CHAATH, Nabil

Né à Safed en Galilée en 1938, de père palestinien (originaire de Gaza) et de mère libanaise, Nabil Chaath émigre en Egypte avec sa famille lors de la création d’Israël. Après des études à Alexandrie, il quitte l’Egypte en 1959, pour les poursuivre aux Etats-Unis, à l’Université de Pennsylvanie. Rentré au Caire en 1965, il y obtient la nationalité égyptienne puis part pour Beyrouth en 1969 où il devient professeur de gestion des affaires à l’Université Américaine. Nabil Chaath est à la tête, depuis 1975, d’une société de consultance, ingéniérie et gestion, « Team », qui emploie plusieurs centaines d’experts dans de nombreux pays arabes. C’est un membre de longue date du Fatah et un proche de Yasser Arafat.

Modéré et pragmatique, il a très tôt noué des relations avec des intellectuels juifs. Habile négociateur, il a joué un rôle très important dans les contacts entre l’OLP et les Etats-Unis, puis dans les négociations entamées avec Israël à Madrid en 1991 – il y était responsable des contacts entre l’OLP « extérieure » et la délégation palestinienne officielle menée par Haïdar Abdel Chafi – et, dans une moindre mesure, dans les pourparlers secrets qui ont mené à la Déclaration de Principes (Accord d’Oslo). C’est lui qui rédiga le texte proposé par les Palestiniens pour la Déclaration de Principes. Il a ensuite mené les négociations qui aboutissent à l’Accord d’Autonomie sur Gaza-Jéricho (Accord du Caire ou Oslo I). De nombreux juristes et hommes politiques palestiniens « de l’intérieur » ont fortement critiqué sa méthode de négociation de ces accords, lui imputant l’origine d’un texte très problématique sur le plan du respect des droits de l’Homme et une trop grande compréhension à l’égard des griefs des militaires israéliens.

Devenu membre de l’Autorité Nationale Palestinienne (ANP) en 1994 en tant que ministre du Planning et de la Coopération Internationale, il est élu sur la liste Fatah aux élections législatives palestiniennes de janvier 1996. Il siège maintenant au Conseil Legislatif Palestinien (CLP) tout en restant à la tête de son ministère, malgré un audit interne (obtenu sous la pression du CLP et de l’Union européenne) très critique quant à la gestion de ce ministère. Depuis le déclenchement de l’Intifada El Aqsa, Nabil Shaath semble être politiquement marginalisé et serait d’ailleurs réinstallé en Egypte.

En 2003, il est élu Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Mahmoud Abbas, alors Premier ministre. Après le décès de Yasser Arafat et l’élection de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne, il est désigné vice-Premier Ministre et Ministre de l’Information du nouveau gouvernement de Ahmed Koreï, le 24 février 2005.