• 2014122929/12/2014
    Essebsi président à 88 ans : Triomphe démocratique ou servitude volontaire ?
    Par Selim Bourokba L’élection démocratique de M. Caïd Essebsi au rang de Président de la seconde République tunisienne semble conclure le premier des Printemps arabes par un dénouement heureux. Or le leader de 88 ans, membre de la « vieille garde », est loin de faire l’unanimité parmi les Tunisiens, d’autant qu'ils s’interrogent sur sa capacité à relever les défis sociaux, économiques et sécuritaires du pays.
  • 2014121919/12/2014
    La Turquie d’Erdoğan s’éloigne encore un peu plus de l’Europe
    Par Barbara Gianessi Lors de sa visite en Turquie la semaine dernière, la chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Federica Mogherini, a suscité l’espoir de ceux qui plaident en faveur d'une nouvelle relation entre l'UE et la Turquie. Cette réunion, un mois seulement après la nomination de Mme Mogherini, a été interprétée comme une démonstration de bonne volonté pour renforcer le partenariat de l'UE avec Ankara, qui pendant longtemps est restée dans un état d'inertie. Lors de sa visite, Mme Mogherini a appelé à un “alignement plus fort sur la politique étrangère" avec la Turquie, soulignant l'importance d'une coopération plus étroite dans la lutte contre les militants de l'État islamique (IS) et concernant les sanctions de l'UE contre la Russie. Pendant son séjour en Turquie, Mogherini a visité également des camps de réfugiés à Gaziantep, sur la frontière turco-syrienne, promettant 85 millions de dollars d’aide supplémentaire aux réfugiés.
  • 2014121111/12/2014
    Liban, vers une prochaine élection présidentielle ?
    Par Selim Bourokba, Institut Medea L’impasse présidentielle qui déstabilise le pays depuis le 25 mai dernier pourrait bien trouver une issue prochaine. En effet, les annonces de dialogue entre le bloc du Futur mené par Saad Hariri et le Hezbollah ont suscité ces derniers jours de nouveaux espoirs, tandis que la Russie, l’Iran, la France et l’Union Européenne réaffirment leur volonté que le Liban retrouve sa stabilité politique, en dépit des divergences persistantes sur les dossiers syrien et ukrainien. Cela fait bientôt sept mois que la crise politique libanaise a débuté, et que les deux principaux partis chrétiens, les Forces Libanaises de Samir Geagea et le Courant Patriotique Libre (CPL) du général Michel Aoun, ne parviennent pas à s’accorder sur la désignation d’un successeur à Michel Sleiman. La crise a atteint un nouveau sommet le 5 novembre, quand les députés libanais ont voté à une large majorité la prorogation du mandat du Parlement jusqu’au 20 juin 2017, sans même consulter les Libanais.
  • 2014120404/12/2014
    Elections en Tunisie : le « printemps » à l’épreuve des urnes  
    Par Servane Poncet, Institut MEDEA Alors que les soulèvements populaires amorcés en 2011 dans le monde arabe se sont mués en un retour à l’autoritarisme, comme en Egypte, voire en guerre civile comme en Syrie ou en Libye, la Tunisie semble sortir son épingle du jeu en poursuivant sa transition politique. Après les élections législatives du 26 octobre, qui se sont déroulées sans incident majeur, le pays organise son deuxième scrutin en deux mois. Signe que, malgré des crises politiques et la situation sécuritaire préoccupante, le processus démocratique se fraye un chemin. Dimanche 23 novembre, les Tunisiens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau président de la République. Fonction symbolique s’il en est puisque, depuis l’adoption de la nouvelle Constitution républicaine le 10 février 2014, l’essentiel du pouvoir exécutif se concentre désormais entre les mains du Premier ministre.
  • 2014112828/11/2014
    Face au Maréchal Al-Sissi, les dirigeants européens démontrent qu’ils n’apprennent pas de leurs erreurs
    Par Geoffroy d’Aspremont Oubliant les récriminations passées sur la sévère répression qui a suivi le renversement du président Morsi en 2013 par l’armée, l’Italie, puis la France ont accueilli le nouveau maitre de l’Egypte, le Maréchal Al-Sissi, avec tous les honneurs. Voici le nouveau régime liberticide du Caire légitimé par les européens. Les discussions ont principalement tourné autour de la situation en Libye, la négociation de contrat militaires, et bien sûr la lutte contre le « terrorisme » qui offre au gouvernement égyptien un prétexte suffisant vis-à-vis des européens pour justifier la sévère répression et les réductions des libertés individuelles et collectives en Egypte. Ni les Italiens ni les Français ne se sont montrés très critiques concernant les exactions de la répression en Egypte, préférant glorifier « un partenaire stratégique » incontournable, comme l'a souligné Rome, ou « un grand pays et grand partenaire de la France », comme cela a été entendu à Paris.
