AL ASSAD, Bachar

Fils cadet de Hafez Al-Assad, Bachar Al-Assad était pressenti pour succéder à son père depuis le décès accidentel de son frère Bassel dans un accident de voiture en 1994. Né à Damas le 11 septembre 1965, Bachar Al-Assad se destinait à la carrière médicale et terminait des études d’ophtalmologie en Angleterre lorsqu’il fut rappellé par son père en 1994 pour assumer les fonctions de son défunt frère comme commandant d’une division blindée de l’armée syrienne.

Depuis son retour au pays, les cercles dirigeants se sont attachés, par une vaste campagne de presse, à rendre Bachar Al-Assad populaire aux yeux du peuple syrien de sorte que son élection à la présidence soit garantie. L’éventuelle succession de Bachar à son père représentait, selon des cercles proches du pouvoir, « la meilleure garantie de la poursuite de la politique du Président et du maintien de la stabilité en Syrie ».

Nommé colonel en 1999, Bachar Al-Assad a été chargé de missions de confiance. Il rendit ainsi une longue visite au Président du Liban, Emile Lahoud, au lendemain de son élection. En novembre 1999, il était également reçu en tête-à-tête à l’Elysée par le Président français Jacques Chirac.

On prévoyait généralement que Bachar Al Assad devienne membre du « commandement régional » (syrien) du parti Baath lors de son prochain congrès général programmé pour le 17 juin 2000. Ce processus de préparation au pouvoir a été brusquement accéléré avec le décès inopiné d’Hafez El Assad le 10 juin. Le jour même, le Parlement syrien, dès l’annonce de la mort du Président, amendait la disposition constitutionnelle qui fixait à 40 ans l’âge minimum pour devenir Président, abaissant cette limite à 34 ans. Deux jours plus tard, Bachar était nommé général en chef des forces armées syriennes par le Vice-Président Abd al Halim Khaddam, qui assurait dans l’intérim les fonctions de Chef de l’Etat. Le 25 juin, le Parlement l’a proposé comme Chef de l’Etat, choix qui a été confirmé, pour un mandat de sept ans, par le référendum qui s’est tenu le 10 juillet.

Bien qu’incarnant la continuité d’un régime totalitaire stable mis sur pied par son père, Bachar Al Assad a néanmoins, par sa jeunesse et ses options modernistes notamment dans le secteur de l’informatique, suscité des espoirs de réformes allant dans le sens d’une démocratisation du système. Des forums de discussions informels regroupant des intellectuels, sans base populaire, se sont alors créés après juin 2000 à Damas et dans plusieurs villes de Syrie où le thème de la démocratisation et de la fin de l’Etat d’urgence (en vigueur depuis 1963) étaient abordés. En février 2001, Bachar Al Assad, encouragé par la vieille garde du régime baasiste, met cependant un terme au « Printemps de Damas » en déclarant qu’ « il y a des lignes rouges à ne pas franchir » et en faisant arrêter une dizaine d’intellectuels. Depuis lors, Bachar Al Assad n’incarne plus vraiment la possibilité d’une désormais hypothétique démocratisation du régime actuel.

En 2003 Assad s’oppose à l’invasion de l’Irak par l’armée américaine. Lorsqu’en février 2004 Rafic Hariri est assassiné, de lourds soupçons pèsent sur le gouvernement syrien, renforcés par les témoignages de l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam qui accuse l’actuel président d’avoir menacé Hariri peu de temps avant sa mort et d’être à la tête d’une mafia syro-libanaise.

En 2008 Bachar al Assad revient sur la scène internationale avec le projet d’Union Pour la Méditerranée lancé par Nicolas Sarkozy. Il est convié au sommet de lancement de l’UPM le 13 juillet 2008 en dépit du refroidissement des relations franco-syriennes imposées par le Président Jaques Chirac. Il est aussi invité à assister au défilé du 14 juillet. La présence de Bachar Al Assad en cette journée commémorative des droits de l’Homme a crée de nombreuses polémiques.

Peu de temps auparavant, le président syrien avait déclaré être prêt à établir des relations diplomatiques avec le Liban, et d’y installer une ambassade. Parallèlement, il a émis le souhait de voir la France aux côtés des États-unis pour contribuer à un futur accord de paix entre Israël et la Syrie.

Depuis 2011 et la répression sanglante à l’égard des rebelles et de l’opposition, le pays a basculé dans le chaos. Aucune médiation internationale n’y ait et Bachar Al Assad ne cède rien et affirme être prêt à tout pour gagner ce combat et se maintenir au pouvoir.