Armée Populaire de Libération du Soudan – APLS

L’APLS a été créée en 1983 comme branche armée du MPLS (Mouvement Populaire de Libération du Soudan) au moment du déclenchement de la guerre civile, contre la décision du général Nemeiry d’imposer la Charia à l’ensemble des populations du pays.

L’APLS regroupe l’opposition chrétienne et animiste du Sud-Soudan contre le pouvoir arabo-musulman de Khartoum. D’un point de vue ethnique, elle est majoritairement composée de Dinkas.

Elle est dirigée par John Garang, un dinka chrétien, ancien colonel de l’armée soudanaise et ami personnel du président Ougandais Museveni (compagnon d’études à l’université Dar as-Salam de Tanzanie dans les années 1960).

En 1991, le commandant en second de Garang, Riak Machar, a tenté sans succès de le renverser mais a provoqué l’éclatement du mouvement. Le gouvernement soudanais a profité de cette situation pour se faire des alliés parmi les dissidents de l’ALPS, y compris M. Machar.

En 1995, l’APLS était pratiquement refoulée hors du Soudan. Elle a survécu en démocratisant ses structures et grâce à l’aide extérieure de l’Ouganda et sans doute de l’Erythrée et de l’Ethiopie. Les Etats-Unis, à travers l’aide apportée aux pays voisins du Soudan (en 1996, les E.U. annonçaient plus de 20 millions $ d’aide militaire répartis entre l’Ouganda, l’Erythrée et l’Ethiopie) soutiennent l’APLS, malgré les démentis américains.

Le 21 avril 1997, le gouvernement soudanais concluait un accord avec cinq groupes sudistes dissidents de l’APLS. Cet accord prévoyait un réferendum d’auto-détermination dans les quatre ans et la mise en place d’un Conseil de coordination qui devait entretemps diriger le sud du pays. Le 7 août, Riak Machar était nommé président du Conseil de coordination. En échange, les factions sudistes fusionnaient au sein des Forces de Défense du Sud-Soudan pour mener la guerrre contre l’APLS. L’APLS et l’AND (Alliance Nationale Démocratique, fédération des forces d’oppositions du Nord, basée à Asmara en Erythrée) ont dénoncé cet accord de paix séparé comme une trahison et formé une alliance sous le commandement militaire de John Garang.

En mai 1998, le gouvernement soudanais et l’APLS ont finalement accepté, sous les auspices de l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement, compsée de Djibouti, la Somalie, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Ouganda et Soudan) le principe d’un réferendum d’auto-détermination sous supervision internationnale. D’importants problèmes subsistent, comme le fait par exemple que la carte du Sud-Soudan telle que proposée par l’APLS englobe la majorité des zones pétrolières tandis que celle qu’envisage le gouvernement couvre une zone plus réduite.