  • 2014111919/11/2014
    Cinquième rencontre de l’ACM à Marseille : Pour la construction d’une communauté des peuples méditerranéens
    Cinquième rencontre de l’ACM à Marseille : Pour la construction d’une communauté des peuples méditerranéens Par Sébastien Boussois Depuis sa création en 2008, l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACM) vise à favoriser la consolidation de la parole et de l’action citoyennes à travers l’organisation d’activités et de rencontres et la création d'espaces de dialogue. Ses membres participent activement aux requis pour l’émergence d'une citoyenneté et d’une communauté méditerranéennes des peuples. L’ACM s’est aussi dotée d’une Charte constitutive fondée sur les valeurs de démocratie, de liberté, de paix, ainsi que sur le respect de la diversité culturelle et de la responsabilité environnementale. L’ACM a organisé cette année à Marseille (France) à la Villa Méditerranée, sa cinquième rencontre, du 13 au 16 novembre dernier.
  • 2014102727/10/2014
    Un grand colloque sur les villes arabes à la Mairie de Paris
    Le colloque sur les Villes du Monde arabe, qui s'est déroulé le 23 octobre 2014 à la Mairie de Paris, coorganisé par le Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient, le CEDEJ (Le Caire), la revue Moyen-Orient, et l'institut MEDEA, a été un grand succès scientifique. Plus d'une centaine de personnes ont assisté toute la journée à un programme d'interventions extrêmement fourni, riche, et diversifié, ouvert tôt le matin par l'ambassadeur de Palestine à l'UNESCO, Elias Sanbar. Ce dernier est revenu sur le rôle déterminant et stratégique que joue Jérusalem pour les Israéliens et les Palestiniens et a appelé à ce que la ville trois fois sainte reste une ville qui rassemble plus qu'elle ne divise. Parce que le changement des sociétés s'opère bien souvent dans les villes, il était impératif de revenir lors du colloque annuel du Cercle des Cercheurs sur le Moyen-Orient, sur l'importance qu'elles ont joué depuis trois ans dans le bouleversement régional qu'a connu la région.
  • 2014101717/10/2014
    Mohammed VI un dirigeant vraiment si différent des nôtres? 
    Par Institut MEDEA Les livres qui sortent sur le roi Mohamed VI, « roi des pauvres », depuis quelques années, font le bonheur des éditeurs, des libraires et des médias français. C'est une obsession hexagonale en comparaison de ce qui se passe en Algérie et en Tunisie. Mais qu'apportent-ils vraiment ? Après « Notre ami le Roi » de Gilles Perrault, le livre-référence en matière de critique de la dynastie alaouite et du royaume chérifien depuis vingt ans, voila que le journaliste marocain Omar Brousky, publie « Mohamed VI, derrière les masques », préfacé par...le même Gilles Perrault (éditions du nouveau monde, Paris, 2014). L'année dernière, il y avait eu « Le Roi prédateur » de Catherine Graciet et Eric Laurent, et en 2012 « Paris Marrakech » de Ali Amar et Jean-Pierre Tuquoi. Ces livres racontent tous la même chose : les relations sulfureuses historiques entre Paris et Rabat, la personnalité terrible du roi Hassan II, les prisons marocaines, la difficulté du successeur Mohamed VI à trouver sa place, le développement de ses affaires et son business, sa santé et sa déprime, les désillusions de la démocratisation.
  • 2014101414/10/2014
    Radicalisation et stratégies anti-terroristes en Europe
    Par Marjon Goetinck, Institut MEDEA   L’environnement sécuritaire international a connu des changements importants ces dernières décennies. Les récents développements en Syrie et en Irak, le nombre grandissant de combattants étrangers, la radicalisation de certaines communautés, soulève non seulement un certain nombre de préoccupations sécuritaires pour l’occident, mais conduit également à une polarisation accrue des...
  • 2014100707/10/2014
    La détente Iran-Occident : Entre rhétorique et perceptions erronées
    Par Barbara Gianessi La rencontre historique entre le président iranien Hassan Rohani et le Premier ministre britannique David Cameron, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 24 Septembre, a été considérée comme un signe du dialogue croissant entre l’Europe et Téhéran. La rencontre entre les chefs d’Etat des deux pays, en effet, n'avait pas eu lieu depuis la révolution iranienne de 1979. Les relations diplomatiques entre l'Iran et le Royaume-Uni avaient été interrompues en 2011, après qu'un groupe de manifestants aient pris d'assaut l'ambassade britannique à Téhéran pour protester contre de nouvelles sanctions contre Téhéran de la part de Londres. Depuis l'élection de Rohani, les deux pays se sont dirigés vers le rétablissement de leurs relations diplomatiques, mais la récente réunion entre M. Rohani et M. Cameron symbolise
  • 2014092222/09/2014
    Où en est le dialogue des cultures en Méditerranée ?
