ABDALLAH II (Jordanie)

Premier fils du Roi Hussein de Jordanie né le 30 janvier 1962, Abdallah est le descendant direct en 43ème génération du Prophète Mohammed. Sa mère, Toni (Antoinette Avril) Gardiner, d’origine britannique, était la seconde épouse du Roi Hussein. Convertie à l’Islam lors de son mariage, elle devient reine en 1961 sous le nom de Mouna jusqu’à leur divorce en 1972.

Envoyé à quatre ans à St Edmund School dans le Surrey en Angleterre, Abdallah complète sa scolarité aux États-unis puis, en 1980, suit une formation à la British Military Academy de Sandhurst (Londres) avant de faire une année d’étude en politique internationale à Oxford. De retour en Jordanie, il est affecté à la 40ème brigade blindée. Il repart ensuite aux États-unis où il suit en 1985 des cours de commandement à l’École de Cavalerie de Fort Knox avant de diriger en Jordanie durant quelques mois une compagnie de chars. Il est ensuite détaché en 1986 et 1987 dans une unité d’hélicoptères anti-chars puis passe ensuite un an à l’Université de Georgetown à Washington.

En juin 1993, le Prince Abdallah épouse Rania el-Yassine dont il a deux enfants: Hussein (né en 1994) et Iman (née en 1996).

En 1993-1994, il gravit les derniers échelons du commandement des Forces Spéciales, unité d’élite de l’armée jordanienne, qu’il dirige toujours actuellement.

Il est promu Général de brigade en mai 1998.

Le 25 janvier 1999, le Roi Hussein désigne Abdallah comme Prince Héritier (à la place de son frère Hassan qui remplissait cette fonction depuis 1965) bien que la constitution stipule que les deux parents du roi doivent être Arabes et musulmans de naissance.

Prêtant serment devant les chambres réunies d’observer la constitution, il devient roi sous le nom Abdallah II le 7 février 1999, le jour même du décès de son père et désigne son demi-frère Hamze, né en 1980, comme Prince héritier.

Il semble assuré du soutien de l’armée et de celui des tribus bédouines (qui sont la base de la famille Hachémite. L’origine palestinienne de son épouse, issue d’une riche famille de Tulkarem, constitue un autre atout dans un pays où la population d’origine palestinienne est majoritaire.

La cérémonie d’intronisation du Roi Abdallah II a eu lieu le 9 juin 1999. Cette date a depuis été retenue comme jour de la fête nationale en remplacement du 11 août, date à laquelle son père avait été lui-même intronisé. Le roi Abdallah est à la tête d’une monarchie constitutionnelle dans laquelle il a les pleins pouvoirs.

L’économie jordanienne a connu un réel essor sous le règne d’Abdallah II avec une croissance s’élevant à 6% par an. A cela s’ajoute une série de réformes sociales permettant à la population un accès aux soins et à l’éducation plus facile. Ainsi le taux d’alphabétisation de la Jordanie est l’un des plus élevé du monde Arabe. La Jordanie peut se vanter d’être un pays à 90% alphabétisé.

En matière d’affaires étrangères, Abdullah II a eu entre autre l’occasion de sympathiser avec le Pape Benoît XVI afin de trouver des solutions pour que Musulmans et Chrétiens coexistent pacifiquement. Il a aussi travaillé pour le processus de paix au Moyen Orient en participant à plusieurs sommets avec les États-unis, Israël et Palestine afin de trouver une issue au conflit israélo-palestinien.

Durant la guerre opposant Israël et le Hezbollah en 2006 il tenta d’imposer un cessez-le-feu. Selon lui la guerre du Liban est annonciatrice de désastres à venir. « La fréquence de ces conflits est extrêmement alarmante ». (Eldar, Akiva. King Abdullah to Haaretz: Jordan aims to develop nuclear power, Haaretz, January 20, 2007). La Jordanie conserve des liens avec Israël mais continue d’offrir une aide financière à l’Autorité Palestinienne. Ainsi en Jordanie, les Palestiniens obtiennent la nationalité plus facilement que les iraquiens.

En août 2008, il est le premier chef d’État arabe à se rendre en Irak depuis l’invasion américaine de 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein.

Si la position du roi dans le processus de paix au Moyen Orient a éveillé la critique des palestiniens et de son peuple, dans l’ensemble la coopération d’Abdallah II avec les États Unis a joué en sa faveur et lui a permis une situation économique et militaire améliorée.

La politique du roi a attiré des investisseurs sur le territoire et l’a conduit à négocier un accord de libre-échange avec les États Unis. Militairement, Abdallah a choisi d’orienter ses choix militaires vers la qualité plus que la quantité. C’est ainsi qu’il a largement amélioré le standing jordanien en matière d’armement. Sur la question du nucléaire, le roi Abdallah déclare au journal israélien Haaretz en 2007 que la Jordanie aspire à devenir une puissance nucléaire à des fins pacifiques. Eldar, Akiva. King Abdullah to Haaretz: Jordan aims to develop nuclear power, Haaretz, January 20, 2007

Pourtant, la Jordanie est un des rares pays de la région à ne pas être fourni en pétrole et dépend de son voisin iraquien sur ce plan là. Les troubles en Irak représentent un risque pour la sécurité énergétique du pays.

Comme son père, le roi Abdallah a entrepris une politique de démocratisation du pays. Dans un discours devant le congrès américain il a présenté plusieurs stratégies de réformes politiques dans une optique de démocratisation de la Jordanie. Pour parvenir à ses fins, le gouvernement a mis en place une dizaine de comités chargés de proposer des plans de réformes fiscales, judiciaires, institutionnelles et économiques.

En mars 2006, il demanda au Parlement de travailler sur des réformes de entreprit en mars 2007 de mettre en place des élections municipales.

Le 16 avril 2008 une loi sur la formation des partis politiques est entrée en vigueur. la nouvelle régulation a été vivement critiquée et jugée discriminante. Elle stipule que la création d’un parti ne peut se faire qu’avec un certificat du gouvernement et 500 membres au lieu de 50. Huit des quatorze partis d’opposition ont ainsi été dissolus.

En revanche, l’incarcération de Toujan al-Faisal, avocate des droits de l’homme et de la liberté d’expression a provoqué de vives polémiques. Celle ci aurait été condamnée pour avoir accusé le gouvernement de corruption, dans une lettre au roi Abdallah. La question de la démocratie refait surface dans le pays.

Bien que le roi Abdallah aspire à faire de la Jordanie un pays démocratique, le développement en est un peu limité dans le cadre d’une monarchie quasi absolue où les alliés du roi forment une large majorité au parlement.