BEN LADEN, Oussama

Riche homme d’affaires d’origine yéménite né à Riyad en 1957 dans une famille d’entrepreneurs très liée à la famille royale saoudienne. Il suit des études en sciences religieuses et en management tout en participant à la gestion des affaires familiales. Très croyant, il rejoint en 1973 des groupes islamistes locaux et se rend en Afghanistan en 1979 après le début de l’intervention soviétique. Il participe aux combats, crée des centres d’entraînement, arme et encadre des volontaires arabes, finance leur voyage (voir « Afghans »). C’est en Afghanistan qu’il noue des liens avec des mouvements islamistes de toutes nationalités.

Après cette guerre, il regagne l’Arabie Saoudite où les critiques qu’il adresse au pouvoir pour avoir permis le déploiement de troupes américaines sur le sol saoudien, ainsi que le soutien qu’il apporte à des groupes islamiques armés à l’étranger lui valent un retrait de passeport en 1992. Dès que ce retrait est levé, il s’installe au Soudan où il aurait contribué au financement du Front National Islamique de Hassan al Tourabi. L’Arabie Saoudite le déchoit de sa nationalité en 1994, le Caire, Alger et Sanaa l’accusant de continuer à financer des activités subversives chez eux.

En 1996, il quitte le Soudan sur l’insistance des autorités soudanaises qui désirent se blanchir aux yeux de la communauté internationale des accusations de soutien au terrorisme dont elles font l’objet. Il refait surface en Afghanistan en mai de la même année d’où il commence à lancer des fatwa (décrets religieux) contre les Etats-Unis.

Ils est soupçonné d’avoir financé ou encouragé toute une série d’attentats commis ces dernières années et plus récemment ceux perpétrés contre les ambassades américaines de Nairobi et Dar-es-Salaam le 7 août 1998. Il aurait contribué à la création de plusieurs organisations radicales: le Front Islamique International, l’Armée islamique pour la libération des lieux saints (qui a revendiqué les attentats de Nairobi et Dar-es-Salaam) et la Front islamique mondial pour le Jihad contre les Juifs et les Croisés. Si tout cela se vérifie, il serait à la tête d’une « armée » d’environ 5.000 extrémistes musulmans qui agissent principalement en Arabie saoudite, au Soudan, en Egypte, au Yémen, en Ethiopie, en Somalie, en Afghanistan, au Pakistan et aux Philippines.

Après la destruction des ambassades américaines de Dar Es-Salam et Nairobi, les Etats-Unis ont lancé une vaste opération de bombardement au moyen d’une centaine de missiles Cruise sur plusieurs bases de ses partisans en Afghanistan ainsi que contre une usine pharmaceutique au Soudan. Cette opération, qui a largement raté son objectif, a fait d’Oussama Ben Laden un véritable héros des mouvements islamistes du monde entier.

Malgré les démarches américaines, les Talibans, qui contrôlent actuellement la quasi-totalité du territoire afghan, ont déclaré qu’ils ne livreraient pas Ben Laden à la justice américaine, prétendant qu’ « il n’est pas juste de livrer un Musulman à un pays infidèle ». Rappellons que les Etats-Unis ont été jusqu’il y a peu, avec l’Arabie saoudite, un des principaux bailleurs de fonds des Talibans.

Un an après le bombardement de leurs ambassades, les Etats-Unis ont gelé les avoirs de la compagnie aérienne afghane Ariana pour une valeur de 500.000$ et interdit aux sociétés et ressortissants américains d’avoir des relations commerciales avec l’Afghanistan.

Quelques jours avant le premier anniversaire des attentats à Dar-es-Salaam et Nairobi, la chaîne de télévision qatarie par satellite Al-Jazirah avait créé un certain émoi en annoncant que deux avions militaires américains transportant des commandos avaient atteri sur des aéroports pakistanais ce qui laissait supposer la préparation d’une opération contre Ben Laden.

Le 15 octobre 1999, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté une résolution prévoyant des sanctions à l’encontre de l’Afghanistan s’il n’extrade pas le dissident saoudien. Cette résolution, rédigée par les Etats-Unis avec le soutien de la Russie (qui soupçonne Bin Laden de financer les rebelles luttant contre leurs forces au Daghestan), prévoit l’imposition de sanctions à partir du 14 novembre. Ces sanctions seraient le gel des comptes bancaires à l’étranger appartenant aux Talibans et un embargo à l’encontre des avions appartenant, loués ou utilisés par eux, à l’exception des vols humanitaires et de ceux menant les pélerins à La Mecque (ceci afin d’éviter les problèmes rencontrés lors de l’imposition de l’embargo aérien à l’égard de la Libye dans l’affaire Lockerbie). Les sanctions décidées par l’ONU sont entrées en vigueur le 14 novembre.