    Par Servane Poncet Près de 90 personnes, acteurs de la société civile, membres de diverses organisations euro-méditerranéennes et promoteurs du dialogue interculturel, ont répondu présents pour la conférence-débat organisée le 15 septembre au Parlement belge par l'Institut MEDEA, chef de file du réseau belge de la Fondation Anna Lindh. Nous avons l’honneur d’accueillir le président de la Fondation Anna Lindh (FAL), André Azoulay, son directeur exécutif, Andreu Claret, ainsi que Roel Deseyn, vice-président de l’institut MEDEA et représentant du parlement fédéral belge. Cette rencontre était l'occasion d'évoquer à la fois les enjeux liés au changement social dans la région euro-méditerranéenne, au travers des conclusions du dernier rapport de la fondation, mais également de présenter les actions concrètes menées ces deux dernières années par la Fondation et ses partenaires en matière de dialogue interculturel.
  • 2014091111/09/2014
    Rien, sinon une défaite, n’est aussi mélancolique qu’une victoire 1 ; leçons de 50 jours de guerre à Gaza
    Par Sébastien BOUSSOIS Est-il possible de faire un bilan des vainqueurs et des vaincus de l’opération « Bordure Protectrice » qui pendant 50 jours a vu la bande de Gaza bombardée quotidiennement pour tenter d’affaiblir le Hamas voire de réduire totalement sa capacité de nuisance ? L’histoire permettra de prendre du recul, mais dès à présent, il y a quelques évidences. L’idée que le Hamas ait remporté une victoire mais pas la guerre après l’opération « Bordure protectrice » a fait son chemin depuis quelques jours dans la presse et auprès des spécialistes. Mais rien ne fait plus débat en réalité que cette conclusion d’une guerre de 50 jours qui fit tout de même plus de 2000 morts dans le petit territoire de Gaza, dont près de 600 enfants, 10 000 blessés et plus de 200 000 déplacés. En réalité, au-delà des pertes considérables côté palestinien, mais aussi symboliquement côté israélien au regard du nombre de victimes habituel (72 morts dont 66 soldats de Tsahal, du jamais vu dans les guerres que l’Etat hébreu a mené contre Gaza), chacun a tenté un temps de s’approprier la victoire d’une guerre qui n’a mené à rien. Ou presque.
  • 2014090505/09/2014
    Seuls le droit et la justice apporteront la paix au Proche-Orient, non les canons
    Par Geoffroy d’Aspremont, Institut MEDEA Suite au cessez le feu qui a mis fin au récent conflit armé opposant le Hamas palestinien à l’armée israélienne, chaque camp tente désormais de revendiquer la victoire, pour mieux justifier ses actes, ses crimes et sa politique de haine et de rejet. Dans ce conflit israélo-palestinien qui n’en finit plus, chaque camp est évidemment perdant, puisque les perspectives d’une paix juste, et donc de sécurité à long terme pour tous, paraissent désormais de plus en plus lointaines. Si nous pouvons disserter des heures sur les responsabilités de chacun dans le conflit et prendre parti pour un camp ou un autre en fonction de sa sensibilité ou de ses intérêts partisans, Celui qui recherche une issue au conflit ne peut que constater trois choses. Ce sont les radicaux, les adversaires de la paix, qui donnent le ton dans chaque camp. Les modérés sont considérés soit comme des traîtres à la cause nationale, soit comme des faibles, voire des corrompus. Au vue de l’endoctrinement systématique que subit de la jeunesse de part et d’autres, on imagine mal comment les choses pourront évoluer vers plus de respect mutuel ou d’empathie dans les prochaines années.
  • 2014082626/08/2014
    Les États européens accroissent leur engagement en Irak, mais à quel prix?
    Par Barbara Gianessi, Institut MEDEA Après plusieurs semaines d'hésitation, l'Union européenne a décidé d'approuver la décision de certains États membres d'une plus grande implication dans le conflit irakien. Lors d'une réunion d'urgence, qui s'est tenue le 15 Août à Bruxelles, les vingt-huit ministres des Affaires étrangères européens ont publié une déclaration commune accueillant tout effort visant à fournir des armes aux combattants kurdes, actuellement engagés dans une confrontation intense contre les militants de l'État Islamique dans le nord de l'Irak [1]. La France et le Royaume-Uni ont déjà commencé à livrer des fournitures militaires aux forces kurdes, tandis que l'Italie et la République Tchèque examinent les différentes options pour intervenir. L’Allemagne réfléchit encore à approvisionner les militaires dans le nord de l'Irak, surtout dans le domaine du transport et d’équipements non létales.
