Personnage d'Averroès dans le film Le Destin de Youssef Chahine (1997)

Averroès

AVERROES Abu Al-Walid Muhammad ibn Ahmad Al-Hafid Ibn Rushd

Cordoue 1126- Marrakech 1198

Né dans une famille de juristes réputés de Cordoue, c’est tout naturellement qu’Averroès étudia le fiqh (branche du droit islamique) et devient cadi (juge musulman) de Séville et Grand Cadi de Cordoue (autorité juridique suprême de l’Andalousie musulmane). Il étudia également la médecine, les mathématiques et la philosophie.

Elève du philosophe Ibn Tufail (connu en latin sous le nom de Abubacer), il fut introduit auprès du sultan almohade Abu Yaqub Yusuf pour qui il commenta Aristote. C’est pour ses commentaires d’Aristote, et principalement pour la Métaphysique, que l’Europe occidentale à retenu Averroès. Les Commentaires d’Averroès sont composés de trois ouvrages, suivant en cela l’enseignement traditionnel islamique: le petit commentaire (en fait un résumé destiné aux débutants), le commentaire moyen (destiné aux étudiants familiarisés avec le sujet) et le grand commentaire (contribution originale du philosophe). Averroès commenta aussi le De Anima d’Aristote. Ses commentaires ont servi de textes de référence, de préférence aux textes d’Aristote lui-même, aux étudiants en philosophie dans les universités européennes juqu’au 15ème siècle. Paradoxalement, le monde arabe éclipsera Ibn Rushd philosophe. Il fut victime en son temps des islamistes rigoristes, victime aussi du climat malsain de la Reconquista, néfaste au dialogue entre religions que prônait le philosophe. Pour lui, la Révélation et la philosophie ne sont pas incompatibles et représentent deux aspects d’une seule et même vérité. Il exprime ses conceptions dans deux ouvrages importants: Le Discours décisif sur ce qu’il existe comme rapport entre la philosophie et la Loi religieuse et dans son ouvrage Réfutation de la réfutation où il répond aux attaques de Al-Ghazali. Ses ouvrages furent brûlés et sa doctrine condamnée par des juristes courdouans.

La plupart de ses commentaires philosophiques ont été traduit en hébreu et en latin, alors peu nous sont connus en arabe. Son commentaire en zoologie a par exemple entièrement disparu. Il commenta aussi la République de Platon, les traités de Galien sur les fièvres ou encore La Logique du philosophe musulman Al-Farabi

Parmi ses nombreux ouvrages de médecine, il nous reste le célèbre Kitâb al-Kuliyya fi tibb. En astronomie, il a laissé un traité sur le mouvement des planètes, kitâb harakat al-falak, et un résumé de l’Almageste de Ptolémée qu’il scinde en deux parties: la description des planètes et le mouvement des sphères.

Averroès fut certainement un des plus grand encyclopédistes de son temps et, parmi les philosophes musulmans, un de ceux qui a le plus influencé la pensée occidentale chrétienne. Certains intellectuels arabes le remettent à l’honneur (comme le cinéaste Youssef Chahine) à un moment où les ennemis d’Averroès refont surface dans le monde arabo-musulman contemporain.