BARAK, Ehoud

Ehoud Brog est né dans un kibboutz en 1942. Après avoir étudié les mathématiques à l’Université Hébraïque de Jérusalem ainsi que la gestion en administration publique à Stanford aux Etats-Unis, il entame une carrière militaire en 1959, époque où il choisit d’hébraïser son nom en Barak (« Eclair »). Dans les années 70, il dirige une unité d’élite, la Sayyeret Matkal dans laquelle Yonathan Netanyahou, frère ainé de Binyamin Netanyahou, a également servi. En tant que spécialiste d’opérations commandos, il a participé au sauvetage à Entebbe (Angola) des Israéliens pris en otage par le PFLP en 1976 dans un détournement d’avion, à l’assassinat de trois dirigeants palestiniens au Liban en 1973 ainsi qu’à la préparation de l’assassinat d’Abou Jihad, le N°2 de l’OLP, à Tunis en 1988. Directeur des Services Secrets militaires israéliens entre 1983 and 1986, sa carrière culmine lorsqu’il devient Chef d’Etat Major de l’armée israélienne en 1991. Il est le maître d’oeuvre de l’expulsion de 412 Palestiniens au Sud-Liban en 1992 (voir Déportation par Israël de Palestiniens des Territoires Occupés) et, en 1993 (sous les ordres du Premier ministre travailliste Ytzhak Rabin), il a dirigé contre le Hezbollah la plus grande opération militaire israélienne au Liban depuis l’invasion de ce pays en 1982.

En 1994, il supervise en tant que Chef d’Etat Major le premier redéploiement de l’armée des territoires autour de Jéricho et de la Bande de Gaza (« Gaza et Jericho d’abord ») suite aux Accords d’Oslo.

Il quitte l’armée le 1er janvier 1995 pour entrer en politique. Il devient membre du Parti Travailliste le 16 juillet de la même année et, le jour suivant, il est désigné comme ministre de l’Intérieur par Yitzhak Rabin. En novembre 1995, après l’assassinat de Rabin, il devient ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Shimon Peres. Jusqu’en mai 1996, il concentre ses efforts dans la mise en oeuvre des Accords d’Oslo – sur le vote desquels il s’était pourtant abstenu à la Knesset – et la recherche d’un accord de paix avec la Syrie. Il travaille également au renforcement des liens entre Israël et ses autres voisins arabes. En juin 1997, il est élu à la tête du Parti Travailliste.

Ehoud Barak est considéré comme un « faucon » particulièrement sensible aux questions de sécurité. Il a dit un jour qu’il pensait que la seule différence qui existait entre lui et le Likoud était « le niveau d’engagement à l’égard du processus de paix ».

En tant que partisan de la « séparation » avec les Palestiniens, il estime que dans le cadre d’un accord final avec l’OLP Israël doit conserver Jérusalem-Est, les colonies voisines (notamment celles qui ceinturent Bethléem), la vallée du Jourdain aini que la majorité des colonies qui se trouvent le long de la ligne de démarcation entre Israël et la Cisjordanie. Selon lui, un éventuel Etat palestinien devrait être démilitarisé et confédéré avec la Jordanie. En mai 1997, lors d’une convention du Parti Travailliste, il a approuvé une motion reconnaissant officiellement le droit des Palestiniens à un Etat indépendant. La même année, commentant le retrait militaire partiel d’Hébron, il déclare: « Nous devons nous libérer de la charge de gouverner les Palestiniens qui sont des habitants de cette terre depuis des centaines d’années. »

Le 17 mai 1999, Barak est élu Premier Ministre (avec 56% des voix) et succède ainsi à Benjamin Netanyahou. Son parti, le Parti travailliste, a entre-temps formé un cartel électoral, Yisra’el Ahat ( » Un Israël « ), avec des dissidents du Likoud et des religieux modérés. Ce cartel était minoritaire au sein d’un gouvernement Barak formé avec des partis de droite nationalistes et religieux.

Peu de temps après son élection, le processus de paix semblait reprendre mais il s’avéra parsemé d’embûches et marqué par des retards dans la mise en oeuvre des accords conclus, notamment ceux de Wye River.