  • 2014072525/07/2014
    Le cèdre secoué mais toujours debout
    Par Nicolas Wattelle, Institut MEDEA. Alors qu’autour de lui, les pays se déchirent dans des luttes confessionnelles et identitaires, le Liban semble résister et garder un semblant de stabilité. Pourtant plusieurs éléments laissent penser que le pays pourrait sombrer dans le chaos comme ses voisins. Premièrement, en interne, le pays connaît une impasse présidentielle depuis le 23 avril dernier. La constitution libanaise du 23 mai 1926 impose l’élection d’un président chrétien maronite. Mais les deux principaux camps, les Forces Libanaises, parti chrétien de Samir Geagea et le Courant Patriotique Libre du général Michel Aoun, n’arrivent pas à élire un successeur à Michel Sleiman dont le mandat a expiré depuis le 25 mai 2014.
  • 2014070101/07/2014
    Gush Etzion, symbole historique de la colonisation frappé en plein cœur : trois innocents en paient le prix
    Par Sébastien Boussois, conseiller scientifique à l'Institut MEDEA et spécialiste de la question israélo-palestinienne Ils avaient 16, 16 et 19 ans. Ils étaient nés entre l’assassinat de leur premier Ministre Ithzak Rabin en 1995 et la seconde Intifada en 2000, au cœur de l’histoire contemporaine de l’Etat d’Israël. Deux évènements tragiques. Innocents, Naftali Fraenkel, Gilad Shaare et Eyal Yifrach ont été retrouvés morts dix-huit jours après avoir été enlevés à Hébron, à la sortie de l’école, à l’intersection de Gush Etzion en Cisjordanie.
  • 2014062727/06/2014
    En Mauritanie, la transition politique se fait attendre
    Par Philippe Bannier, Institut MEDEA Alors que les projecteurs médiatiques sont tournés vers l’Irak et la Syrie, l’élection présidentielle en Mauritanie s’est déroulée ce 21 juin en toute discrétion. Certes, le résultat était connu d’avance dans ce pays arabe dirigé, de près ou de loin, par les militaires depuis son indépendance en 1960. La Mauritanie, qui vit au rythme des coups d’Etat depuis des décennies, est actuellement présidée par Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a renversé en 2008 le premier gouvernement élu de l’histoire du pays. Il a été élu ensuite président en 2009, et s’est fait réélire ce samedi 21 juin à 81,89 %, au cours d’un scrutin dont la légitimité était contestée.
  • 2014062020/06/2014
    Les divisions confessionnelles, racines des luttes en Irak et au Moyen-Orient
    Par Geoffroy d’Aspremont, Institut MEDEA La semaine dernière, la deuxième plus grande ville d’Irak, Mossoul, tombait entre les mains du groupe armé radical «l’Etat Islamique en Irak et au Levant » (EIIL) qui contrôle désormais de plus en plus de villes irakiennes, et se rapproche de Bagdad où siège le gouvernement du Premier ministre, Nouri Al Maliki. Le contrôle par ce groupe (et ses alliés sunnites) d’une partie de l’Irak et de la Syrie et l’impuissance tant des gouvernements régionaux que des autres groupes rebelles à les éliminer pourrait durablement modifier la physionomie de la région.
  • 2014061111/06/2014
    Tendances interculturelles et changement social dans la région euro-méditerranéenne
    Par Ahmad Aminian (Centre Culturel Omar Khayam) et Marjon Goetinck (Institut MEDEA) La Fondation Anna Lindh a réalisé un sondage (mené par Gallup) dans 13 pays, dont la Belgique, sur les tendances interculturelles dans la région euro-méditerranéenne. Le rapport, intitulé ‘Tendances Interculturelles Euro-Med 2013’, se base sur une enquête d’opinion sur un échantillon de 13 500 personnes vivant sur les deux rives de la Méditerranée, en parallèle d’analyses réalisées par des experts sur les enjeux clés qui alimentent actuellement les débats publics.
