AL-ASSAD, Hafez

Homme politique syrien, né en 1930 à Kardaha près de Latakié (nord-ouest de la Syrie) dans une modeste famille alaouite. Officier dans l’armée de l’air (démarche typique d’un homme issu d’une minorité – en particulier pour les Alaouites et les Druzes – et trop pauvre pour se payer des études supérieures), il est un des chefs de file du coup d’Etat de mars 1963 qui marque la prise du pouvoir par le parti Baath. Il est nommé ministre de la Défense mais rentre vite en conflit avec l’homme fort du régime, le général Salah Jadid, et fonde alors une faction « nationaliste » au sein du parti. Assad s’oppose à l’approche gauchiste doctrinaire de Jadid (qui tendait à isoler la Syrie sur la scène internationale et arabe) et prône une approche pragmatique. Il essaie de prendre quelque peu ses distances avec l’Union Soviétique et recherche une coopération accrue avec les pays arabes.

Après avoir écarté Jadid du pouvoir en février 1969, il prend les rênes de l’Etat en novembre 1970 et devient Premier Ministre. En février 1971 il assume le pouvoir présidentiel et est confirmé à ce poste suite aux élections du 12 mars de la même année. Il a ensuite été réélu en 1978, 1985, 1992 et 1999 dans des scrutins où il était le seul candidat.

Sous le Président Assad, la Syrie a connu une stabilité dont elle n’était pas coutumière, au prix toutefois d’une répression parfois féroce, notamment en 1982 lorsqu’il fait bombarder la ville de Hama, théâtre d’un soulèvement orchestré par des islamistes désireux de renverser le régime. Il lui a donné une solide structure institutionnelle ne laissant apparaître qu’un pluralisme de façade dans le cadre d’une centralisation autoritaire du pouvoir : la constitution est adoptée en 1973 et des élections législatives sont tenues tous les quatre ans (avec comme seul parti autorisé, le « Front National du Progrès » qui inclus le parti communiste ainsi que quelques candidats indépendents approuvés par le parti Baath). Sa politique économique est qualifiée par d’aucuns de « socialisme d’état pragmatique ».

A l’égard d’Israël, Assad adopte une attitude très ferme tout en respectant les accords de désengagements conclus. Bien que refusant de reconnaître officiellement Israël, la Syrie participe, à l’initiative des Etats-Unis au lendemain de la Première Guerre du Golfe, à la Conférence de Paix de Madrid tout en envisageant des négociations avec Israël sur le Golan occupé. Le refus israélien de rendre ce territoire syrien occupé est l’un des obstacles à la paix et à des relations normales entre les deux pays.

Prudence, patience et pragmatisme étaient les principales caractéristique de Hafez al-Assad qui était également connu pour être dur en négociation. Hafez al-Assad est mort d’une crise cardiaque le 10 juin 2000. Le jour suivant, son second fils Bachar a, comme prévu, été proposé par les instances du parti Baath à occuper le siège de la présidence. Le même jour, le Vice-Président Abd al-Halim Khaddam, qui assurait l’intérim, annonçait que Bachar avait été promu commandant en chef des forces armées.