• 2016122020/12/2016
    Point sur le processus de justice transitionnelle en Tunisie
    Par Chloé de Radzitzky Les auditions de l’Instance Vérité et Dignité ont repris le samedi 17 décembre, six ans jour pour jour après l’immolation de Mohamed Bouazizi qui avait lancé le mouvement de protestation en Tunisie. Cette instance a pour objectif de faire lumière sur les différentes violations des droits de l’homme perpétré sous Bourguiba et Ben Ali (1955-2013). Cette commission couvre non seulement les affaires d’homicides, des viols, de torture… mais aussi les affaires de corruption et de crime économique. Les premières auditions des victimes avaient déjà commencé en Novembre, et signalaient la relance du processus de justice transitionnel très controversé. En effet, si le but de la Commission est de promouvoir la réconciliation nationale, son travail est régulièrement mis à mal par des dynamiques internes et externes qui viennent questionner l’étendue même de ses compétences.
  • 2016121313/12/2016
    La Turquie vers « l’hyper-présidentialisme »
    Par Chloé de Radzitzky Le Parlement turc a discuté samedi matin de la possibilité de réformer la Constitution par référendum. Le projet du Président Erdogan et de son parti politique (AKP) est de changer le régime parlementaire en un régime présidentiel « tout comme en France ou aux États-Unis ». Dans l’hypothèse où ce changement aurait effectivement lieu, Erdogan pourrait rester légalement au pouvoir jusqu’en 2029 et renforcer considérablement ses pouvoirs en tant que président[1].
  • 2016120606/12/2016
    L’élection de Trump: une bénédiction pour les Gardiens de la Révolution et pour les radicaux en Iran ?
    par Chloé de Radzitzky Les Gardiens de la Révolution (IRGC) est une institution militaire issue de la Révolution Islamique établie par Khomeini en 1979. Son mandat initial était de protéger les accomplissements de la Révolution. L’organisation répond à l’autorité du Leader Suprême, et est considérée comme un allié fort de la faction radicale Iranienne. Cette alliance entre les factions conservatrices et cette milice paramilitaire trouve son origine dans la congruence de leurs croyances idéologiques et de leurs intérêts économiques. Les relations entre l'Iran et les USA se sont compliquées après la révolution ; et l'IRGC a toujours été ouvertement opposé l'Occident. L'élection de Rouhani en 2013 symbolisait le retour d’une faction plus réformiste après la présidence d'Ahmadinejad. Sa position plus ouverte à l’égard de l’Occident (avec par exemple la signature de l'accord nucléaire) a affecté les intérêts de l'IRGC. L’avènement de l’administration Trump et de ses positions fortes à l’égard de l'Iran pourrait être bénéfique aux radicaux et à leurs fidèles alliés. Cela pourrait en effet indirectement les aider à revenir au pouvoir en 2017. Le futur président américain a en effet déclaré pour être enclin "à résister à l'Iran"[1]. Il a également affirmé que sa première priorité devrait démanteler l’accord sur le nucléaire.
  • 2016112929/11/2016
    François Fillion président ? Quel avenir pour les relations entre la France et les pays du Moyen-Orient ?
    Par Chloé de Radzitzky François Fillon est sorti grand vainqueur des primaires de la droite et du centre ce dimanche avec 67% du suffrage au deuxième tour. Les affaires internes du pays, telles que l’emploi, la sécurité et l’économie ont jusqu’à présent été au centre de sa campagne. Il est cependant intéressant de s’interroger sur ce que l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy propose en matière de politique étrangère ; et particulièrement en ce qui concerne le Moyen-Orient
  • 2016112222/11/2016
    Une révolution et un coup d’état plus tard, les vieux tours fonctionnent toujours en Egypte
    Par Chloé de Radzitzky Le Parlement Égyptien a approuvé un projet loi régulant les activités des ONGs travaillant sur la défense des droits humains mardi dernier. Jugé comme étant une insulte à la constitution Égyptienne selon certains commentateurs, le texte a été envoyé au conseil d’État pour vérifications et amendements. Cette initiative arrive à un moment où le président Al Sissi est extrêmement critiqué pour les violations des droits de l’homme perpétrés par son régime. Ce n’est cependant pas la première fois dans l’histoire du pays que la société civile égyptienne fait face à des attaques du régime. Le président Nasser avait déjà instauré un système corporatiste en Égypte, régulant ainsi les activités des ONGs et autres composantes de la société civile.