  • 2014060707/06/2014
    Causes et conséquences d’un possible retrait de la Coupe du Monde au Qatar
    Par Nicolas Wattelle, Institut MEDEA. La Coupe du Monde 2014 commence dans moins d’une semaine au Brésil et pourtant beaucoup de regards sont déjà fixés sur celle de 2022 qui se déroulera au Qatar. En cause, de nombreux scandales qui viennent éclabousser l’attribution de cet événement planétaire à l’émirat arabe. Suite aux votes des membres du Comité exécutif de la FIFA en faveur du Qatar en décembre 2010, des interrogations venaient déjà à l’esprit. Premièrement, comment les joueurs pourront jouer dans un pays où les températures atteignent les 50° Celsius l’été ?
  • 2014052929/05/2014
    Les jeux de pouvoir aux Nations Unies néfastes pour le peuple syrien
    Par Carmen Pereira, Institut MEDEA La semaine dernière, le système de vote aux Nations Unies a encore une fois mené à une déception pour l’avancée de la justice et des droits de l’Homme dans le Moyen Orient. Le 22 juin, la Russie et la Chine ont encore voté contre la résolution présentée par la France lors de l’assemblée du Conseil de Sécurité de l’ONU qui prévoyait une intervention de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour étudier les crimes de guerre en Syrie qui ont lieu depuis 2011.[1][2] Sans prendre parti, cette résolution visait à juger les crimes commis contre la population aussi bien par le régime sous Bachar el-Assad que par les différents groupes rebelles.
  • 2014052323/05/2014
    Les Mémoires du Prince Rouge : un témoignage historique mais personnel du Maroc contemporain
    Par l'Institut MEDEA. Le Roi Mohamed VI n’a surement pas manqué de se procurer l’ouvrage de son cousin, le Prince Moulay Hicham « El Alaoui », qui vient de sortir en France, et qui doit trôner sur son bureau. « Journal d’un prince banni, demain le Maroc » est probablement l’un des ouvrages les plus importants de ces dernières années sur le Maroc d’aujourd’hui dans la catégorie critique. Mais c’est aussi un témoigage, sur le Maroc d’hier et sur les années Hassan II. Il y avait eu en son temps « Notre ami le Roi » de Gilles Perrault sur les relations sulfureuses entre la France et le roi Hassan II. Le « Journal d’un prince banni » fera date également.
  • 2014052020/05/2014
    Libye : l’Europe doit agir
    Par Philippe Bannier, Institut MEDEA En mars 2011, le Conseil de Sécurité de l’ONU votait la résolution 1973 qui appelait à «protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque» en Libye, et ce, en prenant «toutes les mesures nécessaires». Les habitants de Benghazi, la deuxième ville du pays qui s’était révoltée dans le contexte du printemps arabe, étaient alors menacés par les forces armées du colonel Kadhafi, et dont le fils, Seïf al-Islam, avait promis des «rivières de sang». Suite au vote, l’OTAN avait alors lancé l’opération militaire «Unified Protector».
  • 2014050909/05/2014
    Israéliens et Palestiniens dans un statu quo idéal pour… Israël
    Par Sébastien Boussois, Institut MEDEA. Neuf mois après la « reprise » des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, c’est un nouvel enfant mort-né qui a vu le jour. L’échec prévisible de la reprise des négociations sous égide américaine, engagée en juillet 2013, conforte l’idée selon laquelle la situation politique israélo-palestinienne se plaît dans un statu quo favorable à Israël et défavorable aux Palestiniens. Une surprise ? Certainement pas malgré l’emballement utopique des médias. La division des Palestiniens, comme l’intransigeance du gouvernement israélien mené par Benjamin Netanyahou qui a tiré les leçons de son échec en 1996 en tentant le compromis, renvoient les deux parties face à un mur.
  • 2014043030/04/2014
    Les arts pour le changement, retour sur le festival culturel de Taroudant
    Par Marjon Goetinck, Institut MEDEA Le réseau belge de la Fondation Anna Lindh, coordonné par l’Institut MEDEA a participé à un rassemblement important sur le thème de « l’Art, Instrument & Expression des transformations sociales» du 10 au 12 avril dernier. Cet événement était organisé par le réseau marocain de la Fondation Anna Lindh avec le soutien de l’Union européenne et des autorités locales du Royaume du Maroc. Les organisations de la société civile de 7 pays euro-méditerranéens se sont rencontrées à Taroudant (Maroc), ville multiculturelle et multiconfessionnelle au Sud du Maroc.
  • 2014042525/04/2014
    Penser l’agence Frontex : à propos du dernier vote en plénière du Parlement européen
    Par Marco Stefan, Institut MEDEA Le 16 avril 2014 la dernière session plénière de la 7ème législature du Parlement européen a voté et officiellement approuvé la proposition de la Commission. Celle-ci consistait à réguler les dispositifs de surveillance des frontières extérieures maritimes de l’UE, dans le contexte des opérations coordonnées par Frontex (Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures)[1]. Sujet à la procédure législative classique – un «trialogue» entre les trois institutions politiques de l’UE – ce règlement consacre l’accord entre les Etats membres et le Parlement sur la proposition de la Direction générale pour les Affaires intérieures.
