BEN ALI, Zine El Abedine

Zine El Abedine Ben Ali est né le 3 septembre 1936 à Hammam-Sousse, une petite ville du Sahel tunisien.

Comme membre du Néo Destour, il fait partie d’un groupe de jeunes militants envoyés en France, après l’indépendance, pour y être formés afin de constituer le noyau de l’armée tunisienne. Il est diplômé de l’Ecole de Saint-Cyr et de l’Ecole d’Artillerie de Châlons-Sur-Marne en France ainsi que de l’Ecole d’Artillerie Anti-Aérienne aux Etats-Unis.

En 1964, on lui demande de mettre sur pied le Département de la Sécurité Militaire qu’il dirige pendant 10 ans. En 1974, il est envoyé à l’ambassade de Tunisie à Rabat en tant qu’attaché militaire. De retour en Tunisie trois ans plus tard, il occupe le siège de Directeur Général de la Sécurité Nationale.

De 1980 à 1984, il est ambassadeur en Pologne. En 1984, Tunis le rappelle pour reprendre ses fonctions à la tête de la Sécurité Nationale et, peu après, est désigné Secrétaire d’Etat en charge de la Sécurité Nationale à une époque où le gouvernement tunisien organisait la répression à l’encontre des mouvements islamistes. Un an plus tard, il est désigné ministre en charge de la Sécurité Nationale et devient, le 26 avril 1986, Ministre de l’Intérieur. En juin 1986, il est nommé Secrétaire Général du Parti Socialiste Destour (PSD, anciennement Néo Destour). Le 2 octobre 1987, il devient Premier Ministre mais reste en charge de l’Intérieur.

Le 7 novembre 1987, Ben Ali devient Président de la République après qu’Habib Bourguiba ait été démis de ses fonctions pour « raison de santé ». Voulant rompre avec le passé, il change en 1988 le nom du Néo-Destour pour celui de Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD).

Dans un premier temps, Zine El-abedine Ben Ali libéra plusieurs milliers de prisonniers politiques et gracia la plupart des islamistes condamnés dans les derniers mois de la présidence de Bourguiba.

Alors que la nouvelle Constitution tunisienne de 1988 ne les autorisait pas à participer en tant que parti aux élections, les candidats islamistes modérés qui se présentent comme indépendants remportent 13% des voix aux élections législatives de 1989. A partir de ce moment, accusés de divers complots, ils seront à nouveau l’objet de mesures répressives. Cette répression, qui a débuté avec l’arrestation des membres et des sympathisants présumés du mouvement En-Nahda (Renaissance, qui a succédé au MTI, le Mouvement de la Tendance Islamique), s’est ensuite élargie aux membres des partis de gauche, aux parents et amis de prisonniers puis aux militants des droits de l’homme. La préoccupation sécuritaire et la lutte contre l’islamisme amènent des atteintes aux libertés démocratiques.

Zine El Abedine Ben Ali a été réélu trois fois à la présidence de la république tunisienne. Alors que deux autres candidats ont été autorisés pour la première fois à se présenter aux élections présidentielles du 24 octobre 1999, Ben Ali a obtenu 99,44% des voix à l’issue de ces élections.

Le Président Ben Ali a autorisé une compétition multi-parties au Parlement, mais s’est assuré que le partie majoritaire – l’ancien Partie Dustour renommé RCD en 1988 – garde la majorité des sièges. Il s’est toujours battu et a essayé d’éradiquer les mouvements intégristes Islamiques Tunisiens.

Lors du premier référendum organisé en mai 2002 depuis l’indépendance tunisienne, les votants acceptèrent des amendements à plus de la moitié des 78 articles. Les amendements aux articles 39 et 40 concernent particulièrement Mr Ben Ali puisque ceux-ci annulaient la limite imposée sur le nombre de mandats présidentiels (3 précédemment) et prolongeaient l’âge limite des candidats à 75 ans (70 précédemment), alors qu’un autre article offre maintenant au président l’immunité judiciaire à vie.

Suite à l’approbation de ces changements (les figures montrent 99,61% en faveur), la nouvelle constitution permis à Ben Ali de se représenter en 2004 et 2009.

Suite au référendum controversé de 2002, Ben Ali fut réélu en tant que président en 2004 atteignant presque les 95% de votes. Le Président accepta de se représenter en 2009 suite à une forte pression des membres de son propre partie, le RCD. Le 25 octobre 2009, Ben Ali fut réélu une nouvelle fois avec 89% des votes jusqu’en 2014.

Les deux dernières élections reflétèrent un grave problème de liberté de la presse en Tunisie. De nombreux cas d’emprisonnement et d’arrêts ont été une conséquence directe des strictes politiques gouvernementales et du manque de promotion de la démocratie. Lors de la réélection du Président Ben Ali par example, le site internet « AlJazeera Net » fut bloqué. Alors que la Tunisie reste l’un des pays les plus modérés et modernes de la région, son autocratie bureaucratique est toujours marquée par la corruption et la répression.

Cette dernière réélection sera surement la dernière pour un président atteignant la limite d’âge d’ici deux ans. Malgré l’activité politique de sa femme Leila Trabelsi et de son gendre Mohamed Sakhr Matri, il semblerait qu’une succession dynastique directe, comme il existe enLybie et en Egypte, ne marquera pas le contexte politique Tunisien à la fin de l’actuel mandat du Président Ben Ali.