  • 2016111414/11/2016
    Donald Trump et le Moyen-Orient
    Par Chloé de Radzitzky C’est à la plus grande surprise générale que Donald Trump a été élu le 45ème président des États-Unis. Ce sera donc lui qui aura la capacité de déterminer les orientations de la politique extérieure du pays au Moyen-Orient. Après l’aire Obama, que signifie l’élection de ce milliardaire excentrique pour la région ? Le candidat à la présidence a émis diverses opinions concernant l’attitude qu’il adopterait à l’égard des états de la région, opinions parfois contradictoires.
  • 2016110202/11/2016
    Une triple crise pour le président Al-Sissi
    Par Chloé de Radzitzky En accueillant de hauts dignitaires étrangers l’année dernière, Sissi espérait transmettre une image positive de l’Egypte comme étant un pays stable prêt à recevoir les investisseurs étrangers. Pourtant après 3 ans au pouvoir, le gouvernement du général Sissi n’a pas tenu ses promesses de prospérité, générant la colère de la population. Les signes de faiblesses du régime se multiplient, laissant entendre que celui-ci court à sa perte. Le mercredi 12 octobre, l’interview d’un chauffeur de Tuktuk[1] avait à elle seule réussi à faire trembler le régime ; et le gouvernement a déployé beaucoup d’efforts pour la discréditer (le monde).
  • 2016102424/10/2016
    Enlisement diplomatique au Yémen : que fait la communauté internationale ?
    Par Chloé de Radzitzky La trêve qui devait perdurer 72 heures au Yémen n’aura été que de courte durée. En effet, la coalition militaire arabe a accusé les rebelles Houthis de l’avoir transgressée, relançant les frappes aériennes. La décision d’établir un cessez-le-feu avait été prise le 17 octobre dans l’espoir de régler le conflit après deux ans de guerre civile. La crise avait repris le 6 août dernier après 3 mois de pourparlers inter-yéménites au Koweït.
  • 2016101818/10/2016
    Les Syriens, victimes de l’immobilisme Occidental
    Par Chloé de Radzitzky. Tous les jours, de désastreuses nouvelles en provenance de la Syrie, et particulièrement de la ville d’Alep, inondent les journaux. La deuxième ville syrienne est aujourd’hui non seulement proie à des confrontations entre le régime syrien et les rebelles, mais aussi le théâtre de confrontations entre grandes puissance. Le mois de septembre marquait à lui seul l’anniversaire de l’intervention russe en Syrie ainsi que l’échec du cessez-le feu. La guerre en Syrie représente aujourd’hui la deuxième plus grande catastrophe humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Et pourtant, rien ne semble pouvoir être décidé en ce qui concerne le futur du pays.
  • 2016101111/10/2016
    Shimon Peres, un homme controversé.
    Shimon Peres, prix Nobel de la paix et ancien Premier ministre israélien est décédé le 28 septembre 2016 à l’âge de 93 ans. Une fois cette nouvelle annoncée, les dirigeants du monde entiers se sont dépêchés de présenter leurs hommages à cet homme de paix[1]. Cependant, de multiples voix se sont fait entendre pour remettre en question l’héritage de Peres, dépeignant une image différente de l’ancien homme d'État
  • 2016100303/10/2016
    Election parlementaire et changement de système électoral en Jordanie : perspectives de changements ?
    Les Frères Musulmans sont revenus sur le devant de la scène politique Jordanienne en obtenant 15 sièges aux élections du 20 septembre dernier[1]. Il s’agit des premières élections depuis la mise en place de la nouvelle loi électorale établissant un système de listes. Si le maitre mot était de re-populariser les élections aux yeux de la population Jordanienne, celle-ci est résolument demeurée sceptique. En effet, seul 29% des Jordaniens interviewés par l’International Republican Institute ont déclaré avoir confiance en cet organe législatif[2]. Pourtant contrairement à d’autres monarchies au Moyen-Orient, la Jordanie est réputée pour organiser des élections libres et justes[3]. Les causes de ce scepticisme sont donc à trouver ailleurs.