  • 2014041717/04/2014
    Oman, la force tranquille face à la révolution
    Par Philippe Bannier, Institut MEDEA On oublierait presque que le sultanat d’Oman existe. Coincé entre les deux colosses que sont l’Arabie Saoudite et l’Iran, le pays est rarement sous le feu des projecteurs médiatiques. Cette ancienne puissance maritime de l’océan Indien est réputée pour ne pas faire de vagues, à la marge du monde arabe. Dirigé par le sultan Qabus bin Saïd depuis 1970, véritable bâtisseur et garant de l’unité nationale, le pays a été secoué par des protestations en 2011 dans la lignée du « printemps arabe ». La corruption qui sévit au sein du gouvernement était particulièrement visée par les manifestants. Dernière décision en date pour apaiser les esprits et lutter contre ce fléau, une Cour de justice du sultanat a condamné en mars un homme d’affaires accusé de corruption.
  • 2014041111/04/2014
    Les Kurdes en Syrie : sur le chemin de l’indépendance ?
    Par Mattijs Messely, Institut MEDEA Beaucoup a été écrit sur la crise syrienne. Au cours des derniers mois, beaucoup d’observateurs ont commencé à se demander si cette crise était devenue une guerre civile totale. Ce n’est pas simplement une question de sémantique, car la possibilité que les lignes de fracture ethniques et religieuses masquent la cause initiale de la crise syrienne - une lutte en faveur de la démocratie - aurait de graves conséquences pour l'ensemble de la région. Durant ces derniers mois, il est devenu évident que les paramètres géopolitiques n’ont pas diminué, au contraire, ils sont plus importants que jamais. Alors que l’Iran et ses alliés soutiennent le régime Assad, le pôle sunnite, Arabie Saoudite en tête, a pris le parti des rebelles.
  • 2014040404/04/2014
    Une bouffée d’oxygène pour Erdogan
    Par Nicolas Wattelle, Institut MEDEA Début mars, Recep Tayyip Erdogan, affirmait qu’il quitterait la politique si son parti AKP (le Parti de la justice et du développement) n'arrivait pas en tête aux élections locales. Le premier ministre turc restera donc encore un moment sur la scène politique du pays après la victoire de son parti aux élections municipales aux allures de plébiscite ce dimanche 30 mars 2014. Avec 45,5 % des voix, en légère baisse par rapport aux dernières élections législatives (49,9 % en 2011), sa popularité s'est à peine érodée. Il améliore même son résultat de 2009 (38,8 %). Pourtant, malgré ces bons résultats, de nombreux éléments laissent penser que, depuis environ un an, sa crédibilité est de plus en plus endommagée. Le 28 mai 2013, une centaine de militants écologistes et d’associations de quartier manifestent contre un projet de reconstruction d’une ancienne caserne ottomane et d’un centre commercial au prix de l’arrachage de 600 platanes dans un parc adjacent à la grande place Taksim dans le cœur de la mégalopole stambouliote, laquelle manque cruellement d’espaces verts.
  • 2014032828/03/2014
    L’Egypte sortira-t-elle de l’antagonisme entre islamistes et nationalistes?
    Par Geoffroy d’Aspremont Les événements survenus cette semaine en Egypte font craindre que le processus de transition que traversait le pays depuis 2011 soit mort pour de bon. Le gouvernement militaire intérimaire semble en effet recourir à l’arbitraire et à la peur afin de réprimer toute contestation à son autorité et de ce fait, alors que l’économie du pays se dégrade de plus en plus, le pays risque de se diviser encore plus et la violence de s’accroître. A Minîèh, dans le centre du pays, une cour criminelle a condamné à la peine capitale 529 personnes, tous appartenant à la confrérie des Frères Musulmans, pour le meurtre d’un policier, des incitations aux meurtres et de l’attaque d’un commissariat au mois d’août dernier, lors d’un procès expédié en deux jours.
