AL BANNA, Sabry Khalil (Abou Nidal)

Homme politique palestinien né à Jaffa en 1937, fils d’un grand propriétaire foncier musulman. Exilé en 1948 avec sa famille, il s’établit successivement dans divers pays arabes. En 1967, il rejoint les rangs du Fatah.

Enseignant en Egypte puis en Arabie Saoudite, Abou Nidal (« le père de la lutte » en Arabe), en est expulsé pour ses activités politiques. Au début des années 70, il représente l’OLP à Khartoum, puis à Bagdad où il rompt avec la direction de l’OLP en 1974 et crée le Fatah-Conseil Révolutionnaire, qui prétend représenter la légitimité de la principale organisation de l’OLP. Le Fatah-CR prend alors possession des avoirs du Fatah à Bagdad grâce à la bienveillance du gouvernement irakien qui espère sans doute à ce moment prendre le contrôle des mouvements palestiniens. Abou Nidal est condamné à mort par l’OLP.

Dans les années suivantes, le Fatah-CR revendique l’assassinat de plusieurs représentants de l’OLP « coupables » de contacts avec la gauche pacifiste israélienne: Saïd Hammami à Londres (1978), Ezzedine Kalak à Paris (1978), Naïm Khader à Bruxelles (1981). L’attentat qui blesse en 1982 l’ambassadeur d’Israël à Londres et servira de prétexte à l’invasion isrélienne du Liban est également son oeuvre. En 1983, le Fatah-CR revendique l’assassinat au Portugal d’Issam Sartaoui, chargé par Arafat des contacts avec la gauche pacifiste israélienne.

Par ailleurs, son groupe se spécialise véritablement dans les attentats antisémites comme celui contre des écoliers juifs à Anvers (1980) et celui de la rue des Rosiers à Paris (1982).

Sous la pression de l’Arabie Saoudite, qui aide financièrement l’Irak dans sa guerre contre l’Iran, il est expulsé vers la Syrie en 1983.

Il revendique ensuite les attentats des aéroports de Rome et Vienne en 1985. La même année, prié de quitter Damas, il s’installe en Libye. Depuis, les attentats et prises d’otages qui lui sont attribués sont revendiqués sous des noms changeants comme « Brigades révolutionnaires arabes », « Cellules révolutionnaires du Fatah »,…

Le groupe dirigé par Abou Nidal a vraisemblablement été l’instrument de l’assassinat à Tunis le 14 janvier 1991 pour le compte de l’Irak d’Abou Iyad (Salah Khalaf), n° 2 de l’OLP, qui souhaitait que la centrale palestinienne condamne clairement l’occupation du Koweit par ce pays.

En 1992, le groupe a perdu toutes les facilités dont il disposait en Libye – où il avait notamment détenu la famille franco-belge Valente-Houtekins -, Tripoli essayant d’améliorer son image à l’étranger. La plupart de ses membres se trouveraient maintenant au Soudan, en Irak et au Liban.

Le groupe d’Abou Nidal serait responsable de 900 victimes, morts et blessés, dans une vingtaine de pays. Abou Nidal, lui-même, est consideré un mercenaire qui aurait travaillé pour le compte de l’Iraq, la Syrie et la Libye, et -selon certains- pour l’Israël. A un certain moment, le groupe a été qualifié comme « l’organisation terroriste la plus dangerouse du monde » par le Département d’Etat américain.

Il s’est opposé aux accords d’Oslo, conclus entre Israël et l’OLP en 1993.

En 2001 il fut condamné à mort par la Jordanie pour le meurtre d’un diplomate jordanien au Liban en 1994.

A la fin des années ’80 des dissidents du fatah-CR dénoncent des dizaines d’exécutions au sien du groupe. Des quereilles internes et la perte des appuis traditionnels seraient la cause de l’inactivité du groupe cette dernière décennie. Ses membres seraient dispersés et ne sont plus traçables malgré les efforts de différents services des renseignements (y compris l’OLP).

En janvier 2000, la police autrichienne annonca l’arrestation d’une militante du groupe Abu Nidal alors qu’elle tentait de retirer une grosse somme d’argent, ce qui indique que le groupe dispose toujours de ressources financières importantes.

Des sources palestiniennes ont annoncé son arrestation en Egypte en juillet 1998 mais cette information a été démentie par les autorités égyptiennes.

Différentes rumeurs sur le groupe et son chef ont circulé mais aucune n’a été confirmée: selon diverses sources arabes et américaines, Abu Nidal aurait été arrêté par les autorités égyptiennes en juillet 1998. Cette information fut catégoeiquement démentie par les autorités égyptiennes. Selon d’autres sources américaines, Abu Nidal aurait été hospitalisé en décembre 1998 dans une clinique de Bagdad.

Abou Nidal est trouvé mort par balles à Baghdad en août 2002. Selon certain sources il se serait suicidé à cause d’une maladie incurable dont il suffrait, tandis que d’autres signalent la possibilité d’un assassinat.