Lors de son discours d’investiture à la Knesset en juillet 1999, Ehoud Barak exprimait son intention de faire reposer sa politique sur quatre piliers, à savoir : faire avancer les négociations de paix avec les Syriens et les Palestiniens et améliorer les relations qu’entretient Israël avec ses voisins égyptiens et jordaniens. Concernant la Syrie, il s’agissait de parvenir à un accord de paix basé sur les résolutions 242 et 338 des Nations-Unies et de rétrocéder le Golan en échange de la reconnaissance d’Israël par la Syrie et de l’établissement de relations normalisées. A propos de la question palestinienne, Barak restait intraitable sur le statut de Jérusalem mais se disait prêt à accepter la naissance d’un Etat palestinien démilitarisé. Enfin, au sujet du Liban, il promettait de retirer les troupes israéliennes de la zone de sécurité au Liban-sud vers la mi-2000. Sous la pression du Hezbollah, ce retrait a finalement été avancé et s’est terminé le 24 mai 2000.

Au moment de son élection, beaucoup considéraient Ehoud Barak comme le fils spirituel d’Yitzhak Rabin mais alors que Rabin avait progressivement construit une relation de confiance avec les Palestiniens, les relations de M. Barak avec ceux-ci se sont progressivement déteriorées. Depuis son élection, les constructions dans les colonies de peuplements se sont poursuivies, M. Barak arguant du fait qu’il ne s’agissait que de l’application de décisions prises par le gouvernement précédent. Cette politique allait à l’encontre, sinon de la lettre, du moins de l’esprit des accords conclu avec l’OLP et la communauté internationale. Elle explique pour une grande part la frustration palestinienne qui se manifesta après la visite du dirigeant du Likoud, M. Ariel Sharon, au sanctuaire appelé Mont du Temple (Har Ha-Bayit) par les Juifs et le Noble Sanctuaire (Haram As-Sharif) par les Musulmans, le 28 septembre 2000, et qui a debouché sur l’éclatement d’une nouvelle Intifada.

Le 22 octobre 2000, malgré l’adoption d’une déclaration modérée par le Sommet des Chefs d’Etats Arabes qui se terminait au Caire le même jour, M. Barak annonça la suspension du processus de paix. Il commençait également des négociations avec M. Sharon en vue de la formation d’un gouvernement d’unité nationale.

Tandis que le soulèvement palestinien continuait, la coalition de M. Barak s’effritait de plus en plus et il décida fin 2000 d’appeler au scrutin. Le 6 février 2001, M. Barak fut battu aux élections par Ariel Sharon et abandonna son siège de député à la Knesset et la présidence du Parti Travailliste.

Après avoir perdu les élections il quitta Israël pour travailler aux Etats-Unis. Au cours de son voyage il developpa sa propre entreprise Ehud Barak Limited. Il entreprit une tournée de lycées Américains dans lesquels il fit part de sa vision du Moyen Orient. Il y déclara que la situation en Irak se détériorait et se transformait en guerre civile. Selon lui la présence américaine sur le territoire était plus un problème qu’une solution à la situation.

En 2005, Ehud Barak annonce son retour sur la scène médiatique. Il se présente aux élections pour la présidence du parti travailliste. Affaiblit politiquement, Barak se retire de la course. Un sondage fait en 2007 donne Barak gagnant aux élections internes au parti. Il en est élu président le 12 juin 2007.

A la suite de sa victoire (le 18 juin 2007) et dans le cadre du remaniement ministériel d’ Ehud Olmert, il est nommé Ministre de la Défense. Après la sortie du rapport intermédiaire de la commission Winograd, il menace de quitter le gouvernement si Olmert ne démissionne pas d’ici au mois d’octobre 2007.

Lorsque Ehud Olmert annonce sa démission au mois de juillet 2008, Barak, encore à la Défense, déclare que le parti travailliste est prêt à rejoindre le nouveau gouvernement dirigé par le président du parti Kadima, élu en septembre 2008.