Suite aux attaques terroristes sans précédent menées le 11 septembre 2001 contre des sites commerciaux et politiques américains (le World Trade Center à New York, le Pentagone à Washington DC et à Pittsburgh en Pennsylvanie), la plupart des soupçons se portent sur Osama Bin Laden et son réseau. Aucune revendication n’a été faite mais les experts estiment qu’une attaque d’une telle envergure n’a pu être commanditée et exécutée que par un terroriste tel qu’Osama Bin Laden ayant les ressources financières, logistiques et humaines suffisantes ainsi que des convictions idéologiques islamistes ultra radicales. Le régime des Talibans a immédiatement démenti qu’Osama Bin Laden, qui résiderait en Afghanistan, ait pu être impliqué dans ce drame. Le 20 septembre, une réunion de chefs religieux afghans conseilla les Talibans de demander à Bin Laden de quitter le pays « au moment opportun et de son propre gré. » Depuis lors, le régime des Taliban fait des déclarations contradictoires quant à la localisation de Bin Laden.

Le gouvernement des Etats unis l’a déclaré suspect numéro un directement responsable des attaques du 11 septembre 2001. Ben Laden a rejeté ces accusations, en exprimant toutefois son admiration pour les responsables.

A la suite de ces évènements, le Conseil de sécurité de l’ONU, le 16 janvier 2002, a décidé le 16 janvier 1996 à l’unanimité d’instaurer un embargo sur les armes et un gel des avoirs de Ben Laden, d’Al-Quaida et des Talibans. Apres le refus par le gouvernement taliban d’extrader sans condition Bin Laden , les Etats-unis ont envahi l’Afghanistan et renversé le régime. En dépit de l’objectif États-unien de détruire Al-Qaida, Ben Laden échappe toujours à ses poursuivants. De nombreux attentats revendiqués par Al-Qaida sont commis. Parmi eux, celui de Bali le 12 octobre 2002 : un attentat à la voiture piégée contre une discothèque fait 202 morts et 300 blessés, et celui de Madrid le 11 mars 2004 où 191 personnes périssent dans un train de banlieue.

Après deux années de silence, à l’aune des élections présidentielles américaines de 2004, un message audio est diffusé sur la chaîne Qatari Al-Jazeera, confirmant qu’Oussama Ben Laden est toujours en vie. Celui-ci fustige les deux candidats George Bush et John Kerry et annonce de nouveaux attentats. Ceux ci auront lieu en 2005 à Londres et à Charm el-Cheikh en Égypte.

Le 19 janvier 2006, Al-Jazeera diffuse un nouvel enregistrement, coupant court à toutes les rumeurs sur la mort d’Oussama Ben Laden. Il propose une « trêve » en échange du retrait des troupes américaines en Irak et en Afghanistan, celle ci sera refusée sans condition par la Maison Blanche. De nouveaux messages sont diffusés en avril, mai et juin 2006. En avril 2007 la chaîne qatarie diffuse la première vidéo d’Oussama Ben Laden depuis trois ans. Il y adresse un message principalement destiné au peuple américain, dans lequel il cite le premier ministre irakien al-Maliki, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy.  Les messages diffusés par Al Jazzera sont le mode de communication favorisé par Oussama Ben Laden. Cependant, l’authenticité de derniers messages audio en décembre 2009 et janvier 2010 est de moins en moins vérifiable selon les autorités américaines.

Depuis lors, Al-Qaida a revendiqué 5 attentats au cours de la période 2007 – 2008 ainsi que la tentative du 25 décembre 2009, sur le vol Amsterdam- Détroit. Oussama Ben Laden n’a toujours pas été localisé et toutes les tentatives pour le débusquer sont restées vaines. De nombreuses rumeurs courent sur sont état de santé, le chef d’Al-Qaida a plusieurs fois été annoncé mort : en septembre 2006, le journal français L’Est républicain dévoile des sources selon lesquelles les services secrets saoudiens seraient convaincus que Ben Laden serait mort en août 2006. Pour autant ces affirmations restent à l’état de rumeur.