AOUN, Michel

Militaire et politicien libanais, chrétien de confession maronite, né en 1935. Militaire de carrière, il a suivi une formation d’Etat-Major en France, puis aux Etats-Unis. En 1984, il est devenu Commandant en Chef des Forces Armées Libanaises.

Le Président Amine Gémayel, lors de la fin de son mandat présidentiel en septembre 1988, prétextant de l’impossibilité pour le Parlement de se réunir pour élire son successeur, le désigna comme Président faisant fonction. S’il était effectivement du droit d’Amine Gémayel de désigner son successeur temporaire en l’absence d’un nouveau président élu, la Constitution prévoyait que celui-ci soit un musulman sunnite, ce qui n’était pas le cas en l’occurence. Sa nomination fut immédiatement contestée par le Premier Ministre Salim Al-Houss, qui le démit de ses fonctions de Commandant de l’armée.

Contrôlant uniquement la région de Beyrouth, il déclara une « guerre de libération » contre la Syrie, mais ne put en réalité rien faire pour étendre son contrôle au-delà de Beyrouth.

En octobre 1989 le Parlement se réunit enfin – à Taëf – et élit un nouveau président, René Mohawad. Ensuite, après l’assassinat de ce dernier le mois suivant, Elias Hraoui est élu. Aoun refusa de reconnaître cette élection et maintint qu’il était le seul chef du gouvernement.

Confronté à la quasi totalité des milices, et incapable d’obtenir même l’aide des Phalanges Libanaises – milices chrétiennes -, il chercha refuge à l’ambassade de France en octobre 1990. Il fallut près d’un an pour qu’il puisse quitter le Liban et obtenir finalement l’asile politique en France en août 1991.

Il passe 14 ans en France d’où il continue à revendiquer l’indépendance du Liban face à l’occupant Syrien. En 1999, dans un entretien accordé au journal français « Le figaro », il précise qu’il se considère comme le « porte drapeau de la résistance libanaise ».

Dès 2003, après les élections législatives partielles, il indique qu’il souhaite rentrer au Liban après que Hikmat Dib, candidat au nom du « Courant national libre », ait fait un score salué par les journaux et cela même sans être élu. Mais il lui faut attendre l’assurance qu’il ne sera pas poursuivi, car il a été traduit en justice par contumace fin 2003, accusé d’avoir troublé les relations du Liban avec la Syrie suite à une déposition faite à Washington.

En 2005, Omar Karamé, alors Premier ministre, lui assure qu’il peut revenir au Liban en toute sécurité. Michel Aoun a fait part à de nombreuses reprises de son désir de participer à la vie politique libanaise. Dans cette optique, il est revenu le 7 mai au Liban, quelques semaines avant les élections législatives prévues pour le 31 mai. Lors de ces élections, les forces d’opposition bénéficieront au moins de l’appui de Michel Aoun à défaut de sa candidature. Ce retour aura lieu tandis que les troupes syriennes quittent le Liban conformément à la résolution 1559 du Conseil de Sécurité de l’ONU. La pression populaire occasionnée par l’assassinat de Rafic Hariri le 14 février et celle exercée par les Etats-Unis et la France semblent à l’origine de ce mouvement syrien.

Michel Aoun se révèle très populaire dans les milieux chrétiens mais recueille également des partisans dans d’autres communautés. Il bénéficie, en effet, de ce soutien depuis le ralliement de Walid Joumblatt, leader Druze, à certaines positions jusque là considérées comme chrétiennes.

Le 19 juillet, le bloc de Michel Aoun (Bloc du changement et de la réforme) se retrouve seul dans l’opposition au gouvernement de Fouad Siniora. Suite à la guerre israélo-libanaise de 2006 et aux tensions qui en résultent, le Hezbollah et le Mouvement Amal quittent le gouvernement ce qui les rapprochent de Michel Aoun. Le 1er décembre 2006 ce dernier demande la démission du gouvernement Siniora et ne cesse de le faire depuis.

Michel Aoun se présente comme candidat à la succession d’Emile Lahoud en novembre 2007, mais ne rassemble pas l’unanimité.