  • 2014032121/03/2014
    Syrie, bilan de trois années dévastatrices
    Par Hélène Tuypens, Institut Médéa. Cela fait maintenant trois ans que la crise en Syrie a éclaté. Dans le cadre de ce funeste anniversaire, le 15 mars, une centaine d’organisations humanitaires et des droits de l’Homme, dont Save the Children, Oxfam et Amnesty International, ont lancé la plus grande mobilisation publique à ce jour afin de montrer leur soutien aux Syriens. Cette campagne, sous le nom #AvecLesSyriens, est un appel aux dirigeants du monde entier à faire de cet anniversaire le dernier marqué par l’effusion de sang. Ces ONG demandent une action urgente pour garantir que tous les Syriens dans le besoin puissent accéder à l’aide et que leurs voix puissent être entendues dans les pourparlers de paix lorsqu’ils reprendront. Trois ans de crise, les conséquences sont lourdes. Pour rappel, mi-février avait lieu la deuxième session de négociations à Genève entre l’opposition et le gouvernement syriens. Alors que Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies, pensait que cette conférence permettrait d’ « arrêter la violence » et d’établir « un gouvernement de transition doté de pouvoirs exécutifs », celle-ci fut une réelle perte de temps et n’a permis aucune avancée. Depuis lors, les pourparlers sont en attente. Pendant ce temps-là, Bachar al-Assad prépare sa ré-élection. Son mandat expire en juillet prochain, mais le parlement syrien a voté le 15 mars une loi autorisant sa réélection.
  • 2014031313/03/2014
    Ceuta et Melilla : l’instrumentalisation de la question migratoire entre Espagne et Maroc
    Par Sébastien Boussois, Docteur en sciences politiques, senior Advisor à l’Institut Medea, collaborateur scientifique de l’Institut d’Etudes Européennes/ REPI (Université Libre de Bruxelles) et du Centre Jacques Berque (Rabat), Président du CCMO. Les « enclaves » de Ceuta et Mélilla n’ont jamais aussi bien porté leur nom. Ces « comptoirs » espagnols, bouts d’Europe arrachés au continent africain sont de plus en plus tentants pour les migrants subsahariens de tout pays (Sénégal, Mauritanie, Guinée, etc). Face à la complexité, à l’issue parfois tragique pour ces milliers d’individus désireux de rejoindre l’Europe par bateau, vers Lampedusa ou le sud de l’Espagne, les deux petits territoires espagnols sont une alternative un peu « plus » sécurisée. Les habitants de ces confettis européens sont inquiets car depuis plusieurs semaines, ils sont confrontés à un flux croissant d’immigrants clandestins : pas moins de 200 ont réussi à pénétrer la frontière le 28 février dernier. C’est l’une des plus importantes arrivées depuis des années. Début février 2014, 14 d’entre eux, ayant eu beaucoup moins de chance, s’étaient noyés au large de Ceuta.
  • 2014030606/03/2014
    Le différend sur le nucléaire iranien peut-il être réglé ?
    Par Philippe Bannier, Institut MEDEA C’est une véritable offensive de charme qu’a lancée le président iranien, Hassan Rohani : soucieux de sortir son pays de l’isolement diplomatique et d’améliorer la situation socio-économique, il a signé un accord historique le 24 novembre 2013 avec le groupe «5+1» (les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne). Mis en œuvre depuis le 20 janvier, cet accord prévoyait plusieurs engagements de la part des parties concernées, ainsi qu’un cycle de négociations sur plusieurs mois. Le 20 février, les négociateurs iraniens et les grandes puissances du groupe ont poursuivi le dialogue. Alors que la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, évoquait trois jours «très productifs», le ministre iranien des Affaires étrangères et chef des négociateurs, Mohammed Javad Zarif, assurait du bon déroulement des négociations.
  • 2014022828/02/2014
    La convention d’armes historique entre l’Irak et l’Iran renforce les contrastes au niveau de la communauté internationale
    Par Mattijs Messely, Institut MEDEA Le contrat d’achat d’armes qui a récemment été conclu entre l’Iran et l’Irak, d’une valeur estimée à presque 200 millions de dollars, est remarquable, d’une part, à cause de la vitesse avec laquelle ce contrat a été décidé et, d’autre part, à cause du manque de clarté avec lequel il a été décidé. Des observateurs disent être surpris par l’urgence de la nouvelle convention et la nouvelle tournure que donne cet accord à un certain nombre d’événements importants dans le Moyen-Orient.
  • 2014022121/02/2014
    Remise des prix du concours vidéo « We tube, Smash cliches in a clip » pour briser les clichés culturels
    Par Marjon Goetinck et Hélène Tuypens, Institut MEDEA Hier soir, avait lieu la remise des prix du concours vidéo «We Tube, Smash Clichés in a Clip » à Bruxelles. Le défi pour les jeunes participants de ce concours était de briser les préjugés et clichés culturels qui les entourent, en réalisant des clip vidéos. Bilall Fallah, membre du jury, et Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles responsable en matière de jeunesse et d’action sociale, étaient présents et ont récompensé 6 vidéos des 17 vidéos participantes. Béa Diallo, échevin de l’égalité des chances et de la jeunesse, était également présent pour féliciter les jeunes pour les différentes réalisations effectuées. L’échevin d’Ixelles a encouragé le fait que les jeunes soient portés par l’envie de poser un regard critique sur les clichés culturels et sur ce désir de plus de tolérance.
