de colonisation restantes de la Bande de Gaza.
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N.B.: alors que la pratique des institutions internationales et de l’Europe est d’appeller ces régions « Territoires occupés », les Israéliens les ont désignés ou les désignent, selon leur opinion politique, sous le nom de « Territoires administrés »(Travaillistes), « Judée, Samarie et Gaza » (Likoud). La presse israélienne, elle, use invariablement des termes « Judée-Samarie-Gaza », « Territoires » et « Cisjordanie et Gaza ».