  • 2014021414/02/2014
    Libye : violence et ingérence, en attendant les élections…
    Par Hélène Tuypens, Institut MEDEA. Ce vendredi 7 février, des milliers de libyens sont descendus dans les rues pour manifester contre la prolongation du mandat du Congrès général national (CGN). Les citoyens mécontents critiquent l’incapacité de cette instance politique et législative à mettre fin à l’anarchie qui règne dans le pays. Le Congrès général national...
  • 2014020707/02/2014
    Trois ans après la chute de Ben Ali, la Tunisie montre à nouveau l’exemple
    Par Geoffroy d'Aspremont Avec un retard de plus d’un an sur le calendrier initial prévu, l’assemblée constituante de Tunisie a finalement adopté une nouvelle constitution à une écrasante majorité. Trois ans après la chute du président Ben Ali, la Tunisie vient de franchir une étape supplémentaire vers la mise en place d’un Etat de droit, démocratique. Si nous pouvons légitimement saluer cette avancée qui doit nous servir d’exemple, le chemin vers une Tunisie démocratique et pleine de promesses pour tous ses citoyens et citoyennes est encore long et semé d’embuches.
  • 2014013030/01/2014
    Yémen, la révolution oubliée
    Par Philippe Bannier, Institut MEDEA Situé géographiquement et politiquement à la périphérie du monde arabe, le Yémen est rarement au centre de l’actualité, mis à part pour évoquer les attentats terroristes de la puissante branche locale d’al-Qaïda, l’AQPA (al-Qaïda dans la Péninsule arabique), ou alors les conflits entre les différentes tribus qui peuplent le pays. Pourtant, dans le sillage des révoltes arabes, le vent de liberté a également soufflé sur le Yémen dès janvier 2011, provoquant la démission d’Ali Abdallah Saleh en février 2012 au profit de son vice-président Abd Rab Mansour Hadi. Le pays fut sauvé de justesse de la guerre civile par la médiation du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), qui a été déterminante dans l’élaboration d’une feuille de route pour une transition politique démocratique.
  • 2014012424/01/2014
    La crise sur le « Renaissance Dam » entre Egypte et Ethiopie au cœur des enjeux régionaux et internationaux
    Par Astrid Vanackere, Institut MEDEA Toutes les tentatives pour résoudre la crise entre l’Éthiopie et l’Égypte sur le projet éthiopien de « Barrage de la Renaissance » ont échoué. Les parties n’ont pas pu s’entendre, et c’est pour cette raison que l’Égypte fait appel à la communauté internationale. Le projet de construction de ce grand barrage est en cours depuis environ deux ans. Bien que les neuf pays qui bordent le Nil se disputent déjà depuis longtemps autour de la distribution de l’eau, le conflit s’est envenimé lorsque l'Éthiopie a décidé en mai dernier d’en rediriger une partie du Nil à son profit.
  • 2014011717/01/2014
    Le chant du Cygne du « Bulldozer » israélien : portée et symbole de la mort d’Ariel Sharon
    Par Sébastien Boussois, Docteur en sciences politiques, senior Advisor à l’Institut Medea, collaborateur scientifique de l’Institut d’Etudes Européennes/ REPI (Université Libre de Bruxelles) et du Centre Jacques Berque (Rabat), Président du CCMO Certains se demandaient depuis longtemps ce que l’on pouvait bien encore espérer de la situation critique de l’ancien premier ministre israélien plongé dans le coma depuis 2006. On se demandait même parfois pourquoi on le laissait ainsi, comme si l’on redoutait un peu avec nostalgie et incertitude son départ définitif.
  • 2014011010/01/2014
    Le « Da’ich » et ses implications dans le bouleversement régional
    Par Francesca Fabbri, Institut MEDEA Ces derniers jours ont vu l’ascension fulgurante d’un acteur actif sur plusieurs fronts au Machrek. L’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL) – connu en arabe comme « Da’ich » (acronyme de Dawla islamiyya fi Iraq wa Chaam) – a pris le contrôle des bastions sunnites de Falluja et Ramadi en Irak, continue son action dans plusieurs provinces en Syrie et a revendiqué l’attentat du 2 janvier dans le fief du Hezbollah à Beyrouth.